Les membres du gouvernement

Le lundi  7 mars dernier, au sortir d’une plénière, l’opposition a réitéré son intention de battre le pavé, au cas où le gouvernement ne procéderait pas à une réduction du prix du carburant à la pompe, d’ici le 20 mars. A l’allure où vont les choses, une nouvelle épreuve de force avec le pouvoir est inévitable, quand on sait que rien ne semble entamer la détermination du gouvernement dans son refus d’accéder à cette requête, portant sur la baisse du prix des produits pétroliers à la pompe.

L’opposition est en train de peaufiner sa stratégie, dans la perspective des joutes électorales à venir. C’est ainsi que le lundi dernier, Cellou Dalein Diallo a reçu ses pairs au siège de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), situé dans la commune de Ratoma. Lors de cette rencontre,  divers sujets ont été abordés, dont  l’élaboration d’une charte de l’opposition, la question de la refonte de la CENI, ainsi que la baisse du prix du carburant.

Au sortir de cette plénière, Aboubacar Sylla, porte-parole de l’opposition, a fait un compte rendu à la presse, dans lequel, il a expliqué que  la charte de l’opposition est un document qui définit les conditions dans lesquelles l’opposition républicaine va fonctionner dorénavant, avec  quelques règles et quelques contraintes  aux quelles seront soumis effectivement les partis politiques qui vont être membres de cette opposition. « Nous avons identifié les organes de cette opposition, il s’agit du collège des leaders, il s’agit de trois commissions, une commission de réflexion stratégique, une commission d’organisation des manifestations et de toutes les activités de cette opposition, et une cellule de communication. Nous avons également défini les instances. L’instance essentielle c’est la plénière de l’opposition républicaine qui est tenue par le collège des leaders de l’opposition. Et nous avons défini les conditions dans lesquelles on peut entrer dans l’opposition républicaine, et les conditions dans lesquelles également on peut à sortir », a indiqué Aboubacar Sylla. Qui a ajouté ensuite « qu’au niveau toujours de cette charte, nous avons demandé à ce que tous les partis politiques de l’opposition républicaine face preuve les uns vis-à-vis des autres du respect, de  tolérance, de solidarité, de manière à solidifier encore davantage cette entité politique et la rendre beaucoup plus cohérente. Donc il s’agit d’un document qui va être signé incessamment et qui va être mis entièrement à votre disposition pour que vous en fassiez  connaître l’opinion nationale et internationale », a souligné le porte-parole de l’opposition.

Abordant la question relative à l’institution en charge d’organiser les élections, l’opposition campe sur sa position.  Elle continue de demander la restructuration totale de la CENI actuelle qu’elle qualifie de partiale.

« Nous exigeons que la CENI soit reformée. La CENI actuelle qui est une CENI qui n’est pas crédible, qui n’est pas compétente qui n’est pas impartiale, n’est pas capable d’organiser des élections transparentes aux résultats acceptables par tous. Nous exigeons aussi que le fichier électoral soit effectivement révisé, qu’on le consolide parce que le fichier actuel est un fichier taillé sur mesure. Il est taillé pour faire systématiquement la victoire du parti au pouvoir ou de son candidat à toutes les élections en Guinée. Donc nous refusons cette situation de fait accompli. Il ya aussi l’organisation à date des élections  en Guinée. Nous ne sommes  plus pour ces élections qui sont indéfiniment reportées et qui ne sont organisées que lorsque la mouvance présidentielle est prête pour le système de fraude qu’elle met généralement en place à l’occasion de tous ces scrutins. Nous exigeons que ces élections se tiennent à date et en particulier les élections communales dont le calendrier est réglé par les accords du 20 août 2015, en particulier pour ce cas précis au mois de juin 2016 », a averti l’opposant.

Quant au carburant à la pompe, l’opposition menace de reprendre les manifestations de rue, si jusqu’au 20 mars prochain, le prix n’était pas revu à la baisse. « Nous avons depuis très longtemps appelé le gouvernement à accepter cette baisse du prix du carburant, en se mettant dans sa propre logique déclarée, à savoir la flexibilité des prix des hydrocarbures. Nous savons au regard de la structure des prix du carburant, nous savons qu’il ya une marge confortable pour le gouvernement pour opérer cette baisse pour autant que le gouvernement veille bien faire un minimum d’austérité budgétaire au niveau du train de vie de l’Etat, au niveau de certains contribuables, qui ne sont jamais taxés, au niveau des niches fiscales, au  niveau des marchés gré à gré, au niveau de ces sorties intempestives de ressources financières. Il est parfaitement possible, et le gouvernement a la marge nécessaire pour baisser de façon substantielle  le prix du carburant », a tempêté Sylla.

Et le président de l’UFC de prévenir : « si cela n’était pas fait dans un délai que nous avions fixé au plus tard  au 20 mars prochain, c’est à dire si au plus tard le 20 mars prochain cette baisse n’intervenait pas, l’opposition républicaine serait donc fondée à appeler le peuple de Guinée à s’associer à elle pour manifester publiquement dans toute la République de Guinée en faveur de cette baisse.»  Ce compte rendu du porte-parole de l’opposition démontre la détermination de ces leaders politiques, à ne pas baisser la garde face au pouvoir, ce malgré le fiasco électoral qu’elle a subi lors de la présidentielle de 2015.

Amadou Sadjo Diallo in L’Indépendant, partenaire de guinee7.com

 

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