L’universitaire Dr Morlaye Camara aborde des sujets de préoccupation majeure du moment dans cet entretien qu’il a accordé à notre reporter. Ce sont entre autres  l’épidémie d’Ebola, l’effritement du tissu social, le port du voile intégral…  

Après plus d’une année de lutte contre l’épidémie d’Ebola, la Guinée a encore du mal à contenir cette épidémie. Selon vous est-ce dû aux stratégies employées par la coordination nationale de lutte contre Ebola ou à un problème sociétal?

Dr Morlaye Camara : Merci monsieur TAMONE pour cette question. Vous savez moi en tant qu’observateur de la vie nationale, depuis un certain temps je me suis éclipsé pour encore mieux observer comment la Guinée évolue. Puisque moi, en ma qualité d’enseignant chercheur aucun aspect de la vie de la communauté ne peut m’échapper, tout m’intéresse quelque soit ce qui se passe. Tout m’intéresse, soit de manière active ou de manière passive. Passive ou active, j’ai toujours observé l’homme dans ces actions, ça en ma qualité de sociologue et cet homme une fois qu’il est en confrontation avec une autre communauté. Je l’observe si, j’ai la possibilité, je lui offre des conseils. Ça c’est en qualité de politique et j’ai aussi la possibilité d’écouter les autres et communiquer, me faire accepter et accepter les autres, ça c’est en ma qualité de linguiste. Donc, j’ai la capacité de comprendre les choses d’une manière aussi rapide qu’à un certain moment. Je suis obligé de me taire à un endroit pour ne pas qu’on me prenne pour un dictateur. La question que vous avez posée c’est quelque chose qui roule depuis un certain temps. Mais moi, je n’ai pas voulu m’exprimer là-dessus. Pourquoi, parce que lorsqu’on vous dit qu’il y a une maladie qui est là et que cette maladie est une réelle maladie et votre pays est doté des cadres spécialistes de la santé. Vous avez des infrastructures sanitaires, il y a des institutions internationales de la santé dont votre pays est membre. Moi je crois la meilleure façon d’agir c’est de faire une enquête réelle sur l’originaire de la maladie. Et ça ce n’est pas par n’importe qui, c’est par les professionnels du domaine. Les recommandations que ceux-ci vont vous donner, je crois vous ne pouvez pas aller au-delà de cela. Il faut immédiatement agir conformément à ces conseils. Il y a non seulement le ministère de la Santé, il y a aussi l’OMS et d’autres observateurs des laboratoires indépendants. Mais si jusqu’à maintenant la situation perdure, aujourd’hui on dit c’est fini ici, après on dit on a retrouvé encore tel nombre de cas. Ça c’est un problème de gestion, si la gestion avait été normale, on n’allait pas encore parler d’Ebola aujourd’hui. Bien sûr une maladie ne disparait pas comme elle est venue. Elle peut arriver subitement mais sa disparition peut prendre du temps. Parce qu’avant que vous parvenez à évacuer toutes les sources probables de contagion, ça prendra du temps et surtout s’il n’y a pas de politique encore confirmée pour que cette maladie soit éradiquée. Ça prendra un peu de temps. Là où vous croyez réussir, c’est là-bas où on dit que la maladie est là, donc autour de ce problème d’Ebola. Je crois que les gens ont commis beaucoup d’erreurs, ces erreurs sont non seulement au niveau des acteurs politiques, mais aussi du gouvernement. A cela s’ajoute des spécialistes de la santé. Ils se sont plutôt balancés vers leurs reconnaissances au côté de la politique en activité. Que de prouver leurs compétences en tant que spécialistes de la santé face à la population qui est victime de cette maladie. Et moi ce qui me créé encore des difficultés, je n’ai jamais entendu que cette maladie a pris quelqu’un dans la maison d’un ministre ici ou d’un président ou dans la maison d’un gouverneur ou d’un préfet. C’est toujours des pauvres gens à l’intérieur du pays, je me pose la question pourquoi ceux-ci.

Peut-être que ces derniers n’observent pas des mesures d’hygiène?

