Dans cet entretien accordé à notre reporter,  Boubacar Barry, président de l’Union nationale pour le renouveau (UNR) parle de ses rapports avec Dadis Camara, ex-chef de la junte, de la COEP, de leur rencontre avec le chef de l’Etat. Lisez…

Quelles sont les raisons qui ont fait que votre parti UNR n’a pas eu un seul siège au parlement ? Est-ce parce que vous avez eu un bras de fer avec certains membres influents de votre ancien parti PNR ?

Boubacar Barry : Bon merci de m’avoir donné l’opportunité de m’exprimer dans vos medias. Vous savez que j’ai muté du PNR à l’UNR. Donc naturellement, passer toutes ces années dans une entité politique et muté dans une nouvelle sans qu’il y ait des conséquences majeures, cela est impossible. Par ailleurs, vous savez que les leaders des partis politiques s’identifient à leurs structures politiques. Certes, cette mutation a engendré une communication qui ne s’est pas tissée  à la matière. Nous n’avons pas pu informer  tous nos militants des nouvelles dispositions que nous avons prises par rapport à la nouvelle structure politique. Malheureusement, ce qui devait arriver, est arrivé. Voilà pourquoi, nous n’avons pas eu tout le vote que nous souhaiterions lors des législatives, afin d’avoir une représentation à l’Assemblée Nationale. Donc, sachez simplement que cette défaite n’est pas liée à un nombre ou à des dits sanctions quelconques. Cela est lié à l’application naturelle que nous avons connue dans le paysage politique guinéen. 

Récemment, le président Alpha Condé a reçu la Coordination de l’Opposition Extra-parlementaire dont vous-même étiez le chef de  délégation. A la sortie de cette rencontre, des rumeurs auraient couru  selon lesquelles  chacun de vous aurait reçu un montant de 500 millions de nos francs des mains du chef de l’Etat ? Qu’en dites-vous ?

Bon, je ne sais pas. C’est à travers les medias que j’ai entendu dire que le président Alpha Condé nous a donné un montant de 500 millions de nos francs. Vous savez que les gens ont l’imagination fertile, ils spéculent tout. Pour la première fois que j’ai rencontré le président de la République, ils ont dit également que j’allais être nommé Premier ministre. Cette fois-ci, on parle de 500 millions, c’est de l’aberration pure et simple. C’est le point de vue de ces personnes qui ne sont pas informées ou qui cherchent tout simplement à mettre de l’huile  au feu.Nous avons rencontré le président de la République pour solliciter  une autre audience parce que nous avons estimé que pour rencontrer le chef de l’Etat, puisque c’est une opportunité solennelle, il était bon pour nous de lui remettre un document cadre qui reflète la synthèse de nos préoccupations sur la situation sociopolitique de notre pays actuelle. Puisque nous n’avons pas eu le temps matériel de préparer ce document. Par respect  et par rapport à l’institution qui l’incarne et sa propre personne, nous avons estimé qu’il fallait envoyer une délégation dans l’optique de lui demander humblement un report de cette audience en lui expliquant les motivations, ce qu’il a accepté avec beaucoup de volonté. Dès que ce mémorandum sera prêt, nous solliciterons une audience pour aller le rencontrer pour lui donner officiellement ce document. 

La Coordination de l’opposition Extra-parlementaire vient d’adresser un courrier à l’opposition républicaine, suspendant toute ses activités avec elle. Qu’en est-il ?

Merci beaucoup, j’ai déjà communiqué largement sur cette question sur les medias. C’est clair, nous avons des incompréhensions fonctionnelles à l’intérieur de la structure de l’opposition républicaine. Nous avons estimé qu’il serait important qu’on ait un cadre formel de travail qui va définir les règles, les méthodologies  et les objectifs. Pour cela, nous avons demandé  à plusieurs reprises que ce cadre soit mis en place. Comme le retard se consommait, pour cela, nous avons fait une mise en garde à l’endroit de nos pairs que si ce cadre de travail n’est pas mis en place, il nous serait difficile de continuer à travailler de façon informelle parce que cela ne contribue pas à l’efficacité et à la dynamique collective que nous avons. Donc, puisque ce cadre n’est pas en place, nous avons décidé de suspendre nos participations au sein de l’opposition républicaine, jusqu’à ce que ce cadre soit mis en place. Dès qu’il sera mis en place, la suspension sera levée. 

