La capitale guinéenne, Conakry, a renoué avec les violences politiques qui ont fait en deux jours un mort et plus de 70 blessés selon un bilan officiel lundi, alors que la Guinée est en pleine campagne pour les législatives prévues le 28 septembre.

Ces violences, survenues dimanche et lundi, éloignent la perspective d’un scrutin législatif apaisé, attendu depuis 2011 et repoussé plusieurs fois.

Quelque 5 millions d’électeurs sont appelés à choisir samedi prochain leurs 114 députés sur la base de listes présentées par une trentaine de partis au total.

Les législatives auraient dû avoir lieu dans les six mois suivant l’investiture, en décembre 2010, d’Alpha Condé, premier chef d’Etat démocratiquement élu de ce pays à l’histoire marquée par les violences politiques, militaires et ethniques depuis son indépendance de la France en 1958.

M. Condé, chef du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG), l’avait emporté face à l’ex-Premier ministre Cellou Dalein Diallo, chef de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) devenu depuis son principal opposant. M. Diallo était arrivé en tête au premier tour, mais avait été devancé au second par M. Condé, grâce au soutien de plusieurs candidats malheureux.

Ces législatives sont perçues par certains observateurs comme « un troisième tour » de la présidentielle de 2010 entre les formations des deux hommes, le RPG en quête de majorité pour avoir une liberté de gestion jusqu’à la fin du mandat de M. Condé en 2015, et l’UFDG en quête de revanche.

La Guinée, pays francophone de plus de 11 millions d’habitants, musulmans à 85%, a connu ces derniers mois plusieurs manifestations politiques qui ont dégénéré en débordements meurtriers, avec des victimes en majorité au sein de militants de l’opposition.

L’opposition redoute une « mascarade électorale »

D’après des sources concordantes, de premiers heurts se sont produits dimanche entre des militants du pouvoir et de l’opposition dans la banlieue de Conakry. Bilan: 24 blessés légers selon le porte-parole du gouvernement, le ministre Albert Damantang Camara.

Lundi, de nouvelles violences ont impliqué dans la banlieue des jeunes opposants à des forces de l’ordre. Un élève-gendarme a été tué par balle, deux gendarmes ont été blessés par balle et 49 personnes ont été légèrement blessées, selon le ministre Camara.

Ces violences surviennent à moins d’une semaine du scrutin législatif du 28 septembre.

Reprogrammées au 24 septembre après plusieurs reports, les législatives ont une nouvelle fois été repoussées après des tractations entre le pouvoir, l’opposition, et la Commission électorale nationale indépendante (Céni), sous l’égide de la communauté internationale, pour une meilleure organisation du vote.

Ce report in extremis, obtenu le 21 septembre, avait levé un blocage politique persistant qui était alimenté par les doutes de l’opposition sur la transparence du fichier électoral.

Les opposants soupçonnaient la Céni de préparer « une mascarade électorale » en faveur du pouvoir, et le gouvernement de manipuler la Céni.

La Céni a affirmé à l’AFP que les « anomalies » dans le processus électoral étaient « résiduelles », et assuré avoir « pris des dispositions » pour « les réduire au strict minimum » d’ici au scrutin.

Toutefois, « nous ne garantissons pas que toutes les anomalies seront réglées » à cette échéance, a prévenu son responsable de la communication, Alpha Yéro Condé, dans un entretien dimanche soir à Conakry avec l’AFP et Radio France Internationale (RFI).

 AFP

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