Aujourd’hui, 3 mai, l’humanité célèbre la journée mondiale de la liberté de la presse. L’occasion pour nous de revenir sur une autre facette de l’affaire Mohamed Koula Diallo, journaliste de guinee7.com, assassiné le 5 février 2016, au siège de l’UFDG, principal parti de l’opposition guinéenne, pendant qu’il couvrait des affrontements internes entre partisans de Cellou Dalein Diallo, président du parti et ceux de Bah Oury, fondateur du parti.

En janvier dernier, une parodie de justice a été rendue : les principaux accusés ont été acquittés et le chargé de communication du parti, en fuite, a été condamné. Suite à un arrangement politique ? Est-on tenté de croire. Mais passons…

Et revenons à un pan de cette histoire intrigante : sa ‘‘couverture’’ par les ONG de défense des droits de l’homme et de la liberté de presse.

Pour rappel, nous avons dès le lendemain de l’assassinat du journaliste, interpellé Abdoul Gadiry Diallo, responsable de l’OGDH (Organisation guinéenne des droits de l’homme). Nous demandions un communiqué condamnant l’acte et une aide pour intenter un procès. ‘‘Ce n’est pas maintenant qu’il faut agir. Ce n’est pas dans nos habitudes. C’est quand nous constatons que l’Etat ne fait rien pour trouver les coupables que nous allons agir. Mais l’OGDH a des avocats qu’elle mettra gratuitement à votre disposition pour un procès’’, nous a rassuré M. Diallo.

La suite ? Motus et bouche cousue de la première ONG de défense des droits de l’homme en Guinée.

Quid de Amnesty international qui a été si prompt à condamner ‘‘les attaques contre les médias en Guinée’’, en mars dernier ?

Y a-t-il une raison particulière au silence de Amnesty international face à l’affaire du journaliste Koula Diallo ? C’est la question que nous avons posée à Thierno Souleymane Sow, coordinateur de Amnesty International en Guinée. « Non, il n’y a pas de raison particulière. Vous savez nous sommes Amnesty, mais les recherches sur la Guinée, ce n’est pas nous qui sommes en Guinée. Je vais vous mettre en contact avec notre chercheur sur la Guinée qui sera à mieux de vous répondre, il est basé à Dakar’’, c’est sa réponse.

Ce monsieur basé à Dakar est François Patuel, chercheur sur l’Afrique de l’Ouest à Amnesty International. Nos multiples tentatives de l’avoir au téléphone, dans l’après-midi d’hier ont été vaines. Injoignable.

Quatre jours après son assassinat, RSF (reporters sans frontières), ‘‘organisation leader dans le monde pour la défense et la promotion de la liberté de l’information’’, a fait un ‘‘article’’ sur un ‘‘journaliste tué lors d’un meeting politique’’. Dans cet ‘‘article’’, Clea Kahn-Sriber, responsable du bureau Afrique de RSF déclarait : “Reporters sans frontières déplore la mort de ce journaliste dans l’exercice de ses fonctions’’, avant d’espérer que ‘‘l’enquête aboutira le plus rapidement possible à déterminer les responsabilités dans la mort de ce journaliste”.

L’enquête de près de deux ans a abouti à un jugement qui n’a pas pu déterminer le ou les responsable (s) de la mort du journaliste. Et cela n’émeut pas RSF qui, dans aucun de ses rapports, ne mentionne le cas Koula.

Y-a-t-il une raison particulière ? C’est encore cette question que nous avons posée à Souleymane Diallo, patron du groupe Lynx, représentant de RSF en Guinée.

‘‘RSF ne fait presque pas un communiqué particulier. On avait fait pour Zongo (journaliste burkinabè, NDLR) et certains Latinos. Pourquoi ? Avons-nous insisté. Bon c’est comme ça qu’ils font. Je ne sais pas pourquoi. Il n’y a pas une raison spéciale’’, nous a-t-il répondu, hésitant.

Pour tout dire, le cas Koula Diallo a été traité autrement par les ONG de défense des droits de l’homme habituellement si promptes à dénoncer, condamner, les attaques contre les libertés.

Est-ce que c’est parce que Elhadj Mohamed Koula Diallo a été tué à un mauvais endroit ? C’est toute la question.

Ibrahima S. Traoré pour guinee7.com

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