Mais quelles mesures d’hygiènes les autres observent plus que ceux-ci. Quand vous prenez les villages par exemple, en saison des pluies, l’eau du marigot les gens ont suffisamment d’eau pour se rendre propre qu’à Conakry. Ici tu peux trouver une dizaine de personnes qui ont au maximum trois à quatre bidons d’eau de 20 litres, chacun pour toute la journée. C’est ce qu’ils utilisent. Alors que là-bas à l’intérieur du pays les gens ont le marigot plein avec quoi, ils peuvent se nettoyer régulièrement. Les moments arrivés, ils ont la possibilité de prévenir la sècheresse. Maintenant comment ceux-là peuvent être  victimes. Maintenant on se pose la question. Est-ce que c’est une gestion qui est orientée vers la réduction des pauvres, on ne sait pas parce que quand on ne peut pas traiter son enfant à domicile. Vous finirez par le chasser, il va se débrouiller ailleurs. Si maintenant l’Etat n’a pas les moyens de s’occuper de cette population de la Guinée qui s’appauvrit chaque instant, ils disent bon on va trouver les moyens pour les éliminer.

Selon vous Dr Camara que faut-il faire maintenant afin de contenir cette épidémie ?

Mon frère, il faut sortir de la gestion politique de cette épidémie. Il faut agir conformément aux recommandations données par les spécialistes, non seulement guinéens mais aussi de l’étranger.

Vous estimez que la gestion est politique ?

Oui la gestion est devenue politique, pourquoi ? Parce qu’il y a des associations qu’on a créées soi-disant pour faire la sensibilisation. Tu vas faire sensibilisation envers un village de 150 habitants on va avec trois kits, les kits on donne à qui ? Aux responsables de districts et même lui dans sa famille ce n’est pas tout le monde qui va l’utiliser. Parce que les objets qui sont là-dans ce sont des objets qui sont plutôt rares, un chef de district qui n’a jamais eu une serviette ou une pâte dentifrice et autre dès qu’il a ça, c’est pour sa personne. Et les autres sont là même si c’est la contamination personne ne peut être épargné. Donc il faudra qu’il sorte cette affaire-là des associations qui cherchent à gérer ça à travers les compétences professionnelles en la matière, avec ça on peut trouver une solution. Le Liberia, la Sierra Leone qui ont tous deux connus des années de guerre. Nous sommes frappés par Ebola en même temps que ceux-ci, quand vous prenez la densité démographique, nous sommes plus dense que ces pays, vous prenez les ressources, les ressources que nous disposons, nous disposons plus que ceux-ci. Mais comment par exemple le Liberia est parvenu à contenir cette épidémie. Et la Guinée jusqu’à présent on a du mal à maîtriser cette épidémie. Vous prenez la préfecture Forécariah une bonne partie des localités de Gbenti sont en quarantaine. C’est une crise qu’on entretient encore dans le pays pourquoi ? Pourquoi on entretient cette crise, c’est la question qui se pose et la réponse à cette question, c’est l’autorité. Parce qu’elle est la seule responsable de la gestion de cette épidémie, elle est l’unique responsable de la gestion de cette crise. Tous les autres qui disent quelque chose ne peuvent que proposer des solutions que certainement eux ils n’ont pas vu. Parce que quand on parle de l’opposition, l’opposition n’est pas que quelque chose qui est là pour détruire. Mais plutôt c’est quelque chose qu’il faut exploiter parce que les cadres du pouvoir peuvent ne pas voir certains problèmes à l’intérieur des quartiers. Ils peuvent voir les solutions à certains problèmes qu’eux-mêmes ont pu découvrir. Cela je crois que c’est une occasion pour ce pouvoir de récupérer les solutions proposées par l’opposition et essayé leur exécution pour sortir le pays de la crise.

Pour bon nombre d’observateurs le Guinéen de ces quatre décennies passées est différent de celui d’aujourd’hui. Aviez-vous constaté cela en tant que sociologue?

