Dans une interview accordée à notre reporter dans la matinée du vendredi 1er novembre à l’université Mercure international sis à Taouyah dans la Commune de Ratoma, M. Georges- Gandhi  Faraguet Tounkara, président fondateur du Complexe St Georges, de l’université Mercure International et de la radio Mercure Conakry,  aujourd’hui, 1er Guinéen élu gouverneur du district 403 A1, nous parle entre autres du Lionisme International, de son élection, du fonctionnement de son administration, des réalisations effectuées sur le terrain et de la nécessité de créer un ministère de l’Education  nationale en Guinée.

Guinee7.com : Revenez sur les circonstances de votre élection comme 1er Gouverneur du district 403 A1 ? 

L’élection a eu lieu en mai 2013 à Brazaville où j’ai été élu avec 98 pour cent des voix pour diriger les destinées de notre district le 403 A1. J’ai pris mon collier de Gouverneur à Hambourg en juillet 2013 et j’ai entamé tout de suite mes fonctions. Une fois le collier obtenu, j’ai assumé mon commandement en commençant les visites de Clubs. Mais avant cela, il faut dire que les Guinéens m’ont fait un accueil fantastique à mon retour. J’ai été reçu par son excellence monsieur le président de la République de Guinée, avec lequel nous avons énormément échangé et qui nous a donnés tout son soutien, ses encouragements et ses conseils.

Nous avons ensuite commencé nos visites à l’intérieur de notre district. L 403 A1 est composé de neuf pays à savoir le Sénégal, le Mali, le Niger, la Mauritanie, la Guinée Bissau, la Gambie, la Guinée, le Burkina Fasso. Donc, j’ai visité tous ces pays et je précise que ce sont des pays de ma juridiction. Et l’un des premiers devoirs du gouverneur est de visiter tous les Clubs de son District, donc tous ces neufs pays.

Comment avez-vous été accueilli dans ces pays ?                 

J’ai commencé par le Sénégal où j’ai été accueilli avec toutes les grâces possibles et j’ai rencontré les autorités au plus haut degré où j’ai été élevé dans la ville de Thiès comme citoyen d’honneur.  Là, j’ai constaté que Lions faisait de grandes actions, de grands travaux pour soulager la population. Je suis ensuite allé à Praia où l’accueil était très important. En effet, j’ai été reçu par le maire de la ville et j’ai été reçu également par la ministre d’Etat de la Santé, puis je suis allé en Mauritanie. Là aussi, ce fût la même chose car  j’ai été reçu par le maire de la communauté urbaine de Nouackchott, j’ai rencontré le ministre de l’Environnement et d’autres ministres avec lesquels nous avons eu beaucoup à échanger et partager. Je suis revenu à Conakry pour ensuite partir tenir ma première réunion de cabinet au Burkina Fasso où l’accueil était excellent. J’ai été reçu par le premier ministre, le ministre de la santé, de l’Action sociale, par le ministre de l’Habitat, qui est d’ailleurs un Lions également en la personne de M. Yacouba Barry et j’ai été reçu par le Moronaba.  Ce dernier nous a honorés en nous donnant des conseils, des bénédictions pour que nous puissions réussir notre mission.

Le Lionisme, c’est quoi ?

C’est cette association philanthropique, d’hommes et de femmes qui décident de donner de leur temps, donner de leur argent pour venir en aide à ceux qui sont dans le besoin. Le Lionisme a été créé en 1917 par un assureur de Chicago du nom de Melvin Johns qui s’est dit qu’on ne peut pas aller bien loin dans la vie tant qu’on ne fait pas quelque chose pour quelqu’un d’autre.

C’est ainsi que le Lionisme a vu le jour et s’est étendu à travers le monde. La Guinée est le 1er pays de l’Afrique de l’Ouest à connaitre le Lionisme en 1954 et c’est nous qui avions aidé plusieurs Clubs par le passé tels que les Clubs de Dakar et d’autres pays à s’installer. Mais, malheureusement, nous n’avons jamais pu nous hisser au point de Gouverneur. C’est donc la première fois dans l’histoire de la Guinée qu’un Guinéen est élu à ce poste prestigieux, honorable de Gouverneur de District 403 A1 et c’est une fierté pour nous.

