Giuseppe Conte, premier ministre italien

Réunis à Bruxelles, les dirigeants européens peinent toujours à trouver un consensus et une stratégie commune en matière de migration et de droit d’asile.

Sur les questions de fond, Horizon sans frontières n’y trouve pas de changements notables, mais au contraire des tâtonnements avec le passage de centres fermés aux centres contrôlés.

Plus explicitement, la création de ces soi-disant « centres contrôlés » dans les pays européens qui se portent « volontaires », c’est tout simplement la création d’un lieu où seront débarqués les migrants arrivant dans les eaux européennes.

L’autre volet de cette solution fragile est que les migrants dits éligibles (sous quels critères ?) à l’asile pourraient vont être répartis depuis ces lieux vers d’autres pays européens, s’ils sont eux aussi « volontaires ».

Or, le triste constat est cette Europe qui dit avoir trouvé cette solution n’a fait que céder aux pressions et aux menaces du groupe de VISEGRAD composé par la Hongrie, la République Tchèque, la Slovaquie et la Pologne, malheureusement rejoint aujourd’hui par l’Italie un pays très ouvert.

Dans d’autres pays comme l’Allemagne, naguère jouissant d’une bonne réputation de terre d’accueil, d’autres voix s’élèvent contre Angela Merkel, alors que les flux migratoires ne font que grossir d’année en année.

Notre autre inquiétude ressort de ce projet est que ses contours restent encore très flous et pourraient même allaient à l’encontre du droit international relatif aux migrants et réfugiés. Car il a été proposé de débarquer les migrants hors de l’UE, ce qui épargnerait aux Européens de se quereller pour la prise en charge de navires.

D’ailleurs selon les informations reçues, le chef de la diplomatie marocaine, Nasser Bourita, a déjà fait savoir hier jeudi que son pays rejetait l’idée de tels centres d’accueil hors de l’UE.

Partageant à juste titre cette position marocaine, Horizon sans frontières récuse l’idée de l’externalisation de la gestion des flux migratoires qui sera confiée au pays de transit, et un fonds fiduciaire pour l’Afrique qui risque d’être détourné à d’autres fins.

Boubacar Seye

La grande équation qui mérite solution est, non seulement de trouver des solutions pour la terre d’accueil de ces migrants, mais aussi et surtout une solution pour leurs pays d’origine et d’embarquement vers l’Europe. Des pays qui sont les grands muets de cette crise.

HSF exhorte l’Europe à accepter la diversité et à lutter contre ces espaces de repli identitaire et le populisme, véritables menaces pour sa survie et sa sécurité.

Mais notre conviction est qu’essayer de trouver des solutions par l’Europe et pour l’Europe ne saurait être un aboutissement efficient face à cette crise migratoire.

Boubacar Séye

Citoyen Européen d’Origine Africaine

Président d’Horizon Sans Frontières

 

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