Le secrétaire général du ministère de la Jeunesse et coordinateur de la cellule de communication du RPG/AEC, ne va pas de main morte pour dénoncer les manifestations de l’opposition. Dans cette interview  qu’il a accordée à notre reporter, Sidiki Touré indique qu’il n’est pas question que les résultats du scrutin du 4 février dernier soient modifiés.

Les Guinéens viennent de célébrer le 58ème anniversaire de la monnaie nationale. Quels sont vos sentiments ?

Sidiki Touré : Nous sommes très fiers de fêter ce 58ème anniversaire de la monnaie guinéenne qui au départ a commencé effectivement par le Franc, en passant par le Sily ensuite on est revenu au Franc encore. C’est une souveraineté nationale. La monnaie quand elle est locale. Elle est le symbole de la souveraineté nationale. Et aujourd’hui, nous sommes fiers de fêter cet anniversaire pendant que le gouvernement du Pr. Alpha Condé a réussi à stabiliser la valeur de la monnaie guinéenne depuis 2010 jusque maintenant. Donc, c’est avec beaucoup d’honneur que nous fêtons cet anniversaire.

Finalement, le président de la République a rencontré le syndicaliste Aboubacar Soumah. Les négociations sont engagées. Comment avez-vous trouvé cette rencontre ?

Nous l’avons trouvée tout à fait normal parce que même la deuxième guerre mondiale s’est achevée par des négociations. Donc, nous pensons que tout conflit ou toute incompréhension entre une entité, une institution et l’Etat guinéen doit se résoudre par des négociations. Et la négociation, il faudrait que les gens comprennent aussi le sens de la négociation.  Ça consiste à rapprocher les points de vue en vue de trouver le consensus. C’est-à-dire que quand les deux parties chacune à ses revendications ou chacune revendique quelque chose, la négociation consistera à ce que chacun laisse une partie de ses revendications au profit d’un consensus qui pourrait être trouvé. Donc c’est ce consensus qui est aujourd’hui recherché. Je pense qu’avec la hauteur que les acteurs impliqués dans cette négociation, on pourra aboutir à une solution. En tout cas, c’est l’espoir que nous nourrissons et c’est la confiance que nous avons aux commissionnaires que le président de la République a désigné dans cette négociation. Donc, nous sommes très confiants que la négociation pourra aboutir à une solution de sortie de crise.

Aujourd’hui, une crise s’est installée autour des résultats publiés par la CENI. L’opposition demande à ce que l’institution revienne sur certains de ces résultats. Quel est votre point de vue ?

Nous n’avons pas de problème. Mais ce qui est sûr, il n’est pas question qu’on modifie nos résultats. Pourquoi l’UFDG ne demande pas de revoir les résultats dans les zones où elle a gagné. Pourquoi revoir les zones dans lesquels nous, on a gagné. Ça, c’est de l’injustice, on n’acceptera pas cela. Et puis, il ne faudrait pas qu’on s’habitue à cela, il faut qu’on ait confiance au moins à nos institutions. Dès l’instant qu’une élection s’est tenue et qu’un scrutin s’est passé dans les conditions globalement apaisées, sereines, il ne faudrait plus qu’on s’amuse à revenir à des résultats qui sont proclamés ou qui sont issus de ces élections. Parce qu’avant la tenue d’un scrutin, il y a ce qu’on appelle la période pré-électorale. Cette période-là, est celle de la préparation du scrutin et c’est vraiment la période la mieux indiquée pour éviter les conflits postélectoraux. Comment éviter d’ailleurs ces conflits. C’est de préparer d’abord la base, il faut être sur le terrain. Quand tu n’es pas sur le terrain, tu ne peux pas revendiquer une victoire là-bas. Alors préparer donc le terrain, ensuite préparer ses propres représentants qui viennent et dans les bureaux de vote et dans les centralisations. Le RPG a envoyé au même titre que l’UFDG, au même titre que les autres partis concurrents, ses représentants et dans les bureaux vote et dans les centralisations. Ils sont tous sortis avec les mêmes résultats. Comment se fait-il qu’après la proclamation définitive de ces résultats, vous revenez encore sur les même résultats, mais ce n’est pas possible. C’est vraiment insensé de la part d’un politique qui se dit républicain. Quand on est républicain, on obéit aux principes de fonctionnement des institutions républicaines. On ne peut pas dire le contraire.

L’opposition projette des manifestations pour protester contre les résultats de ce scrutin. Qu’en pensez-vous ?

S’ils veulent, ils n’ont qu’à marcher jusqu’en 2020. Nous, on ne sera pas d’accord pour modifier les résultats. Si les résultats doivent être modifiés, ça sera en faveur du RPG/AEC parce qu’on a eu des délégués qui ont été empêchés de rentrer dans certaines centralisations à Labé par exemple, à Ratoma. Ils ont caché des urnes où le RPG était majoritairement gagnant.

Pour une première fois, le parti au pouvoir perd la majorité des sièges dans certaines communes. N’est-ce pas la population est déçue de la gouvernance actuelle ?

