Dans le cadre de la continuité de la célébration de la journée de la dignité des victimes de la traite des personnes, prévue le 30 juillet de chaque année, le Comité National de lutte contre la traite des Personnes, en compagnie de ses partenaires techniques et financiers a animé une conférence dans la salle El Hadj Mohamed Koula Diallo de la maison de la presse de Guinée, ce vendredi 5 octobre.

Au cours de cette rencontre, les membres dudit comité ont dénoncé toutes les formes de traites humaines qui, disent-ils, sont une réalité de nos jours en République de Guinée. Ils estiment qu’il faut une synergie d’action de toute la population pour éradiquer ce phénomène.

« les différents rapports qui sont produits non seulement par les nations unies, mais également par le comité de lutte contre la traite des personnes attestent que toute forme d’exploitation est une réalité dans notre pays et cela aussi est étayé par le dernier rapport du département américain, qui nous a malheureusement rétrogradé dans le classement mondial de la lutte contre ce phénomène ». A expliqué le président du Comité National de lutte contre la traite des Personnes, Aboubacar Sidiki Camara, qui poursuit en expliquant les efforts fournis par sa structure pour y remédier : « depuis la publication de ce rapport, nous sommes d’ailleurs à pied pour que notre situation puisse s’améliorer. Ce qui fait que depuis un an nous avons élaboré un plan d’action d’urgence dans lequel nous avons inscrit en bonne place la célébration de cette journée ».

Pour Aboubacar Sidiki Camara, la lutte contre la traite des personnes doit se faire en synergie. « Il faudrait bien que l’on puisse comprendre que c’est des pratiques ancrées dans nos communautés, alors ce n’est pas en un coup de baguette magique qu’on pourra mettre fin à ces activités. Nous, nous avons prévu des activités prioritaires que nous avons mises dans un cadre logique qui est le plan d’action. En matière de prévention nous avons prévu de réaliser des activités d’information et de sensibilisation, nous avons prévu de mettre en place des programmes de formation et de renforcement de capacités de tous les acteurs, notamment les magistrats, les agents en charge de mener les enquêtes au niveau des commissariats de police, des postes de gendarmerie et aussi en matière de répression, il faudrait bien qu’on sache qu’on ne peut mettre fin à cette pratique qu’en poursuivant les auteurs », a-t-il fait savoir.

Parlant des difficultés de répression contre les auteurs de la traite des personnes en république de Guinée, Hadja Mariama Souadou Diallo, conseillère au ministère de la justice et Vice-présidente du comité national de lutte contre la traite des personnes explique : « les difficultés que nous avons eues au départ, c’est le manque de texte adéquat réprimant la traite des personnes, mais avec la révision des différents codes, notamment le Code pénal, le comité a pu insérer les parties de la loi spéciale qu’on avait voulu créer pour le compte du comité national. Donc la commission a pris en compte et ils ont désormais dans le Code pénal tous les textes y affairant, ce qui fait aujourd’hui que les juges sont outillés, parce que le Code pénal est très explicite dans la répression contre la traite des personnes ».

Par ailleurs, elle précise qu’avec l’annulation des cours d’assises, dans la réforme de la justice, et la création d’une section criminelle au niveau des TPI, les dossiers de traite des personnes pourront désormais être jugés plus rapidement.

Mohamed Kaba Soumah pour Guinee7.com

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