Lors de l’assemblée générale du principal parti de l’opposition, l’UFDG, ce samedi 8 décembre, le président Cellou Dalein Diallo, lors de son allocution, s’est exprimé sur plusieurs sujets parmi lesquels figurait la crise qui sévit dans le secteur éducatif guinéen, où il a fustigé le comportement du gouvernement.

Au préalable, il a appelé une minute de silence et demandé aux sages de bénir pour l’âme des victimes des deux accidents qui se déroulés récemment à l’intérieur du pays, pour lequel sujet, il a lancé des messages de cohésion : « Autour de la mort, les Guinéens doivent se réconcilier. La haine et la violence utilisées par le clan d’Alpha Condé doivent être ignorées, lorsqu’il y a un malheur qui frappe notre pays. Notre appartenance à cette Guinée doit primer sur notre appartenance à un quelconque parti politique. C’est pourquoi l’UFDG continue de se battre pour le droit du citoyen guinéen, quel que soit le parti politique dans lequel il milite, qu’il milite dans le parti adverse, dans le parti d’une autre sensibilité, c’est un frère… La nation est au-dessus des partis ».

En venant au vif du sujet, il estime qu’« aujourd’hui, nous sommes tous peinés, nos enfants ne vont pas à l’école, on risque d’avoir une année blanche. Nous sommes en fin décembre, bientôt fin décembre. Si le trimestre est consommé, selon la norme internationale, on doute décréter l’année blanche. C’est triste pour la Guinée. Vous savez déjà que notre système éducatif est malade, par la qualité des infrastructures, la qualité de l’enseignement, le niveau des maitres. Nous avons beaucoup de défis à relever pour faire de notre système éducatif, un système éducatif performant, que les jeunes de Guinée bénéficient d’un enseignement de qualité, pour qu’ils puissent compétir à rang égal, avec les Sénégalais, les Philippins (…) C’est notre ambition ; c’est pourquoi à l’UFDG, nous avons fait du système éducatif notre priorité, dans notre projet de société. Il n’y a pas de rigueur, les nominations des postes de gestion et d’encadrement sont réservés à des gens qui appartiennent au RPG et même s’ils n’ont pas les compétences ».

« Au terme de l’année 2016, 2014, il y a eu seulement 27% d’admis au baccalauréat, où sont les 73% ? Certains sont au fond de la mer, dans la Méditerranée, parce qu’il n’y avait plus aucune perspective pour eux dans le pays, certains sont au chômage dans les rues, désœuvrés, parce qu’il n’y a rien devant eux (…) On n’a pas cherché de solutions, l’arrogance du Premier ministre, dans la presse : “On ne négocie pas”. Non ! C’est lui qui est en charge de l’éducation des enfants : “Viens, on va négocier, parce que je ne veux pas que les enfants soient dans la rue, voilà ce que je peux faire, voilà ce que je ne peux pas faire ; ces enfants, ce sont tes frères, tes enfants”. On doit sensibiliser et obtenir le retour des enfants à l’école, mais le gouvernement est arrogant. Il a frustré les SLECG par ses propos, par ses attitudes : “On ne négocie pas, c’est impossible ce que vous demandez, et faites ce que vous voulez, on va réprimer”. Non ! Celui à qui vous avez confié l’éducation de votre enfant, vous devez l’écouter, le comprendre, le sensibiliser, parce qu’on ne peut pas sacrifier l’éducation de nos enfants. Ils ont choisi l’arrogance, la répression et voilà qu’on court vers une année blanche pour les jeunes de Guinée, c’est inacceptable, c’est de l’irresponsabilité. Alors qu’ils sont en train d’accumuler des fortunes, par la corruption, des marchés de gré à gré, ils laissent les enfants des écoles publiques. C’est inacceptable », déclare-t-il.

Par ailleurs, Cellou Dalein ajoute : « Je voudrais exprimer en votre nom, notre solidarité avec notre peuple, les parents d’élèves qui n’ont plus de recours. Et condamner l’arrogance du gouvernement, qui refuse de dialoguer dans le respect du SLECG. Je suis sûr que si ces gens avaient eu le respect, la considération dont ils ont besoin humainement, on aurait trouvé des solutions. Mais lorsqu’on vous insulte, on est en arrogant, on vous renvoie, naturellement vous pouvez avoir des réactions, vous pouvez vous radicalise ».

Enfin, il déclare : « Nous invitons le gouvernement à se raviser, à revoir son attitude, l’enjeu est plus important que l’amour-propre d’un Premier ministre ou d’un président de la République ; c’est l’éducation des enfants de la Guinée, c’est la Guinée de demain. On ne doit pas avoir d’états d’âme, on doit faire preuve d’humilité et appeler à un dialogue responsable, faire ce qu’on peut et sensibiliser sur ce qu’on peut faire pour que nos enfants reprennent le chemin de l’école ».

Abdou Lory Sylla pour Guinee7.com

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