Non pas du tout. Nous avons gagné avec plus de 55% des circonscriptions électorales. Donc, nous, nous pensons que les résultats sont bons. Les gens ne sont pas du tout déçus. Le RPG a préparé ces élections depuis très longtemps. A l’interne chaque parti a des difficultés. Mais cela ne veut pas dire que le parti est dégouté, non pas du tout. Jusqu’à demain quand il y a vote, les militants du RPG vont voter RPG. C’est vrai qu’après, ils vont venir exposer leurs problèmes à l’interne contrairement à l’opposition qui est déchirée et déchiquetée. Sa cartographie politique est aujourd’hui changée. Ils veulent se refaire maintenant à des petits problèmes pour dire qu’il faut annuler ces résultats. Il n’est pas question. Nous au RPG, nous sommes sereins. On a plus de 20 ans d’expérience sur le terrain. Nous sommes solidement implantés et si vous avez vu qu’on a eu d’ailleurs des problèmes cette année, c’est parce qu’il y a eu une affluence d’adhésion au sein du RPG/AEC. Tout le monde veut être responsable, tout le monde veut être chef, ça veut dire que cet engouement-là, c’est le résultat des actes posés par le Pr. Alpha Condé car les populations ont adhéré à ces actes-là. Donc, nous n’avons pas de problème.

Certains cadres du parti solliciteraient des reformes au niveau de l’instance dirigeante du RPG. Qu’en est-il ?

Ce sont des rumeurs. Pour l’instant, il n’y a aucun acte, aucune demande officielle.

Quelle lecture faites-vous du bras de fer qui existe entre les ministres Gassama Diaby et Bantama Sow ?

Je ne suis pas là pour critiquer, apprécier les gestes des ministres de la République en tant que ministre. Mais M. Bantama Sow en tant que militant du RPG a le plein droit de s’exprimer sur n’importe quel sujet en Guinée et de la manière la plus libre possible. Depuis 2010 jusqu’aujourd’hui, je ne sais pas si vous avez pu recenser, identifier tous les propos amers, méchants, antipatriotiques, antidémocratiques qui ont été enregistrés dans notre pays. Je ne sais pas si vous avez fait les statistiques de ces propos-là. Est-ce que vous avez fait de la même manière les statistiques des réactions à ces propos. Donc, il faut partir de l’histoire. Aujourd’hui, on ne peut pas s’en prendre à M. Bantama Sow parce que d’abord il est militant du RPG/AEC, ensuite il est ministre de la République, c’est parce qu’il est RPG qu’on parle de ça. Il y en a qui ont demandé à ses militants ici est-ce que vous êtes prêts à mourir, ça c’est un appel à la haine, à la violence, à la guerre civile. Il y en a qui ont fait plus que ça, qui ont passé tout leur temps à insulter le président de la République qui est une institution. Personne n’a levé un seul doigt. Alors qu’on ne me demande pas aujourd’hui, qu’est-ce que je pense aujourd’hui des propos de M. Bantama Sow. Il est libre de dire ce qu’il pense. C’est vrai que tout le monde doit être appelé à s’investir dans la paix. Les messages de paix, d’unité nationale, de paix sociale, de quiétude sociale, ça doit être le message commun de tous. Je suis entièrement d’accord. Mais qu’on n’incrimine pas à un niveau M. Bantama Sow parce qu’il a eu à dire ça lors d’une campagne électorale. Ce n’est pas de façon libre comme ça qu’il est parti tenir des propos, donc qu’on ne l’incrimine pas surtout.

Par rapport au ministre de la Citoyenneté, je n’ai pas de commentaire à faire. Ce qui est sûr, nous ne serons pas d’accord avec quelque sanction de quelque nature que ça soit contre M. Bantama Sow. Si la loi doit être utilisée contre un citoyen dans un cadre donné, ça doit être élargi à tous ceux qui sont concernés par les mêmes problèmes. Donc nous demandons bien à ceux-là, qui veulent créer ou amuser la galerie, autour de cette affaire de bien réfléchir avant d’agir. Le parti ne sera pas d’accord.

Votre message de la fin?

Mon message va à l’endroit surtout des partis politiques de l’opposition. En fait, je ne dirai même pas des partis de l’opposition. Il n’y a qu’un seul parti maintenant dans l’opposition. Il faut lui dire que la politique se mène avec l’intelligence et non avec la violence et qu’il serait souhaitable que ce parti commence maintenant à cultiver la paix et à vraiment insister surtout auprès de ses militants sur la nécessité d’avoir un esprit républicain. L’esprit républicain n’est autre chose que le respect des institutions de la République, le respect des lois de la république. Donc tout le monde s’inscrit dans ce sens. Certains pensent aujourd’hui, respecter la loi, c’est respecter Alpha Condé, non, c’est loin.

Tu peux être opposé au Pr. Alpha Condé, mais être en adéquation avec la loi. Donc, il faut être seulement en adéquation avec la loi, c’est tous que nous demandons aux gens et surtout ne pas accepter la violence. Ces élections-là, c’était une opportunité pour les Guinéens de se parler, de se communiquer, d’échanger. Et ce sont des élections au cours desquelles, on apprend le jeu politique. Ces élections de proximité sont un scrutin à deux tours. On élit d’abord les conseillers et les conseillers élisent ensuite les maires. Donc, c’est tellement intéressant et souvent quand on vient premier dans une circonscription ça ne veut pas dire qu’on va automatiquement choisir le maire, non. Quand tu n’as pas la majorité même si tu es premier, tu es obligé de négocier avec les autres.

Donc ce n’est pas bon de se faire la guerre étant donné que le jeu n’est pas fini. On nous trimballe, on nous qualifie de tout alors qu’ils ont besoin de nous dans l’ombre quelque part. Donc, c’est pourquoi ça ne sert à rien de faire de la violence devant ses militants et la nuit tu vas faire des courbettes devant les autres. Ce n’est pas du tout bon. Il faut être honnête avec soi, aimer la Guinée et défendre les intérêts de la Guinée.

Interview réalisée par Sadjo Diallo (L’Indépendant)

 

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