Le député UFR, Baidy Aribot, a  accordé une interview à notre reporter dans la soirée du mardi 21 janvier. Il nous parle entre autres de la session parlementaire qui vient de s’ouvrir, de ses démêlés avec  la justice à un moment donné, de ses ambitions pour Kaloum, de la composition du nouveau gouvernement, de la nécessité pour la jeunesse de s’engager…

Guinee7.com : Quelle lecture faites-vous de l’ouverture de cette session parlementaire ?

C’est une bonne chose pour le pays dans la mesure où la mise en place d’une Assemblée parachève à mi-parcours la transition en République de Guinée. En attendant les élections communales et communautaires. Et mieux,  je crois que ça va nous permettre  quand même de clarifier le débat politique. Aussi,  ça permet aussi de peser la recomposition du paysage politique. Donc, toute chose qui nous donne l’idée des forces politiques en présence dans notre pays et voir comment le débat politique va quand même permettre aux différents acteurs politique de mieux jauger les problèmes qui sous entendent, des problèmes qui assaillent nos populations, voire comment les  résoudre et essayer en fait de faire avancer le débat de manière objective. A ce que quand même l’exécutif qui doit appliquer les mesures sur le terrain soit à même de répondre à l’attente de nos populations.

Votre groupe parlementaire a défini ses objectifs et compte apparemment se distinguer,  quelle est la méthode que vous allez utiliser ?

Vous savez, on a déjà dégagé  non seulement nos objectifs, mais on a dit ce pourquoi, nous nous battons à l’Assemblée. Cette méthode, comme je vous l’ai dit, ce sera dans les débats démocratiques qui sont instaurés à l’Assemblée et aussi comme on aime souvent à le dire, le terrain va commander l’explication de ses motivations et mieux, nous permettre aussi  de défendre nos idéaux qui incarnent notre groupe parlementaire, préparer le pays à l’alternance en 2015.

Justement, comme vous l’avez dit, on assiste à une recomposition du paysage politique de notre pays, comment comptez- vous préparer les élections locales qui se pointent à l’horizon ?

A temps, on va répondre à cette question. Mais ce qui est sûr, c’est que c’est le terrain qui va commander.

Et vous irez sous la bannière de l’UFR ou bien de l’AFAG ?

On ne sait pas qui va aller ? C’est le parti qui décide. Moi, je suis Président de l’AFAG. Pour le moment, l’AFAG n’est pas dissoute et je compte aussi avoir des Conseillers communaux. Je vais voir sur quelle couleur partir. S’il y a des alliances politiques qui se tissent dans le futur, on verra ce qui est important pour notre parti, on verra comment nous devons participer à ces élections et sous quelle bannière ?

Parlez-nous de cette journée du 21 janvier où il y a eu la passation entre le Conseil National de la Transition et la nouvelle assemblée ?

C’était une passation conviviale. Je crois qu’une institution qui était dite de transition a laissé la place à l’institution légalement installée par le peuple. Il faut maintenant passer aux choses essentielles et aller dans le sens souhaité par nos populations. Donc, voilà aujourd’hui ce que nous avons pu en tirer comme conclusion, c’est-à-dire que les choses se sont passées normalement et on a quand même continué le travail qu’on a commencé depuis l’installation de l’Assemblée. C’est-à-dire la mise en place du bureau, des commissions.

Il n’y a pas eu d’incident lors de la passation ?

Non pas du tout. Il ne peut pas y avoir d’incidents car ce n’est qu’une passation. L’incident de l’autre jour (entre Jean Marie Doré et Ousmane Gaoual, NDLR) était dû à une incompréhension  mal gérée et je crois que c’est regrettable, mais on ne reviendra plus sur ça, on ne verra plus ça à l’Assemblée nationale.

Vous avez été élu à Kaloum et il y a assez de difficultés sur le plan de l’aménagement, qu’est-ce que vous allez faire concrètement pour soulager ces populations ?

Ce n’est pas à moi de faire, c’est à l’exécutif de le faire. Moi, je vais essayer de poser le problème de Kaloum et des Kaloumkas à l’Assemblée. Bientôt, je vais entamer une tournée dans les quartiers pour discuter avec les populations, pour comprendre leurs problèmes et avoir leur assentiment par rapport à ce qui se passe et je vais essayer de faire un rapport qui permettra quand même à l’exécutif et aux ministres qui sont chargés chacun du domaine qui le concerne à mettre en place un système qui pourra aider Kaloum à resoudre  ses problèmes dont vous parlez.

