C’est à la surprise générale que les employés de l’agence de la BIG à Lambanyi ont  découvert le 24 septembre dernier, peu avant la fermeture de cette agence la disparation miraculeuse d’environ 280 millions de francs guinéens dans les caisses.  Aussitôt informés de la situation, les agents du commissariat de police de Ratoma ont  procédé le même  soir à l’arrestation de tous les employés de cette agence et les ont gardés à vue au commissariat jusqu’au vendredi 3 octobre. A cette date, le procureur de la république près le tribunal de première instance de Dixinn est saisi du dossier et ce dernier, vu sa complexité transmet l’affaire à un juge d’instruction aux fins d’ouverture d’une information judiciaire. Le juge d’instruction à son tour place le même jour les employés de l’agence sous un mandat de dépôt à la maison centrale de Conakry, où ils attendent d’être situés sur leur sort. Ces enquêtes en cours devraient permettre à la justice d’identifier le ou les auteurs du vol mais aussi de mettre hors cause les personnes innocentes.

Les défaillances de la direction générale dans la gestion des risques opérationnels de la banque ?

Par ailleurs selon nos sources, le dispositif de sécurité en vigueur au sein de cette agence au moment du vol laisse à désirer pour deux raisons. En tout premier lieu, les cadenas de sécurisation de la porte d’entrée de l’agence sont ordinaires et loin de répondre aux normes de sécurité exigées à un établissement financier qui détient dans ses coffres les dépôts des clients. En second lieu, la caméra de surveillance à l’intérieur de la banque ne fonctionne que pendant la journée. Une fois que la banque est fermée le soir donc, la caméra ne fonctionne plus, sauf le lendemain. ‘‘Or c’est la nuit lorsque les travailleurs sont rentrés chez eux que le risque de vol est multiplié dans un établissement bancaire’’, nous dit un expert. Ces défaillances dans le dispositif sécuritaire de l’agence de la BIG à Lambanyi démontrent à quel point la direction générale de la BIG gère avec légèreté les risques opérationnels de ses agences, exposant ainsi les dépôts de ses clients à un important risque de vol. Incompétence ou négligence, une enquête approfondie de la justice ou de la Banque Centrale de la République de Guinée qui est l’institution de régulation du secteur financier devrait éclairer l’opinion sur  les défaillances du système de sécurité qui, en un mot ou en mille, ont permis un tel vol.

‘‘Nous vous rappellerons’’, c’est la réponse qui nous a été donnée par la direction générale de la banque quand nous avons voulu avoir sa version des faits.

En attendant ‘‘le risque opérationnel est l’un des principaux risques engendrés par les activités bancaires. Ce risque est défini par Jimmy LM, un spécialiste des questions financières comme un risque de pertes directes ou indirectes résultant d’une inadéquation ou d’une défaillance attribuable aux procédures, au facteur humain et aux systèmes, ou à d’autres causes externes. C’est à travers le mécanisme de contrôle interne efficace qu’une banque arrive à maitriser ses risques opérationnels, y compris le risque de vol’’, analyse notre expert.

Qui conclut ‘‘il relève de la responsabilité de la direction générale d’une banque de définir une politique en matière de gestion des risques opérationnels et criminels’’.

Affaire à suivre.

Ibrahima S. Traoré

 

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