Le scénario est digne d’un film. À Lambayi, près de la résidence du directeur de la police nationale, le week-end dernier, quatre assaillants, armés, ont pris d’assaut une boutique de transaction monétaire. L’opération s’est déroulée en pleine journée. Après avoir vidé la boutique, ils ont ouvert le feu sur l’une des gérantes avant de prendre la fuite. Haoulatou Diallo, la victime, a reçu cinq balles, dont deux au niveau du ventre, mais a miraculeusement survécu. Elle raconte son calvaire depuis son lit de malade.
« Comme c’était le ramadan, nous étions sur le point de rentrer aux environs de 14 h 40-15 h, quand les assaillants, au nombre de quatre, sont arrivés. Deux d’entre eux sont entrés en premier pour nous demander s’il y avait un retrait. Nous avons répondu par l’affirmative. Mais lorsque les deux derniers sont rentrés dans le bureau, ils ont directement sorti leurs armes. Je précise que c’étaient des pistolets. L’un d’eux nous a intimé de ne pas crier, sinon il tirerait ; ma collègue a eu peur et j’ai mis ma main sur sa bouche pour l’empêcher de crier. Sur le coup, j’ai dit aux assaillants : Prenez l’argent, mais ne nous faites pas de mal. C’est après cela qu’ils nous ont bâillonnés avant de commencer à vider les coffres (deux au total) », raconte Haoulatou, la voix tremblante.
D’après la victime, les voisins ont tenté de porter secours, mais c’était sans compter sur la détermination des assaillants. « Deux autres assaillants étaient à l’extérieur, et comme ils ont senti l’envie du voisinage de nous secourir, ils ont tiré en l’air pour disperser les gens. C’est à partir de là que les deux de l’extérieur sont entrés en disant de lever le camp, car les gens étaient au courant de l’attaque. Ils ont pris les sacs d’argent et se sont dirigés vers la sortie », précise-t-elle.
Comme si cela ne suffisait pas, l’un des assaillants a ouvert le feu à cinq reprises sur les victimes. « Mais l’un d’eux s’est retourné et, malgré la mise en garde de ses amis, il a quand même ouvert le feu sur nous. Au total, cinq balles se sont logées dans mon corps, dont deux au niveau de mon ventre. Heureusement, mon téléphone qui était de ce côté a réduit l’impact des balles. Une balle a touché mon bras gauche, une autre ma cheville gauche, et une à ma cuisse droite. Durant tout ce temps, il n’y a eu aucun secours des forces de l’ordre. Ce sont des voisins qui m’ont emmenée à une clinique à côté avant de m’acheminer vers Jean-Paul II où il n’y avait pas toutes les conditions, puis vers Donka pour l’opération », explique-t-elle.
Haoulatou conclut avec émotion : « C’est un miracle d’avoir reçu autant de balles et d’être encore en vie. Grâce à Dieu, après l’opération, je vais de mieux en mieux, alhamdoulilahi. »
Thierno Abdoul Barry pour guinee7.com