Comment fonctionne votre administration ?

J’ai un cabinet composé de 60 membres qui sont issus des neufs pays dont j’ai parlé tout à l’heure. Et si vous voyez, je vous ai parlé de ma première réunion de cabinet qui s’est tenue à Ouagadougou où tous les présidents de commissions, où tous mes conseillers, où tous les responsables qui sont avec moi pour m’accompagner dans ma mission étaient réunis pour faire le point à mi-parcours de ce mandat. Nous avons pris des dispositions pour que les ‘’Lions’’ soient beaucoup plus actifs, plus engagés à soulager la misère, à venir à bout de la pauvreté, à venir en aide à ceux qui sont dans la détresse.

Qu’est-ce que la Guinée  y gagne ?

Aujourd’hui, la Guinée est honorée. Dans tous les pays où je pars, on monte le drapeau guinéen, on chante l’hymne national de la Guinée, la Guinée est présentée comme étant la capitale du Lionisme aujourd’hui en Afrique de l’Ouest. C’est un acquis, un gain, c’est quelque chose qui n’a jamais été fait au préalable. C’est déjà cet honneur, cette reconnaissance, cette visibilité de Guinée dans le monde qui est le premier acquis. Le deuxième acquis, c’est toutes les réalisations que nous faisons ici. Nous avons en prévision la mise sur pied d’un centre diabétique. Nous avons également en prévision la mise sur pied d’un hôpital pour les grands brûlis. Déjà, nous avons reçu un fond de 1 million de dollars pour continuer notre campagne de lutte contre l’onchocercose et toutes les maladies saisissantes. Nous allons très bientôt commencer à mettre dans certaines villes du pays des centres ophtalmologiques pour aider les gens à se faire soigner des maladies qui touchent la vue. Nous sommes actuellement en train de former 24 médecins pour être des ophtalmologues afin qu’ils puissent être répartis sur l’ensemble du territoire et qu’à partir de là, qu’ils puissent intervenir directement pour éviter aux populations de parcourir de longues distances pour des interventions ou des consultations oculaires. Je crois que c’est cela le plus important. Ce que la Guinée gagne, c’est d’abord cette reconnaissance sur le plan mondial de notre valeur en tant que Lion. Mais aussi ces petits avantages que nous apportons pour le bien-être de nos communautés, des populations qui sont dans la misère.

Dès lors est ce qu’on peut parler d’un poids qu’à le Lionisme en Guinée ?

Oui, bien sûr. En termes d’activités, nous sommes aujourd’hui sur tous les terrains. Vous nous avez vu dans l’intervention sur la journée de la paix, vous avez vu que nous sommes intervenus récemment à la maison de la presse pour parler de tous les problèmes de la pauvreté. Nous sommes au mois de novembre, dans le mois du diabète. Nous allons organiser très bientôt des séries de dépistage  de diabète et de sensibilisation sur la maladie du diabète parce que ça fait d’énormes dégâts aujourd’hui en Guinée.

Donc, chaque mois, nous avons une activité qui permet de nous approcher des populations, qui permet de les soulager. Mon programme cette année consistait à nous rapprocher, de raffermir nos relations avec les pouvoirs publics. C’est-à-dire que nous voulons que les pouvoirs publics nous donnent leur programme d’action de développement socio-économique et que nous Lions, nous voyons comment nous pouvons intégrer ces programmes-là, comment nous pouvons intervenir dans ces programmes pour aider directement la politique gouvernementale, nationale de développement socio-économique. Donc, cela est une avancée.

Nous sommes en pourparlers avec les pouvoirs publics dans ce cadre afin que nous arrivions à créer une synergie à travers laquelle nous pourrons être plus efficaces et pourrons aider ceux qui sont dans le besoin. Parce qu’ils seront bien localisés, bien ciblés  pour les présenter aux pouvoirs publics. Nous avons beaucoup d’ambition.

Et pour la jeunesse ?

