Son nom ? Mohamed Arafan Cissoko. Titulaire d’un Diplôme d’Etudes Approfondies (DEA) et d’un Doctorat en Sociologie (université de Nantes). Il est aujourd’hui chef de projet de développement au sein de la fédération Handicap International. « Par la grâce, selon lui, de Dieu, la baraka des parents, des enseignants, le soutien des proches et mon engagement sans relâche.» Du nord du Niger, où il opère actuellement, Guinee7.com l’a joint pour parler de lui, de ses activités, de la Guinée. Interview.

Pour celui qui vous connaît, aidez les autres est comme une vocation pour vous. Est-ce pour ça vous avez intégré Handicap International ?

C’est depuis longtemps, je me suis intéressé à ce domaine. Parallèlement à mes études je me suis investi depuis 20 ans dans les associations d’intérêt général, de solidarité internationale et ONG de développement coopération décentralisée en Guinée puis en France. Par la grâce de Dieu, la baraka des parents et des enseignants, le soutien des proches et mon engagement sans relâche, ces expériences me valent aujourd’hui d’être chef de projet de développement au sein de la fédération Handicap International.

C’est quoi Handicap International ?

Handicap International, est un réseau de huit associations nationales en Allemagne, Belgique, Canada, France, Luxembourg, Suisse, Royaume-Uni, USA. Présente dans près de 60 pays au monde, cette ONG agit à travers des projets et milite à travers une action politique, pour la restauration des capacités d’agir des personnes en situation de handicap par l’amélioration des conditions de vie et une plus grande participation sociale.

Que faites-vous dans cette grosse ONG ?

Par mes attributions, j’assure la mise en œuvre des activités, à ce titre ma responsabilité s’exerce sur l’ensemble des ressources humaines, matérielles et financières du projet. Je contribue à la définition des stratégies d’intervention. Je garantis le cadre technique du projet pour répondre aux véritables besoins des populations bénéficiaires. Je garantis la mobilisation financière pour la continuité des actions. Je favorise la pérennité des actions par une collaboration avec les populations bénéficiaires. Enfin, j’assure la communication avec les bailleurs, les partenaires et Handicap International.

Comment vous vous organisez pour réussir vos tâches ?

Je dispose d’outils de gestion qui me permettent une meilleure planification des activités, une répartition optimale des tâches au sein de l’équipe, et un suivi périodique en vue des appréciations et recommandations nécessaires. A cela s’ajoute la garantie d’un bon climat social de travail respectueux des principes et de l’éthique pour que chacun trouve sa place et apporte sa plus value au sein de l’équipe.

Le Niger n’est pas votre premier poste, vous étiez d’abord au Burundi…

Oui, au Burundi, je retiens le soutien et la protection apportés à 12 000 réfugiés urbains congolais. Les femmes victimes de violence, les orphelins, les personnes âgées, les malades chroniques, les personnes atteintes du VIH ont souvent retrouvé le sourire dans nos bureaux en recevant les aides alimentaires, médicales et financières. Les enfants ont retrouvé le chemin de l’école. Les associations et groupements ont bénéficié de renforcement de capacités pour redynamiser le tissu social affecté par les conflits armés. Les activités génératrices de revenus ont été soutenues en vue de permettre aux réfugiés de gagner dignement leur vie.

Et au Niger ?

Au Nord Niger, nous contribuons à la sécurité des populations. Plus de 50 000 personnes bénéficient de nos activités de prévention des accidents par mines anti chars posées suite au conflit armé de 2007.

Ça vous dit quoi d’être d’origine guinéenne et travailler à un niveau élevé dans une ONG internationale ?

Je suis très heureux qu’un fils de Guinée contribue à ces missions humanitaires. Partout, on est présenté en tant que Guinéen, alors on se sent comme un ambassadeur en ces endroits où le pays est mal connu. Par le travail accompli, on donne une image positive de soi-même, de son pays tout en augmentant les chances futures pour d’autres Guinéens.

Que pensez-vous de l’actualité politique guinéenne ?

L’histoire politique de notre pays nous donne la fierté d’être Guinéen. Nous avons été l’un des premiers peuples d’Afrique à comprendre les exigences et l’intérêt de la reconquête de notre liberté et de notre auto détermination. Cette histoire glorieuse ne doit pas exister que dans les livres d’histoire, dans la mémoire des hommes ou dans l’oralité. Elle doit servir de guide à nos femme et homme politiques actuels afin de se mettre au dessus des considérations subjectives et destructrices de notre unité nationale, pour enfin privilégier l’aspiration légitime des populations au bonheur. Je fonde l’espoir et le rêve de voir disparaitre dans la vie politique guinéenne, le régionalisme, le tribalisme, l’ethnocentrisme, la haine de l’adversaire, la peur du débat contradictoire. Car ceux-ci sont des ingrédients pour des crises aux conséquences imprévisibles. Et qui sont de nature à retarder d’avantage le pays. Les femmes et hommes politiques guinéens doivent avoir l’imagination et la vision pour une Guinée moderne, sûre et paisible, une Guinée qui travaille, rejette la médiocrité et l’affairisme. Pour l’intérêt majeur du pays, le pouvoir devra être unificateur et l’opposition conciliatrice. Il ne devrait pas y avoir de place aux extrêmes, nous sommes au siècle des négociations et des compromis.

Pensez-vous que la Guinée est sur la bonne voie de développement ?

Oui je pense que la Guinée a entamé un tournant historique qui ouvre les perspectives d’un développement. Le peuple s’éveille sans cesse, la classe politique sent les contraintes des revendications populaires et leurs conséquences face à une surdité des dirigeants. Il y a une volonté politique de développement, mais il faudra un peu de patience. En effet, tous les secteurs demandent des interventions d’urgence. Les actions à impact immédiat s’imposent pour répondre aux besoins de premières nécessités tels que se nourrir, se loger dignement, s’habiller décemment, l’éducation, la santé, le transport, l’accès à l’électricité, à l’eau potable et l’assainissement, par exemple. De même que réunir les communautés, favoriser le dialogue, prévenir et gérer les conflits ethniques. Mais aussi, il convient dès à présent de faire les réformes structurelles pour donner à l’ensemble des secteurs, des fondements qui soutiennent un développement durable. Il s’agit de faire un état des lieux de tous les secteurs socio-économiques, politiques et culturels en vue de mettre en place un ensemble de structures organisationnelles et juridiques, appropriées, adaptées, accessibles ; pour une meilleure mobilisation, administration et gestion de l’ensemble des ressources humaines, du sol, du sous sol, financières, maritimes… Il convient d’attirer les investisseurs et d’encadrer les investissements.

Quels sont vos projets ?

Je pense que la Guinée attend des Guinéennes et Guinéens, tel qu’une mère attend de ses enfants. En terme clair, je compte contribuer au développement et à la renaissance de la Guinée nouvelle, encrée dans ses valeurs et les repères socioculturels et en phase avec le continent africain et ouvert au monde. Dans cette perspective, je compte partager mes expériences avec les différentes couches sociales en vue de proposer des solutions à certains problèmes sociaux. Je compte animer un groupe de réflexion pour la mise en place d’un système social qui garantit une meilleure répartition des richesses nationales et prévient les crises sociales incontrôlées et aux conséquences imprévisibles. Je compte m’investir effectivement pour la construction sociale et économique du pays, comme par le passé. C’est-à-dire, en soutenant la conception de projets et la réalisation concrète des actions dans les domaines de la santé, de l’éducation et du secteur économique, par exemple. Dieu bénisse la Guinée et toutes les autres nations. Amen!

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