Le 5 février 2016, Bah Oury, fondateur de l’UFDG, est arrivé au siège du parti. C’était sans compter sur les partisans de Cellou Dalein Diallo qui ne voulaient pas le sentir sur les lieux ce jour. Des heurts éclatèrent entre les deux parties. Dans le désordre, quelqu’un tire à bout portant sur Elhadj Mohamed Koula Diallo, journaliste de www.guinee7.com. Le drame, après des mois, aboutit à un procès qui laisse un goût d’inachevé. Bah Oury partie civile interjette appel, tout comme d’ailleurs l’UFDG dont des bodys gars ont été accusés. Trois ans après cette affaire, nous donnons la parole à Bah Oury pour nous dire ce qu’il en pense. 

Trois ans après l’assassinat d’El Hadj Mohamed Koula Diallo, au siège de l’UFDG, quel sentiment avez-vous encore, après ce tragique événement ? 

Vous savez, jusqu’à présent, on ne peut pas dire que justice a été rendue, parce que les coupables courent toujours et aucune clarification n’a été réellement faite au cours du procès qui a été dirigé par le juge Mangadouba Sow. On se rappelle que le procès a eu lieu en première instance, le juge a estimé que les prévenus Amadou Diouldé Sow et Keita, les deux gardes du corps de Cellou Dalein, qui étaient incriminés dans le dossier du juge d’instruction comme étant, l’un l’auteur qui a abattu Mohamed Koula, l’autre pour complicité d’assassinat et de tentatives d’assassinat, le juge les a acquittés. Par contre, ils ont chargé lourdement un autre qui était prévenu, en l’occurrence Souleymane Bah (Thianguel), qui était dans le dossier du juge d’instruction accusé de complicité de tentatives d’assassinat et d’assassinat, ce dernier a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité par contumace. Ce qui fait que ce jugement a été un jugement un peu bizarre, le complice est lourdement condamné et le présumé accusé d’être l’auteur a lui été acquitté.

Vous vous étiez constitué partie civile et comment ça a évolué?

J’étais partie civile, je n’ai pas accepté ce jugement ; donc j’ai interjeté appel immédiatement. Par la suite, la partie de la défense, c’est-à-dire le camp de Cellou Dalein, également a interjeté appel, puisque dans leur camp, il y a eu des tiraillements, parce que Thianguel a estimé qu’il y avait une injustice à son égard. Et il a demandé à Cellou Dalein de montrer qu’il le soutient, c’est la raison pour laquelle ils ont interjeté appel sur le bout des lèvres. Mais de toutes les façons, c’est une aubaine dans la  mesure où et la partie civile et la partie de la défense ont interjeté appel et la Cour d’appel tôt ou tard statuera sur ce dossier.

Est-ce que vous avez une date au niveau de la Cour d’appel, pour statuer sur ce dossier ? 

J’avoue que mes avocats étaient très chargés par l’autre dossier, c’est-à-dire le dossier d’exclusion, et pour que certains ne croient pas que j’ai un acharnement contre Cellou Dalein, nous avons préféré prendre les dossiers un à un, au lieu de les embrasser tous les deux en même temps.

Mais il se trouve que dans ce dossier Koula, vous-même, dès le départ, vous étiez accusé par M. Cellou Dalein Diallo et la cellule de communication de l’UFDG, qui a sorti un communiqué pour dire que c’est vous-même qui avez tiré sur Mohamed Koula…

Oui, ça c’est vrai, c’est la raison pour laquelle il y avait un autre aspect qu’on a mis en exergue, en demandant la levée de l’immunité parlementaire du député Cellou Dalein pour dénonciation calomnieuse, du fait de m’accuser d’avoir tué El Hadj Mohamed Koula, mais l’Assemblée nationale, jusqu’à présent, n’a pas daigné répondre. Mais quoi qu’il en soit, nous ne lâcherons pas ce dossier, puisqu’il s’agit d’un dossier de vie et de mort. Une personne innocente a été tuée alors qu’en réalité les sbires de Cellou Dalein visaient Bah Oury. C’est un devoir moral pour moi de ne pas laisser ce dossier cependant comme cela. Il faut que la vérité soit dite et que les responsables soient jugés à la mesure de leur forfaiture.

Est-ce que vous pensez plutôt que le juge Mangadouba Sow a pris une décision politique ? 

Bien attendu. J’avais dénoncé cette attitude de ce juge, mais tant mieux aujourd’hui que le dossier soit en appel, aussi bien par les deux parties. Comme Dieu fait bien les choses, il y a eu d’autres éléments qui se sont rajoutés pour renforcer la nécessité absolue de reprendre le jugement du dossier d’assassinat de Mohamed Koula. C’était la tentative d’assassinat sur Bah Oury par le biais du dossier concernant un autre prévenu, Boubacar Diallo dit Grenade.

Les avocats de l’UFDG vous ont accusé d’être à la base de cet événement, parce que, selon eux, si vous étiez venu ce jour au siège de l’UFDG, rien ne se sera passé…

Ils peuvent raconter ce qu’ils veulent. Donc ils avouent par ces dires-là de connaître les auteurs de cet assassinat, puisqu’ils disent que si Bah Oury n’était pas venu ça ne serait pas passé, donc si Bah Oury est venu, c’est qu’ils voulaient éliminer Bah Oury et malheureusement pour eux, ça n’a pas marché comme ils le souhaitaient. Donc ils se sont retrouvés dans une situation très compliquée aujourd’hui.

Interview réalisée par Ibrahima S. Traoré pour guinee7.com

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