Mohamed Lamine Doumbouyah, ministre du Budget

Le Ministre du Budget, Mohamed Lamine Doumbouyah répondant aux questions des journalistes à l’occasion de la restitution des résultats d’une mission du FMI dans les locaux de la Banque centrale, dimanche dernier, s’est exprimé sur question de la hausse éventuelle du prix du carburant à la pompe.

« Sur la question du carburant, là aussi cela fait partie des grands sujets en réalité, nous devons tôt ou tard faire face. Est-ce qu’aujourd’hui nous sommes prêts à continuer à subventionner, jusqu’à quel niveau, ça c’est un sujet. Dans tous les cas, ce que nous proposons avec tous les partenaires sociaux, tout le monde, il faut qu’on se retrouve autour de la table et qu’on pose la vraie question. Le carburant ici c’est 8 000 fg, au Sénégal c’est 10 000. Dans le budget, je vous parle de ce que je connais, chaque année on perd en moyenne 72 milliards, donc sur cette tendance, on serait autour de 860 à 900 milliards, par rapport à la subvention que l’état supporte. Est-ce que nous sommes prêts à continuer sur cette tendance ? Cette question nous devons tous y répondre. Est-ce que nous ne sommes pas prêts, là aussi qu’est-ce qu’on fait ? Je pense qu’à cette question, nous devons tous nous retrouver, partenaires sociaux et qu’on en débatte. L’autre élément, est-ce que l’Etat est prêt à continuer à subventionner aussi la fraude ? Parce que c’est de cela qu’il s’agit aussi, si vous prenez entre Kourémalé et la frontière malienne, vous avez une trentaine de stations il semblerait, qui sont là. On vient, on pompe le carburant subventionné, on sort avec un écart d’à peu près de 2000 fg par litre, vous vous imaginez combien ça représente ? Nous avons tous suivi cette fraude avec ces camionnettes qui embarquaient qui prenaient le chemin de l’extérieur. Comment est-ce qu’on va faire ? Ça c’est une question indépendamment de la passion qu’on peut y mettre, nous avons un sujet qui est concret, objectif, sur lequel nous devons nous pencher tous », a expliqué le ministre.

Et de poursuivre : « non seulement l’Etat perd la TSPP (la taxe sur les produits pétroliers),  et mieux encore l’Etat est en train de ronger la part qui devrait par exemple revenir au fonds d’entretien routier, on est en train de subventionner tous ceux-ci , donc il n y a plus de taxes dessus, mais le plancher on est en train de déroder, ce qui fait qu’il y a une double perte, non seulement on a plus les taxes, mais ce qui devrait être affectés à des entités c’est nous qui sommes en train de payer ça, il n y a pas de part que l’Etat ponctionne là-dessus, faites vos calculs tout simplement, je pense que c’est vérifiable. »

Par rapport aux solutions préconisées : « dans un premier temps, il y a des mesures institutionnelles qui ont été entreprises, parce que jusqu’à présent, dans la fixation des prix, les services de douanes qui sont concernés par la TSPP, n’étaient pas très impliqués  dans ce dispositif, donc il y a un arrêté qui a été pris pour que nous puissions être au courant de toutes les décisions qui sont prises chaque mois concernant cette structure, ça c’est une chose. L’autre chose, il y a une relecture de la structure des prix pour voir quelles sont les lignes qui méritent d’être maintenues et quelles sont les lignes qui méritent d’être enlevées dedans, mais dans tous les cas ça c’est des mesures institutionnelles qui peuvent arriver à résorber une partie, mais cela ne reste pas une solution qui pourrait éviter les pertes, donc cela va juste amoindrir l’effet de ces pertes, donc la question reste posée. »

Abdou Lory Sylla pour Guinee7.com    

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