S’il y a un événement qui a grandement défrayé la chronique  dans la cité ces derniers jours, c’est bien l’entrée en politique du capitaine Moussa Dadis Camara, ex- chef de la junte qui avait pris le pouvoir à Conakry suite au décès du général – président Lansana  Conté, décès survenu en décembre 2008. L’homme vit en exil à Ouagadougou (Burkina Faso) depuis cinq ans après la tentative d’assassinat   sur sa personne perpétrée alors par son aide de camp Aboubacar « Toumba » Diakité.

J’écoute attentivement les hypothèses émises par les uns et les autres pour éluder cet événement et je fais miennes celles qui me paraissent plus logiques. Je m’interroge personnellement sur trois ou quatre points sur la  base desquels je peux dégager la logique qui me permet d’affirmer que Dadis n’est pas un citoyen présidentiable.

-Qui est l’homme ? Le capitaine Moussa Dadis Camara est un parfait inconnu avant qu’il surgisse à la tête de la junte qui a en quelque sorte ramassé le pouvoir à la mort du général Lansana Conté longtemps grabataire. Un an avait suffi pour connaître quel genre d’homme est Dadis ? Un jeune capitaine exalté, inculte, sans aucune expérience politique, mais qui se découvrira subitement un destin de sauveur, de messie pour la Guinée. Sa grande soif  pour le pouvoir a heureusement été stoppée par ceux qu’il considérait ses meilleurs amis.

-Le massacre du 28 septembre 2009 – Ce drame national qui a coûté la vie à  plus de 150 de nos concitoyens est encore pendant à la justice. Ce serait utopique de voir Dadis se tirer à si bon compte de cette affaire lui qui était aux commandes de la Guinée au moment des faits.

– L’électorat forestier – Cet électorat n’est pas différent des autres électorats du pays, il n’est pas mû par une analyse critique des faits mais uniquement par le sentiment : « Dadis est notre fils, nous tenons à ce qu’il revienne en Guinée, nous allons voter pour lui à la présidentielle. »

-Y a t-il un deal entre Alpha Condé et Dadis ? Difficile de répondre par oui ou par non, mais au cas où cela finissait par se justifier, Dadis aurait aux yeux de ses propres parents signé un mauvais pacte.  Vu que le pouvoir actuel est soupçonné   à tort ou à raison d’avoir causé tant de torts à la région forestière par le biais des affrontements tribaux.

Au regard de toutes ces interrogations, la candidature de Moussa Dadis Camara à la présidentielle de 2015 paraît peu probable. En réalité il peut juste travailler pour un camp au détriment de l’autre, mais il n’a absolument rien d’un homme présidentiable.

                                                                                                 O.TIERO (Le Démocrate)

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