Ces derniers temps, vous êtes régulier à la primature. C’est pourquoi, certains observateurs soupçonnent le leader de l’UNR de courir derrière un poste de ministre. Qu’en est-il ?

Ecoutez ! Je vais souvent dans les milieux ou dans l’environnement de la présidence  parce que j’ai des amis d’enfance qui occupent de hautes fonctions dans le gouvernement actuel. Mais, cela n’influence rien dans nos relations personnelles. Je vais souvent à la présidence pour  rencontrer le ministre Kiridi qui est un ami d’enfance, que je vois régulièrement  chez moi, chez lui et même à mon cabinet à la Camayenne ou à son bureau, chaque fois que l’opportunité se présente. Il ne faut pas oublier que je suis guinéen, je suis appelé à aller partout.  Me voyant à la présidence, je ne vois pas de problème. On peut me voir à la primature, même à l’Assemblée Nationale, alors que je ne suis pas député. On peut aussi me voir dans les états major différents des partis politiques, il  n’y aura pas d’interprétations majeures à faire. Cela prouve que j’ai des amis partout et, que je cultive, je maintiens des relations extrêmement fortes avec ces amis là. Et  j’irai les voir partout, ils sont  partout, ils auront  besoin de moi. 

Certaines personnes  auraient affirmé  que le capitaine Dadis a été trompé par son entourage dont vous faites partie. Que répondez-vous ?

Laissez les gens s’exprimer, qu’ils disent ce qu’ils veulent. Je ne sais pas par quel moyen, j’ai pu tromper Dadis. Dadis est mon ami, nous avons milité ensemble pour une même vision que nous avions partagée dans le cadre de la vie sociopolitique de la Guinée. Malheureusement, ce qui est arrivé, est arrivé, je le considère comme étant le fait du destin. Dadis est mon ami d’hier, il est mon ami d’aujourd’hui et il reste mon ami de demain. A partir du moment où les gens ne connaissent pas ou ne perçoivent pas,  quelle est  la valeur de l’amitié ? On peut spéculer sur ce qu’on veut parce que les gens ici sont libres. Je n’ai rien à me reprocher. J’ai fait ce que je pouvais faire et je continue à faire ce que je peux pour consolider cette amitié et la démontrer autant de fois possible à n’importe qui.

Est-ce que votre parti sera prêt à affronter la présidentielle en 2015 ? 

Ecoutez ! Peut-être que nous n’avons pas eu la chance aux élections législatives. Vous savez que l’objectif principal d’un parti politique, c’est de concourir à assumer des responsabilités au plus haut niveau en apportant des critiques positives et des propositions susceptibles de changer la donne sur le terrain en fonction de ses visions pour améliorer la bonne gouvernance. Donc, sachez que le parti UNR est très jeune, nous sommes en construction. Par ailleurs sans oublier de vous dire que nous  appartenons à une organisation qu’on appelle la Coordination de l’Opposition Extra-parlementaire (COEP). Au sein de cette structure, nous sommes en train de réfléchir aux stratégies que nous devons mettre en place. En fonction de ce que nous allons arrêter, vous serez  informés de la ligne et de la direction qu’on doit prendre par rapport à la présidentielle de 2015. Donc, il n’y a pas de spéculations ou de commentaires majeurs à faire sur ça. 

Votre mot de fin…

Je vous remercie de me donner toujours l’opportunité de m’exprimer dans votre canard. Je profite de cette occasion de faire un gros BIG-UP à vos lecteurs et à tous nos compatriotes. Et, je demande aux uns et aux autres d’œuvrer pour la consolidation de la paix et l’unité du pays.

                                                                                      In L’Indépendant, partenaire de guinee7.com

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