Les jeunes frondeurs du parti au pouvoir maintiennent leur position, et mettent la pression sur le président de la République afin qu’il se penche sur leurs revendications. Contrarié par cette fronde, Alpha Condé entend se rabattre sur la coordination des sages du Manding, pour ramener ses militants à la raison.

Au moment où nous allions sous presse, des pourparlers avaient été engagés avec la bande des frondeurs du RPG-arc-en-ciel, en vue d’un dénouement de la crise qui secoue le parti au pouvoir depuis une dizaine de jours. Une crise née de la désaffection de la base à l’égard de la  direction du parti, incarnée par le président Alpha Condé. C’est le sentiment d’abandon au profit de militants de la 25ème heure qui se voient eux, récompensés, qui animeraient ces frondeurs. D’ailleurs Aboubacar Sidiki Camara, membre du collectif des jeunes cadres pour « la sauvegarde des acquis du RPG-Arc-en-ciel », dit à qui veut l’entendre qu’il n’est pas question que ‘’leurs bourreaux d’hier viennent occuper le devant de la scène au sein du gouvernement.’’ Allusion faite sans doute à la nomination de Bouréma Condé et Makalé Camara, respectivement ministres de l’Administration du territoire et de la décentralisation, et ministre des Affaires étrangères et des Guinéens de l’étranger. Pour ne citer que ces deux cadres, qui symbolisent à eux seuls, la « haine » à l’égard des membres du RPG. Car sous la deuxième république, ils nourrissaient une haine viscérale à l’endroit du leader Alpha Condé et ses militants. Ceux-ci faisaient fréquemment l’objet d’attaques physiques par les nervis du régime, qui s’en prenaient à eux pour leurs opinions. Voir aujourd’hui qu’on déroule le tapis  rouge à ces ‘’bourreaux’’ d’hier dans les hautes sphères de la république, est perçu donc comme de l’injustice voire de l’injure à l’endroit des militants de la première heure du RPG. Eux qui disent avoir souffert le martyre. Même s’il faut rappeler que ces jeunes qui s’agitent aujourd’hui n’ont qu’une vague réminiscence de ces événements qui se sont produits dans les années 90, notamment. C’est en ressassant leurs frustrations que ces militants ont tenu à se faire entendre, à travers cette fronde qui risque de porter un coup au RPG-arc-en-ciel. Elle pourrait surtout susciter la psychose chez ceux qui sont venus apporter du sang neuf au parti, dans le cadre de l’ouverture opérée par le chef de l’Etat. Car, c’est un secret de polichinelle de dire que le président doit son passage en force électorale en 2010, à ces alliés, qui l’avaient choisi au détriment de son challenger de l’époque, Cellou Dalein Diallo. Il va donc falloir faire attention, au niveau du parti au pouvoir, car une formation politique doit s’ouvrir, au risque de mourir.

Les frondeurs réclament des postes de décision eux aussi, se disant capables d’être à la hauteur. Ils exigent le principe de contradiction au sein du parti. Car le RPG-Arc-en-ciel serait géré de façon « despotique. »  Ils tiennent surtout à la tenue  du congrès du parti, afin de mettre en place des instances dirigeantes qui soient légitimes.

Dans ce bras de fer qui a éclaté au lendemain de la nomination du gouvernement, le chef de l’Etat aurait eu recours à la médiation des sages du manding, afin qu’ils puissent ramener les frondeurs à la raison.

Aux dernières nouvelles, un mémorandum a été produit par le collectif des frondeurs à l’attention du président.

Mamady Kéita in L’Indépendant, partenaire de guinee7.com

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