Censure

Bail du marché Bantounka 1 (Cosa). Le maire de Lambagni dit sa part de vérité.

Fafa M’bira Mané, maire de la commune urbaine de Lambangni, était face à la presse ce mardi 25 mars. Il a dit sa part de vérité dans l’affaire dite de « bail du marché Bantounka 1 de Cosa ».

D’entrée, le maire a précisé que ce bail a été signé une année avant l’arrivée de son équipe. Il s’agit d’un bail d’une soixantaine d’années qui va permettre à la collectivité d’empocher « 85 millions par mois, avec un marché modernisé ».

Par rapport à ce délai, le maire a indiqué : « À première vue, j’ai réagi. Je suis un maître dépendant d’un mandat de 5 ans éligible et de 5 ans renouvelable. Donc, un contrat de 10 à 15 années, c’est possible. Mais plus que ça, si on me demandait dans les collectivités, j’allais dire plus que ça, je refuse. Mais c’est aussi l’avoir des gens. Nous sommes venus aider ceux qui n’ont pas d’ avoirs et protéger ceux qui en ont, pour fructifier leurs avoirs. La durée du bail se calcule à travers deux paramètres : la superficie et l’infrastructure proposée, son devis financier. Ici, on a hérité d’un projet de bail de soixante années. »

Selon lui, ce bail, dont le bénéficiaire est l’opérateur Mamadou Aliou Diallo, est intervenu dans le souci de rendre la collectivité plus efficace face à certaines dépenses. « Il existe un nom, l’intérieur est vide, les gens préfèrent venir au bord de la route pour rétrécir le passage que de rester dans le marché. Ces boutiques qui sont dedans, par l’égoïsme de l’être humain, les gens en sous-location donnent aux autres 400 mille par boutique, alors que les 25 000 auxquels on devait avoir droit, on nous le refuse. Alors que nous avons en charge d’accompagner les écoles publiques, par exemple Simbaya marché, qui regorgent de plus de 2000 élèves qui sont à même le sol. Pendant la récréation, les enfants sont en rang pour aller se mettre à l’aise. Par faute de moyens, nous peinons à apporter un soutien financier », a révélé la première autorité de la mairie de Lambagni.

Et d’ajouter : « Voulez-vous qu’on continue à faire échouer l’État dans ses actions ? L’État prend des domaines, les octroie aux collectivités, en leur disant : Faites-les réaliser, nous voulons connaître votre capacité de mobilisation des recettes. Mais par le mauvais comportement des citoyens, nous nous montrons incapables de faire de la performance. Ce n’est pas de notre habitude. Nous voulons moderniser tous ces marchés. »

Fafa M’bira Mané précise que cette action est tout à fait normale : « Les marchés appartiennent aux collectivités. Si le marché n’est pas rentable, la commune est autorisée à sceller avec un bailleur qui pourrait proposer des montants qui, par exemple, s’entendaient à 32 millions par mois. On pouvait discuter avec lui, savoir s’il pouvait régulièrement nous verser au moins les 20 millions. C’est lui qui allait prendre en charge les percepteurs et voir comment il peut viabiliser le marché. La décentralisation est flexible. »

Le président de la délégation spéciale a mentionné la mauvaise foi de certains commerçants, prêts à trahir les autres pour leurs intérêts personnels : « Les petits nous ont dit purement et simplement : je possède 14 boutiques, je voudrais qu’on me rembourse 35 millions par boutique et je te laisse le marché. Et c’est ce qui était présent. Il y a 148 boutiques. Celui qui a parlé de 14 boutiques a dit qu’il est l’un des pions. Si vous acceptez d’exclure mes boutiques de votre contrat, je vais vous appuyer pour que les choses se dissolvent. Ils allaient dire aux autres de se rencontrer. Parce qu’ils ont eu leur part (…) Moi, je lui ai dit : je suis maire de la commune aujourd’hui. Demain, d’autres vont venir. Comment peut-on comprendre l’exclusion de 14 boutiques dans un lot de 148 boutiques du marché et quelle réponse moi je vais donner aux autres ? », s’interroge-t-il.

Il a aussi dénoncé un autre fait : « Je suis déçu de constater, quand mon responsable des jeunes de Bantounka 1 était sur les lieux, qu’il a constaté que ce sont les jeunes de Hamadallaye qu’on a envoyés pour manifester à Bantounka 1. Mais Hamadallaye discute de ses problèmes avec ses citoyens. Je suis déçu que ce promeneur parte par manque de possibilité de convaincre les citoyens de Lambangni qu’il parte les chercher ailleurs, pour battre des pots. À bas le maire, vive ceux-ci, vive celui-là. Mais nous sommes habitués. »

Au cas où aucune entente n’est trouvée, le maire compte sévir. « La justice est faite pour tout le monde. Ces opérateurs et commerçants sont liés à des notaires et des avocats. Je les envoie purement et simplement au TPI de Dixinn pour les départager. Tous, nous sommes des Guinéens, personne ne peut intimider l’autre. Nous invitons ces concitoyens à revenir à la table des négociations. »

Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com

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