J’allais en venir. Nous avons aussi un programme de jeunesse qui s’appelle le ‘‘Lions Quest’’. C’est un programme de jeunes, c’est un partenariat que nous avons fait avec le ministère de l’Enseignement pré-universitaire, qui va nous permettre de cibler quatre établissements scolaire où nous allons encadrer des jeunes pour faire d’eux des jeunes citoyens engagés pour la paix, des jeunes responsables, des jeunes engagés pour le service social, des jeunes engagés à rendre service gratuitement, des jeunes engagés à promouvoir l’unité nationale, à promouvoir la tolérance, à promouvoir la convivialité. Là aussi, c’est un programme qui va être lancé très bientôt et tout cela sera au bénéfice de la Guinée. Nous avons également dans un programme de sensibilisation fait une sorte de badge avec le sigle 1 en rouge, jaune, vert. Ce badge sera bientôt distribué partout et le message qui accompagne ce badge c’est ‘‘une seule Guinée à bâtir ensemble’’. C’est pour sensibiliser les gens à la nation, sensibiliser les gens à vivre ensemble, sensibiliser les gens pour qu’ils sachent que notre pays est composé de différentes personnes et que ce sont ces différences-là qui constituent la force de notre pays, qui constituent l’union de notre pays, qui constituent la nation de notre pays. Et cela doit être fait sans agressivité, dans la douceur et dans l’éducation pour que nous puissions aller de l’avant.

M. Tounkara dans un autre registre vous avez été ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique dans un passé récent, quel regard portez-vous sur l’éducation?

Vous parlez d’éducation, aujourd’hui, il n’existe pas de ministère de l’Education nationale en Guinée. Et depuis  plus d’un an je me bats pour faire comprendre que sans un ministère de l’Education nationale, nous ne pouvons pas faire des avancées. Tous les problèmes que nous connaissons aujourd’hui sont dus à un manque d’éducation. Nous n’avons que des ministères d’Enseignement. Donc on enseigne, on n’éduque plus.

Et sans éducation, on ne peut aller nulle part. Parce que l’éducation, c’est ce message, c’est cette connaissance, ce savoir-faire, se savoir-être, se savoir-vivre, se savoir devenir que nous communiquons à nos jeunes. L’éducation nationale, c’est la vision, c’est la projection du type d’homme que nous voulons former pour la Guinée, c’est la modulation, la transformation du Guinéen pour faire de lui un objet de développement, un acteur de développement, c’est ce qui peut planifier, c’est  ce qui peut orienter, c’est ce qui peut dégager une démarche permettant de répondre aux besoins, aux aspirations et aux perspectives de développement de notre pays.

Sans ministère de l’Education nationale, nous allons tourner en rond, nous allons former des hommes qui n’auront pas ce savoir-être, ce savoir-vivre, capable de créer une nation, capable de créer une dynamique unitaire, capable de créer une force commune qui puisse nous amener vers l’unité nationale, vers un développement commun harmonieux et harmonisé.

Quel est le message que vous lancez aux populations

Vous savez, ma devise cette année, c’est ‘‘éduquer pour aimer et servir’’. Parce que, je reste convaincu que sans éducation, on ne peut rien faire. Je reste convaincu qu’il faut éduquer à certaines valeurs à savoir des valeurs d’amour, aimer son pays, son prochain, son travail, la vérité, le développement. Et à partir de cela, on peut commencer à servir son peuple, à servir sa nation, à servir ceux qui sont dans le besoin et non se servir. Je crois que l’éducation reste fondamentale pour nous, reste la base de tout. Et ça me rappelle même cet ouvrage de Joseph Ki-Zébro qui s’appelle : ‘‘Eduquer ou périr.’’ Donc, vous voyez bien que l’éducation reste centrale dans le développement de l’être humain. Et aujourd’hui en Guinée, nous manquons d’un ministère de l’Education nationale capable de mutualiser toutes ces connaissances, toutes ces forces pour donner au savoir, au savoir-faire, une valeur utile, une éducation utilitaire, une éducation qui corresponde aux besoins, aux aspirations et aux perspectives de développement de notre pays.

Interview réalisée par El Hadj Mohamed Diallo

 

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