Albert Damantang Camara, ministre de l’Enseignement technique et de la formation professionnelle aborde dans cet entretien accordé à notre reporter, des sujets d’actualité comme le cas des boursiers guinéens refoulés du Maroc, la tentative d’évasion de la prison de Conakry, la crise qui sévit à Touba, sans oublier la formation du futur gouvernement. Lisez…

Selon certaines indiscrétions, le Maroc aurait refoulé certains étudiants guinéens et d’autres seraient en fuite, suite à une évaluation de leur niveau qui n’aurait pas été concluante. Avez-vous appris cette information ? 

Albert Damantang Camara : Alors, il y a deux situations qui sont différentes. La première, c’est effectivement sur la base d’une évaluation. Certains étudiants n’ont pas été jugés au niveau des études qu’ils  doivent mener. Donc, les Marocains ne les ont pas retenus. Les  autres ne sont pas passés en classe supérieure suite aux évaluations de fin d’année. Et comme ce sont les bourses pour trois ans, conformément à ce qui a été annoncé à tous ceux qui sont partis au Maroc, ils ne pouvaient pas continuer dans les filières.

Ensuite, il y a des infiltrés. Des personnes qui ont payé pour avoir des bourses qui ne figuraient  pas sur la liste que notre département a envoyée au Maroc. Donc, ils n’ont pas été admis et nous, nous avons pris des mesures pour qu’à leur retour en Guinée, la police puisse les arrêter pour savoir dans quelle condition ils sont partis au Maroc. Sur six infiltrés, quatre ont répondu. Il y a deux effectivement qui n’ont pas été retrouvés. Donc, ce sont en fait des situations tout à fait normales qui ont été faites. J’ai eu conformément aux accords qu’on a eus avec les Marocains, pour éviter que le programme que nous avons eu avec eux, ne débouche à de la formation non appropriée sur de la fraude.

Tout récemment, il y a eu une tentative d’évasion   à la prison Centrale de Conakry et du côté de Siguiri. Selon vous, qu’est-ce qui pourrez expliquer cette situation,  et quelles sont les dernières mesures prises par le gouvernement, pour éviter que de pareils cas se reproduisent?

C’est la vétusté des installations et la faiblesse des moyens qui existent au niveau des gardes pénitentiaires. Cela vient au moment où nous sommes en train de construire une nouvelle prison à Kènendé dans Dubreka, où nous sommes en pleine restructuration du secteur de la justice. Donc, cela met un accent particulier sur la nécessité d’accélérer les reformes, et d’accélérer la construction de la nouvelle prison pour pouvoir dégager des moyens supplémentaires, en fonction des possibilités budgétaires de notre gouvernement, à l’univers carcéral.

L’un des principaux meneurs de la tentative d’évasion survenue récemment à la maison centrale de Conakry, un certain « KPC », serait mort, suite à de mauvais traitements subis suite à ces incidents, dit-on. Qu’en est-t-il au fait, M. le ministre?

Alors, je mets vos informations entre parenthèses. Parce qu’il y a eu effectivement de l’altercation entre les forces de l’ordre et les prisonniers. Maintenant, les causes de la mort du nommé « KPC » je ne le sais pas.  Je sais tout simplement que sa famille a été prévenue,  et que le ministre de la Justice a effectivement déclaré sa mort. Mais, je ne pense pas que c’est suite à des tortures ou à des actes de maltraitance qu’il soit décédé.

M. le ministre, les Guinéens attendent le visage du nouveau gouvernement qui pourra conduire leur destinée durant les cinq prochaines années. L’espoir est-il permis quant à voir se réaliser leur rêve d’une équipe digne de nom?

C’est l’espoir sur la base d’un mandat très fort qui lui y a été donné par le peuple de Guinée. Le président de la République va avoir les mains libres pour nommer une personne apte à conduire la politique qu’il ambitionne pour la Guinée. Donc, cela devrait produire un gouvernement compétent, efficace et donner les objectifs de développement.

Monsieur Albert Damantang Camara, la localité de  Touba vit dans une situation de crise qui a dégénéré en affrontement,  en tant  que porte-porale du gouvernement, on ne vous a pas entendu sur ce dossier? 

Non! Il n’y a pas de silence. Vous répétez à chaque fois que le silence règne autour de ce dossier, alors qu’un communiqué est passé pour décrire ce qui s’est passé à Touba, ça été annoncé lors d’un journal télévisé. Donc, ça été suffisamment dit à la télé. Maintenant, le plus important c’est d’agir et sanctionner les fauteurs du trouble.

Le mandat du président prend fin le 21 décembre, pourquoi le 14 décembre est-il retenu pour son investiture?

Alors une semaine avant, je ne pense pas que ce soit pressé. Une semaine avant la fin du mandat,  je ne pense pas que ce soit là la manifestation d’un empressement. Je crois qu’il y a deux cérémonies qui ont été préconisées par la Cour constitutionnelle,  celle de la prestation du serment et celle de l’installation. Donc, il n’y a aucune forme de précipitation. C’est très logique et très cohérent.

Bon, d’aucun pense que comme le temps est dur, c’est juste pour débloquer des fonds et remplir les poches des organisateurs ?

C’est possible qu’on ait besoin de ressources, mais ce n’est pas ça qui détermine la fin du mandat. La fin du mandat, c’est le 21 décembre et donc le début du nouveau mandat, c’est également le 21 décembre. C’est juste ce qu’il faut pour respecter cette chronologie.

Interview réalisée par Moussa Traoré/L’Indépendant  

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