Albert Damantang Camara, ministre de l’Emploi et de l’Enseignement technique et de la formation professionnelle, porte-parole du gouvernement espère que le dialogue inter guinéen sera sauvé, pour la tenue délections régulières le 11 octobre prochain. Même si l’opposition menace de boycotter le scrutin, dont les préparatifs ne seraient pas à son goût.  

Bonjour M. le ministre. On constate de plus en plus ces derniers temps que vous faites profil bas dans le processus de dialogue inter guinéen, en tant que porte-parole du gouvernement. C’est comme si vous vous étiez effacé au profit de votre homologue de la Justice, Me Cheick Sako ? 

Albert Damantang Camara : Je n’ai jamais été d’ailleurs en première ligne lors du dialogue. Mon rôle en tant que porte-parole du gouvernement, c’est d’informer les populations de ce que fait le gouvernement dans ses activités quotidiennes, et dans la réalisation du programme du gouvernement du président de la République. Et, donc il n’a jamais été question pour moi de diriger le dialogue. Le premier dialogue était sous la présidence de monsieur Louceny Fall (NDLR, ministre des Affaires étrangères), le deuxième est sous la présidence du ministre de la Justice. Ils sont suffisamment bien impliqués, bien informés et actifs. Donc, on n’a pas besoin d’ajouter plusieurs têtes à ce dialogue-là.

Nous sommes à peu près à deux mois de la présidentielle du 11 octobre, et le dialogue est bloqué. Mouvance et opposition, chacune campe sur sa position. Ne craignez-vous pas qu’à cette allure, les opposants boycottent le scrutin?

Ah oui, c’est une crainte majeure parce que le gage de la crédibilité du scrutin c’est la participation de tous. Mais, il ne faut pas non plus que cela serve de moyens de chantage ou de pression pour obliger le gouvernement, de manière générale l’ensemble des personnalités impliquées dans  le processus électoral à accepter tout, et n’importe quoi. Je crois que le principe du dialogue sur lequel tout le monde s’entend, c’est de respecter absolument les textes, la Constitution, notamment  la Loi électorale.  C’est cela qui rend peut être un peu plus difficile l’acceptation d’un certain nombre de revendications mais les discussions se poursuivent pour arriver à un accord qui permettrait à chacun des acteurs de se sentir en confiance par rapport au processus électoral, et nous espérons que très vite, que chacune des parties saura trouver le juste équilibre entre ce quelle souhaite et ce qu’il est possible de faire. Et la nécessité de consolider notre processus démocratique par une deuxième élection.

L’opposition accuse le pouvoir d’avoir poussé la Ceni à corrompre le fichier électoral, à travers un recensement de mineurs en Haute Guinée. Que répondez-vous à ces allégations ?

C’est à la Ceni de réponde à ces allégations. La Ceni est indépendante. Elle est composée de manière paritaire. Elle a une loi et un règlement intérieur qui consacrent son indépendance. C’est à elle de l’utiliser et malheureusement l’opposition à cette fâcheuse tendance à accuser de tous les maux, tous ceux qui ne sont pas en droite ligne de ses desideratas lors des échéances électorales. Il n’y a pas si longtemps, c’était  la communauté internationale qui était accusée et on n’a comme l’impression qu’en Guinée que tout ce qui est bon se trouve du côté de l’opposition. Et tout ce qui est mauvais se trouve hors de l’opposition. Que ce soit le gouvernement, la Ceni, la mouvance présidentielle, la communauté internationale, dès l’instant où ils ne répondent pas exactement à ce que l’opposition souhaite.

Nous allons clore cet entretien par le secteur de l’enseignement technique. Peut-on parler d’avancées dans les réformes engagées dans ce département ?

Tout à fait, j’espère qu’au niveau de la gouvernance pour le moment beaucoup de reformes ont été faites, qui rendent la gestion des établissements beaucoup plus saine, beaucoup plus transparente avec le système d’immatriculation des apprenants qui empêche les inscriptions frauduleuses. Le système de conseils d’établissements mis en place qui permet à tous les acteurs, que ce soit les secteurs privés, les apprenants, les parents d’élèves d’avoir une meilleure vision, une meilleure visibilité des ressources qui sont consacrées aux écoles. La mise en place également des manuels de procédure qui n’existait pas pour permettre une gestion standardisée, structurée et harmonisée des établissements de formation professionnelle. Ensuite la délocalisation d’un certain nombre de directions régionales, la coopération avec plusieurs entités nationales et internationales, je veux parler de l’Office marocain de la formation professionnelle, l’Agence française de développement (AFD), qui permettent aujourd’hui une amélioration des programmes. La fourniture d’un certain nombre équipements à plusieurs écoles et bien sûr l’effort fait sur le budget national de développement qui a permis la rénovation de plusieurs établissements. Tout ceci va nous permettre avec plus d’efforts  et avec beaucoup plus d’engagement d’arriver à un enseignement professionnel de qualité, à même de répondre au défi du développement de notre pays.

Interview réalisée par Moussa Traoré in Le Démocrate  

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