Vous savez la vie de l’homme évolue en fonction du temps et les caractéristiques du milieu dans lequel il vit. Donc la conception que les gens ont aujourd’hui de la vie nationale c’est une conception qui n’est pas du tout profitable au développement du pays. Pourquoi parce que chaque communauté va faire son côté et même le côté de là où il va rien n’est sûr qu’en allant vers là-bas, il peut réussir, rien n’est sûr. Pourquoi parce que la balise principale, ce sont des organisations de l’Etat, l’individu vient, il s’appuie sur ses fondements si ces fondements ne sont pas solides, il ne peut rien avoir. Le problème qu’on a encore ici en Guinée, c’est que nous avons confondu la religion et les pratiques traditionnelles. Aujourd’hui même ces religieux ont oublié leurs missions en tant que chargé de diriger le citoyen, chacun dans sa religion vers Dieu, vers le pardon qu’ils vont demander au créateur qu’on soit musulman qu’on soit chrétien ou quoi ? Personne n’agit conformément à sa mission, pourquoi ? Parce que les religions que nous pratiquons aujourd’hui aucune de ces religions n’a sa source dans notre culture tradition et la pratique de la tradition n’a rien  avoir avec les pratiques religieuses pas du tout. On ne peut pas rentrer dans ces détails-là, pour ne pas que nous soyons amenés à créer peut être une situation de mépris à l’égard de certains individus. De toute les façons l‘homme guinéen doit se remettre en cause, nous avons assez de problèmes et les problèmes là sont entretenus à des niveaux très élevés. Donc la population à la base ignorante de son propre état ne peut absolument rien faire, son problème c’est quoi, c’est comment passer la journée d’aujourd’hui pour vivre demain. C’est son problème principal. Ce sont des problèmes qui sont là qui étaient individuels. Maintenant ils sont devenus communautaires, ils sont mêmes communautarisés. Cette situation a amené la population même dans la même maison les gens se font dos, en tenant compte de leur origine social de source ethnique, ou régionale. Et ça ne peut faire avancer le pays. Il faut que les gens comprennent que nul ne peut évoluer avec une seule main. Comme on le dit qu’on ne peut pas se tenir avec une seule jambe, il faut que les gens acceptent de s’approcher, d’accepter et se faire accepter, sinon mon frère quelque soit l’effort qu’on fournira individuellement ou collectivement, on ne réussira pas du tout. Hier par exemple, je suivi la  télévision que l’opposition qui parle de la reprise des mouvements de protestation à cause de quoi ? On dit qu’il y a crise, moi à ma conception il n’y a aucune crise politique en Guinée, il n’y a n’en pas.

Comment ça, pendant que les acteurs politiques cherchent à trouver une solution à quelque chose qui les divise ?

Il n’y a aucune crise, ce qui existe c’est la volonté manifeste de part et d’autre de ne pas laisser cette pauvre population  vaquer à ses affaires. C’est tout, on veut toujours nous occuper pour nous faire passer du temps. S’il y avait une crise dans le pays, ce n’est pas comme ça que l’assemblée allait s’assoir. Une Assemblée nationale qui est là pour défendre le public, depuis que ce problème a commencé ce manque de dialogue entre pouvoir et l’opposition. Quelle communication cette Assemblée a eu à faire en tant qu’unité représentative de la population, quelle communication rien. Donc c’est pour dire qu’il n’y a pas de crise, cette Assemblée allait  être bouleversée, elle allait être prise à l’étau pour intervenir.

A vous entendre parler, vous voulez dire que ce sont les institutions qui ne jouent pas leur rôle ?

