Abdoulaye Bah

Nous sommes tous venus d’ailleurs. C’est vrai que certains sont venus avant les autres. Mais cela donne –t-il le droit à ceux-là de décider du sort de ceux-ci contre les lois de la République et même de l’humanisme ? C’est dire que les propos de l’imam de Kindia et ceux du Kountigui (patriarche) de la Basse Guinée à l’égard du candidat UFDG à la mairie de Kindia ne sont pas bien à propos. Ils sont aux antipodes de la République, fragilisent l’unité nationale, et nous coincent donc dans un repli identitaire.

Abdoulaye Bah ne doit donc pas être éjecté par la volonté de l’imam et/ou du patriarche…Nous sommes en démocratie et dans ce mode de gouvernance c’est le peuple qui décide. Mais serait-on dans la situation de Kindia si les politiques nous avaient épargnés le jeu malsain qu’ils jouent depuis belle lurette ?

Revenons sur le cas Abdoulaye Bah et en général de l’accord signé entre l’UFDG et le RPG à propos des dernières élections locales.

Rappelons qu’il y a eu un vent debout contre cet accord dès sa signature parce que la communication qui en découlé était galvaudée. L’opinion a eu l’impression que dans les mairies où il y a eu l’accord, il n’allait pas y avoir de vote. Parce que le leader de l’UFDG pour se blanchir devant ses militants a dit : ‘‘Nous avons récupéré une partie du butin’’ ; ‘‘nous avons récupéré nos voix volées’’, etc.  Un jeu à somme nulle. Contrairement à l’UFR qui a tenu un langage responsable en disant que les alliances sont démocratiques, il faut les nouer là où vous ne vous sentez pas forts…Ce genre de discours responsable a l’avantage de préparer les militants de tous les partis contractants, les apaise. Parce que basé sur la vérité. C’est pourquoi on pourrait se demander si l’imam et le kountigui ont reçu des bonnes informations avant de tenir leurs déclarations ?

Revenons sur le cas Abdoulaye Bah. Et disons que son discours et celui de son parti qui consistent à dire que ses voix ont été volées sont désormais à discuter. Parce qu’on estime qu’en démocratie quand on est élu avec une majorité des voix, on ne peut souffrir d’une telle contestation avant même la prise de fonction. Il vous souviendra qu’avant l’imam et le patriarche qui-encore une fois ont tort d’avoir agi comme ils l’ont fait-, c’est d’abord la rue qui a montré son hostilité.

L’UFDG qui a la possibilité de choisir un autre pour briguer l’exécutif de la mairie de Kindia tiendrait à lui comme aux prunelles de ses yeux. Ce qui pourrait être une erreur de casting dès lors que Abdoulaye brigue un mandat pour gérer les collectivités -et non une préfecture ! Pour réussir son pari, l’adhésion de la population est plus qu’impérative.

Ibrahima S. Traoré pour guinee7.com

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