Le premier vice-président de l’Union des forces du changement (UFC), s’est prêté aux questions de notre reporter au lendemain  du scrutin du 04 février dernier, occasion dont il a profité  pour  dénoncer les  les violences postélectorales  et les conditions dans lesquelles  s’est tenue ce vote.

Monsieur le vice-président, quels sont vos sentiments après le déroulement de ces  élections communales du 04 février?

Kaly BAH : Merci de l’opportunité que vous m’offrez de m’exprimer personnellement et le sentiment de l’Union des forces du changement par rapport non seulement à l’organisation et au déroulement de ces élections, ainsi  que  le processus de finalisation, pour dire que les résultats ne sont pas encore terminés. Mais déjà, vous savez l’UFC était prête, bien avant, dès que  la Ceni a annoncé la date des élections le 04 février 2018 pour organiser les élections locales, donc l’UFC s’est préparé fortement à la mesure de nos possibilités. On a présenté les candidats dans d’autres localités du pays. Ici dans la ville de Conakry, nous avons présenté quatre candidats dans les cinq communes de la ville, à savoir  Matam, Kaloum, Dixinn et Ratoma et à l’intérieur du pays. Nous avons Koundara, Tanènè, Tondon, Fria et Friguiagbé, et tous ces candidats étaient mieux choisis à la tête d’une liste qui est bien choisie. Donc on les a présentés. Vous avez vu comment le vote s’est déroulé. La Ceni  a respecté l’engagement de tenir la date,  et le vote s’est déroulé dans le calme. Cependant nous avons quand même déploré les incidents qui ont eu lieu  dans  différentes localités, qui ont occasionné parfois des morts d’hommes. Ce que nous n’avons pas souhaité à l’Union des forces du changement. Nous sommes contre la violence, je crois que de quelque façon que ça soit, parce que la violence engendre toujours la violence et nous avons fait des déclarations pour appeler au calme,  la sérénité et nous avons appelé à la retenue avant de la proclamation des résultats.  Il y a des contentieux  qui ont permis d’emprunter les chemins vers les juridictions compétentes pour les réclamations, parce que nous sommes un pays de droit et les départements qui sont bien différents. Il y a la justice ici, donc la décentralisation, et il faudrait faire recours aux juridictions compétentes pour toute réclamation, et éviter la violence, la violence appelle la violence, parce qu’à ce stade, nous devons tous nous tourner vers le développement du pays.

Peut-on savoir quels sont  résultats obtenus par l’UFC dans les localités où vous avez présenté les têtes de listes pour les élections communales?

C’est la première fois que l’Union des forces du changement présente des candidats, première fois qu’il compétit et aussi participe aux élections, parce que c’est la vocation de l’Union des forces du changement. Nous avons créé un parti, effectivement pour aller aux élections et non seulement les élections locales, ensuite les élections législatives, et plus loin les élections présidentielles. C’est pourquoi nous avons créé l’UFC et c’est la première fois que nous avons présenté les candidats, c’est la première fois qu’on a eu une surprise agréable. On a présenté ces candidats dont je vous ai cité tout à l’heure. Nous avons eu des conseillers au niveau de la quasi-totalité des localités où nous avons présenté des listes. 2  conseillers à Tanènè, 1 conseiller à Koundara, 1 conseiller à Tondon, Friguiagbé, et à Conakry nous avons eu trois conseillers sur quatre candidats présentés. Nous avons eu un conseil à Ratoma, à Dixinn et Matam. Seulement que c’est dans la commune de Kaloum et Fria qu’on n’a pas eu de conseiller. Donc ce sont les acquis, je crois que c’est la première fois que l’Union des forces du changement présente des candidats à une élection en Guinée, depuis sa création. Donc cela veut dire que c’est un parti en pleine force, cela veut dire que nous avons rivalisé avec des grands partis implantés via dans la république de Guinée, et aujourd’hui nous dirions que l’UFC compte parmi ces grands partis sur l’échiquier politique national, et l’Union des forces du changement compte maintenant dans le paysage géopolitique guinéen.

Votre jugement sur la situation de crise postélectorale, beaucoup de leaders crient à la fraude massive de part de d’autre, et au niveau de votre formation politique, qu’en dites-vous?