Justement ce sont des institutions pas seulement l’Assemblée nationale, il y a d’autres institutions étatiques qui doivent bien intervenir dans ce domaine-là. Eux-mêmes savent qu’il n’y a pas de crise, c’est quelque chose dont les gens profitent et du pouvoir et de l’opposition pour jouer  leur jeu. Imaginez-vous avec la Guinée,  on a fait combien de temps avec un pouvoir militaire, avec la mise en place des institutions de transition on a réussi quand même à amener la Guinée dans la légalité constitutionnelle. Et comment ceux-ci peuvent être incapables de maintenir cet Etat, le gérer par le  minimum de volonté politique, jusqu’à ce que nous puissions aboutir à une solution pas de développement, mais de sortie d’une situation  qui se pérennise. Les régimes qui se sont succédé ici, n’ont pas été que des régimes qui n’ont laissé que des trous. Ce n’est pas vrai. Chaque régime même s’il a fait  un an ou deux ans a fait des actions, parmi ces actions, il peut avoir des actions qui sont positives d’autres qui sont négatives. L’homme n’agit jamais dans le sens de négatif parfait non. Il y a toujours quelque chose de positif mais toi qui récupère le balai, c’est à toi de savoir qu’est-ce que, je peux exploiter positivement de mon prédécesseur. Et qu’est-ce que je dois lui corriger et même ce qu’il a fait de mauvais. Il ne s’agit pas de racler, il s’agit d’améliorer et de corriger les erreurs, l’homme n’est jamais parfait, on agit avec les erreurs. Mais au fur du temps qu’on observe on peut corriger ces erreurs, et rendre l’œuvre maintenant parfaite. Mais si à chaque instant on fait table rase mais comment voulez-vous qu’on puisse évoluer. On est tout le temps en train de faire la fondation d’une communauté imaginaire ça ne se doit pas.

Récemment dans une lettre ouverte adressée au chef de l’Etat, le conseil supérieur de la communauté forestière, a attiré l’attention du président de la République sur des déclarations dit-il incendiaires de certains proches collaborateurs du régime en place. Quelles sont vos  perceptions là-dessus ?

Je n’ai pas lu la lettre, c’est à travers vous que j’apprends cela. Mais si cela est vrai. C’est qu’ils ont observé, je crois ils ne peuvent pas imaginer parler comme ça au nom d’une région. D’ailleurs, c’est un problème contre lequel je me suis toujours élevé, cette affaire de coordination régionale. C’est quelque chose qui a commencé dans les années 90 et moi je n’étais pas là, dès que j’en ai entendu parler. J’ai immédiatement dit que la Guinée va s’effriter dans cette affaire de coordination régionale. Voyez que le cas de la Basse Guinée, on ne connait même pas s’il y a combien de coordinations. Il y a plus de cinq coordinations rien qu’en Basse Guinée. Donc ça c’est déjà la preuve que c’est un outil de destruction du pays. Pour moi, si je suis chef de l’Etat aujourd’hui, j’allais supprimer toutes ces institutions là et équilibrer la nation. Et si elles existent, je ferai de sorte que ces institutions n’aient pas d’effet sur les actions politiques.

Mais Dr sur cette question, vous dites que si vous étiez président de la République vous alliez dissoudre toutes ces coordinations. Il se trouve qu’en Guinée, dès qu’un problème se pose dans une localité du pays. Les autorités de la place s’appuient sur ces coordinations pour éteindre le feu. Qu’en dites-vous dans ce sens?

Vous savez qu’est-ce qui est à la base de ces problèmes, c’est le manque d’occupation. Si 90% des membres de la communauté avaient des occupations leur permettant d’éviter tous ces problèmes-là, on n’aurait pas de problème. C’est parce que les gens sont abandonnés, combien de jeunes passent dans les cafés, toute l’année ils sont assis là. Ils ne pensent même pas qu’il y a des voisins qui doivent dormir, ils n’ont rien à faire pendant la journée et toute la nuit, ils sont dans les bars cafés, s’ils avaient des occupations, qui va s’assoir jusqu’à 3h, 4h du matin en train de raconter seulement des histoires, jusqu’à ce qu’ils se boxent là-bas et la police fini par intervenir pour emprisonner certains. Ils n’ont pas d’occupations leur permettant d’oublier toutes ces réflexions négatives c’est tout. Dire que je vais m’opposer à un kissi ou un soussou ou Toma si vous êtes liés maintenant par une profession que vous pratiquez à un même endroit. Comment vous pouvez vous opposer à lui, tu ne peux pas, c’est parce que les gens sont abandonnés. Dans les villages, il y’a des activités agricoles énumérables, mais il faut que l’Etat s’intéresse à cela. On ne sait même pas ce qu’on appelle activité professionnelle en Guinée, si quelqu’un apprend seulement à conduire, il veut être fonctionnaire de l’Etat, il a appris à être gardien il veut être fonctionnaire de l’Etat. Mais s’il vous plaît, il faut que l’Etat apprenne comment à se décharger et occuper les gens pour ne pas qu’ils pensent négativement. Donc ces coordinations ont été politisées, ils ont été créés sur la base des avantages publics de la part de l’Etat. Pour moi quand l’Etat s’appuie sur eux, ça renforce encore leur orientation politique alors que ce sont des structures en principe si elles doivent exister elles doivent être des structures d’appui pour que les communautés puissent éviter les problèmes internes. Mais s’il arrive maintenant on oublie qu’il n’y a pas de problème interne à la communauté maintenant. On va avec une autre communauté parce qu’il n’est pas de notre communauté ça ne se doit pas.