A un moment donné lorsqu’il y a eu des déguerpissements dans certains quartiers de Kaloum alors qu’on préparait le sommet de l’OCI, vous vous êtes opposé au gouverneur de la ville de Conakry,  pourquoi ?

Oui, c’est vrai. Je me suis opposé parce que c’était un déguerpissement anarchique. Mieux, ce n’était pas des zones qui étaient concernées par les déguerpissements. Il y avait abus d’autorité. J’ai réagi parce que quelque part, ce n’est pas normal que des pauvres gens qui cherchent à manger soient sous le dictat d’une autorité qui ne sait pas quoi faire. Donc, c’est pour cela que j’ai réagi

Donc, vous confirmez que vous vous êtes opposé à une décision de l’autorité qui assainissait quand même la ville ?

Non, j’ai défendu l’intérêt des populations. J’ai défendu en fait leur droit de propriété, leur droit aussi d’accéder à la consommation dans l’espace qui leur est réservé pour qu’elles fassent leur petit commerce

Quel commentaire faites-vous de la composition du nouveau gouvernement qualifié par le Chef de l’Etat de ‘’ gouvernement de mission’’ ?

C’est zéro pointé ! Ce gouvernement n’est pas un gouvernement de mission, c’est l’ancien gouvernement qui a été redéployé  et puis on a pris les mêmes et on recommence.  Ça veut dire que la Gouvernance Alpha Condé ne peut rien apporter à ce pays. Franchement, après trois ans d’exercice, nous avons vu le résultat : c’est un recul de la démocratie, des libertés publiques, des droits de l’homme et individuels. C’est la décadence économique. Franchement, on ne peut rien attendre, ni tirer de la gouvernance d’Alpha Condé.

A   un certain moment, vous avez eu des problèmes avec la justice. Cette histoire est –elle derrière nous, où en êtes-vous ?

Franchement, ça c’est derrière nous et c’était un problème qui ne me concernait pas, mais que des gens qui sont cachés dans l’ombre que le pouvoir voulait utiliser pour me discréditer. En fait, leur problème c’était de me barrer la route pour les futures échéances électorales.  Et c’est ce que la population de Kaloum n’a pas accepté. C’est réglé.

Vous parlez trop de la jeunesse dans vos discours…

D’abord opter pour l’aventure, ce n’est pas une chose aisée. C’est parce qu’on n’a pas les moyens sur place qui vous permettent de rester, l’environnement certainement ne vous permet pas aussi de vous épanouir. C’est pour cela vraiment que les gens partent à l’étranger. Quand bien même que moi je ne partage pas ce point de vue, mais je respecte la décision des uns et des autres. Mais ce qui est bon, c’est que lorsque vous partez à l’aventure  que vous gagnez ou que vous ne gagnez pas, sachez qu’il y a des gens qui sont là et qui comptent sur vous. Sur le plan familial, sachez que votre pays a besoin de vous, de votre expérience, de tout ce que vous avez gagné. Je demande maintenant à cette jeunesse de s’engager parce qu’il ne suffit pas de voir le problème et de l’éviter, il suffit de les affronter. Nous, c’est ce que nous faisons.  On l’a fait pendant que nous étions comme eux. Nous pensons que cette jeunesse pourra vraiment changer les choses comme ça se fait ailleurs. Au Sénégal, l’alternance politique a eu lieu  grâce à la jeunesse sénégalaise. Je crois que la Guinée doit avoir maintenant une jeunesse responsable, visionnaire qui s’attaque aux vrais problèmes qui sont les problèmes fondamentaux d’accès à la consommation. Et je pense que ce n’est pas en restant passif par rapport aux actions nocives de l’Exécutif qu’ils vont vraiment trouver la solution à leurs problèmes ou se donner à la drogue ou à la délinquance qui va résoudre leurs problèmes. Donc, je les invite à plus de responsabilité, à plus d’engagement et plus  de patriotisme et mieux de permettre à cette nation de voir sa jeunesse se porter à l’avant-garde de son bien-être.

Interview réalisée par El Hadj Mohamed Diallo

 

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