La situation n’est pas de crier très tôt, de crier à une fraude, à des manipulations,  tant que les résultats ne sont pas définitivement prononcés par la Ceni. Nous attendons que les résultats définitifs soient prononcés pour que nous,  nous donnions notre point de vue par rapport à la situation qui a prévalu lors du vote. Pour le moment, je pense que pour un pays avec une démocratie fragile, nous devons tous faire preuve de discernement et adopter les statuts de sérénité pour ne pas entraîner autre chose, vous savez être leader c’est très difficile. Donc ayant cette responsabilité, il faut faire vouloir la sagesse, la retenue, la mesure, cela veut dire qu’il faut plutôt donner des conseils dans le sens de préserver la paix, c’est plus important parce que, lorsqu’il n’y a pas de paix, personne ne peut tirer profit dans un pays comme le nôtre, aujourd’hui donc nous, nous pouvions dire tout un chacun doit attendre avec sérénité, avec  calme, jusqu’à ce que ces résultats soient définitivement prononcés par la Ceni. En ce moment on peut réagir, mais réagir de façon juridique pas dans la rue, pas dans la violence qui ne paie pas, c’est comme je vous avais dit la violence appelle la violence. Quand y a la violence, il y a toujours eu des morts d’homme. Et c’est ce qui est déplorable dans notre pays. Un Guinéen de perdu c’est un million de Guinéens de perdus, parce qu’on ne sait pas ce que ce Guinéen pourrait faire  dans l’avenir pour le pays, sa contribution. Qu’est-ce que ça pourrait rapporter au pays dans son développement dans l’avenir. Donc un Guinéen de perdu, c’est des millions de Guinéens qui sont perdus pour nous, c’est pourquoi nous demandons que tout le monde soit calme, que tout le monde attende la Ceni qui doit prononcer les résultats vers la fin du processus, quand bien même je voudrais vous dire que nous nous avons toujours dénoncé l’incompétence, l’incapacité de la Ceni à organiser  une élection crédible et transparente, calme et acceptée de tous et par tous les partis politiques. Et c’est pourquoi nous ne cesserons de dénoncer l’incompétence de la ceni, et c’est pourquoi nous devons dire dès maintenant que l’accord du 12 octobre doit être respecté, doit être appliqué, cette Ceni en face de nous doit être recomposée et réorganisée. Ce fichier en face de nous doit être encore auditée une fois de plus très rapidement, dès la sortie de ces élections, dès après que ces résultats, tous les résultats soient prononcés, et que tous les conseillers soient mis en place, et en ce moment on doit se tourner vers la Ceni. On doit se tourner vers le fichier, c’est d’ailleurs un appel que je lance à tous les partis politiques d’opposition pour qu’ils se mobilisent, pour que cela cesse, parce qu’une mauvaise Ceni est synonyme de violence, une mauvaise Ceni est synonyme de perturbation, une mauvaise Ceni est synonyme de désordre dans une démocratie aussi jeune que la nôtre.

Un mot sur la crise que nos écoles traversent en ce moment?

Moi j’ai pour crédo la préservation de la paix, rien que la paix, vu aujourd’hui qu’il y a des élèves qui ne se rendent pas à l’école par peur de subir des violences en cours de route où même à l’intérieur de leurs établissements.

A mon avis il y a  deux choses, le gouvernement devrait réagir de façon à regrouper les syndicats et à ne pas accepter cette dualité syndicale préjudiciable à nos activités. A mon avis le gouvernement devrait œuvrer à rassembler les syndicats, ne pas accepter une tranche par rapport à l’autre, parce que quoi qu’on dise Aboubacar SOUMAH a la base derrière lui, ou dit-on une certaine base que vous avez remarquée lorsque qu’il a lancé le mot d’ordre de grève. Bien que ce n’est pas globalement suivi, mais c’est partiellement suivi et c’est ce qui compte, une partie des éducateurs, une partie des membres du slecg suivent effectivement Aboubacar SOUMAH, une autre partie suit peut-être l’autre syndicat et cette frange qui se dit plus « légaliste », parce que la légalisation est lorsque la légitimité est là et la légitimité se donne par la majorité. Donc de ce point de vue à mon avis, le gouvernement au lieu de dire que nous écoutons telle frange parce que c’est la frange légale, nous n’écoutons pas telle frange parce que c’est la frange illégale. Le gouvernement devrait œuvrer pour l’unité syndicale, à l’unité des deux syndicats pour qu’il trouve une plateforme d’attente au bénéfice des Guinéens tout entier. Donc c’est important, parce que cette division-là ne profite ni à Paul et ni à Pierre, plutôt cette division crée des problèmes à la division syndicale, non seulement au niveau du syndicat mais cette division créée au niveau de la population, donc c’est un problème social qu’il faut régler avec beaucoup plus de sérénité, avec beaucoup plus de finesse, d’intelligence.

Pour finir le vice-président a au nom de son président, honorable Aboubacar Sylla  remercié les militants et sympathisants de l’Union des forces du changement,  à la base qui se sont mobilisés lors du vote. Raison pour laquelle nous avons eu des conseillers dans les différentes localités où nous avons présentés des listes. Je demande d’avantage aux différentes fédérations de l’Union des forces du changement de se remobiliser, d’être vigilantes et de rester à l’écoute de la direction du parti. Parce qu’aujourd’hui nous avons à l’horizon les élections législatives. Déjà nous avons un résultat d’élection communale, nous devons nous mobiliser d’avantage encore afin que nous ayons beaucoup plus de résultats aux élections législatives. Puis nous apprêter pour les élections présidentielles de 2020.

Entretien réalisé par Jean Tiby SANGARÉ (L’Indépendant)

Print Friendly, PDF & Email
Pub Appli guinee7 Long

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here