Un autre sujet qui fait débat dans le milieu sociopolitique du pays. C’est celui du port de voile, le président de la République selon nos sources demanderait un débat national sur cette question. Qu’en pensez-vous ?

Vous savez comme, je l’ai dit nous avons confondu la religion et les pratiques traditionnelles, ce port de voile c’est un créneau pour certaines catégories individus, vous savez il y’a des associations religieuses qui sont là surtout de l’islam qui profite de cette situation. Les gens qu’on appelle les wahabits, qui exigent à ce que leurs femmes et leurs filles soient voilées. Ils ne le font pas pour rien, il y’a quelque chose qui les aide à porter à partir des extrémistes arabes. Il y’a par exemple l’agence musulmane d’Afrique qui finance des gens comme ça, c’est pourquoi des catégories des familles continuent à faire des campagnes pour voiler les enfants de leurs poches. Je ne sais pas combien ils reçoivent mais chaque père de famille qui voile une femme à un revenu et chaque femme voilée à un revenu, chaque fille de la famille voilée à un revenu, tout cela réuni on remet au père de famille. Ce père de famille  peut être bien payé plus qu’un cadre supérieur qui travaille même au ministère des finances. Mais on refuse de faire les enquêtes et les gens savent cela. Donc étant abandonné ils ne n’ont aucune profession je trouve quelqu’un ou quelque chose qui m’amène sur le plan professionnel à être bénéficiaire de ce plan à la fin du mois je vais le faire même si je suis  ignorant de la situation. Les gens ne savent mêmes pas quelle est la portée de ça. Pourquoi en Arabie les gens porte cela, on a dit ce n’est même pas la face qu’on voile mais plutôt les parties sensibles du corps de la femme. C’est ce que l’islam a dit que la femme en sortant du public doit cacher ou coiffer les parties sensibles de son corps et ça c’est les chevelures, les oreilles et autour de la gorge c’est tout. Il y’a même de type de bonnet qu’on appelle en arabe bouchka, ce qu’elles portent. Mais voilà aujourd’hui combien de fois ce problème de voile intégral est devenu un danger. Je crois courant 2012-2013, il y’a un monsieur s’est fait appréhender en se faisant passer pour une  femme alors que c’est un bandit qui était masqué avec ce genre d’habit c’était à Ecobank qui se trouve à kipé. Il partait pour brigander heureusement à côté il y’avait un service de sécurité qui l’a appréhendé, accidentellement il a laissé tomber une de ces barres de fer, qu’il devait utiliser, il a été arrêté.      

En plus il y’a certaines sectes fanatiques islamistes qui instrumentalises souvent les femmes pour faire d’elles de kamikazes ?

Justement pour faire des kamikazes, au Tchad, Nigéria ce sont des filles voilées. La voyant venir et ce sont des gens qui ont à peine 16 ans, on croit que c’est quelqu’un qui est innocente alors qu’elle cache quelque chose qui peut faire mal.

Dr, cette sortie du président Condé cache. Est-ce qu’il ne voudrait pas interdire à l’image de ces homologues du Tchad, ou du Cameroun. Mais de mon point de vue, il hésite encore à mettre en place cette politique?

Chez nous on est même pas encore loin, c’est le moment d’interdire, mon frère en Guinée bien sûr, on dit que plus de 90% de la population pratique l’islam, mais nous on ne doit pas accepter l’intégrisme ici, ça n’a aucun sens en dehors de ces pratiques religieuses comme je l’ai dit, nous avons des pratiques traditionnelles qui domine d’ailleurs. On ne peut pas se mettre à détailler, il faut que les gens comprennent que la religion n’a rien de public. Pour moi, la religion c’est une affaire individu. La religion c’est quoi, c’est le pont que l’individu érige entre lui et son créateur pour reconnaitre son existence et se soumettre à travers ça, lui permettra toujours de demander pardon à ce Dieu en cas de pêché. C’est ça la religion, ça n’a rien de commun, le péché que vous commettez à longueur de journée est tout à fait différent de ce que moi je ne fais pas. Donc en aucun cas nous pouvons nous réunir autour d’une religion et qu’on demande à Dieu pardon, pardonné nous, non. C’est le pardon individuel demandé à Dieu qui est écouté, donc il ne faut pas que les gens servent à cela pour regrouper des pauvres dans une même situation et puis créé une situation de désolation au niveau des communautés qui sont innocentes. L’Etat doit réagir c’est le moment d’interdire cela. Les femmes qui appliquent ça aussi, vous savez, il y’a des actes d’auto discrimination, donc ces femmes contribuent à leurs propres exclusion dans leurs communautés. Moi je ne peux pas accepter d’être avec quelqu’un qui voit comment je suis et moi je ne vois pas comment il est. Elles ne doivent pas accepter. Il n’y a que l’homme et le diable qui peut faire cela, le diable nous voit, nous ne les voyons pas. Je ne peux pas accepter que mon savoir se transforme en diable. L’Etat ne doit même pas retarder pour ça, il doit l’interdire automatiquement. On est pas encore loin, parce que pour le moment, c’est concentré ici dans la grande ville à Conakry, à la périphérie pour le moment sauf quand ils voyagent mais il n’y a pas encore là-bas. Et puis l’Etat à trop cru à cette religion et surtout laissé les gens érigés en imam ou en prêtre, à tous les niveaux de Conakry aujourd’hui vous pouvez trouver des dizaines de lieux de prière pour une population à peine 500 habitants, l’Etat doit intervenir, il doit organiser. Il ne s’agit pas de laisser les gens agir parce qu’on dit liberté, indépendance ou démocratie, non. Chaque activité à ces règles de jeu, et ces règles de jeu doivent être soutenu par l’Etat l’individu lui qui cherche à aller à un objectif. Mais comment y arrivé, les règles là doivent être définie par l’Etat et je crois tout est défini, il s’agit maintenant de les exécuter. Comme je disais, il n’y a pas de crise en Guinée, la crise n’existe pas ce sont des individus et du pouvoir et du para pouvoir qui crois qu’en faisant cela, ils peuvent profiter. Mais si vous voyez que moi je fus membre du CNT, j’appartenais à un parti politique mais depuis que le CNT a passé la main à l’assemblée nationale, je me suis retiré de la vie politique, pourquoi ? Parce que j’ai constaté que la génération qui a le pouvoir et qui se bat pour le pouvoir n’a aucune volonté pour éviter la population des difficultés. Elles veulent plutôt nous enfoncer à chaque instant, on imagine quelque chose qui va faire occuper une portion de la population dans tel quartier ou dans telle commune. Et quand cela arrive cette population va croire tout ce qu’on va le raconter, on les appauvrit après on va leur donner deux sacs du riz, de cartons du sucre et c’est fini. Cette population croit maintenant que le groupe qui a amené ça, ce groupe-là veut les aider alors que c’est de les enfoncer d’avantage dans la pauvreté, il faut que nous comprenions nous même la population cette situation.

Entretien réalisé par  Richard TAMONE in L’Indépendant

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