“On ne peut être tué qu’une seule fois au combat, mais plusieurs fois en politique”, disait Winston Churchill, ancien Premier ministre du Royaume uni, militaire et prix Nobel de littérature. Heureusement, pourrait-on dire, pour la plupart de nos acteurs, pardon opérateurs politiques (vendeurs détaillants et grossistes de chimères) qui passent le clair du temps à jouer à l’apprenti-sorcier. Beaucoup seraient déjà sortis de l’arène politique, définitivement et les pieds devant. Peut-être pour le plus grand bien des populations, même si en parfaits bateleurs d’estrade, certains ont le mérite de nous amuser avec leur spectacle clownesque.

Depuis qu’il est devenu clair pour tout le monde que l’idée d’une candidature unique de l’opposition face au président sortant ne peut plus prospérer, les vieilles rancœurs et suspicions remontent à la surface. Avec des violons désaccordés à faire retourner Stradivaruis dans sa tombe, des voix discordantes chantent l’hymne de la zizanie.

Déjà, l’on entend les ricanements derrière les murs de Sékoutouréya. Assurément, la déclaration de Sidya Touré, selon laquelle dans l’éventualité d’un second tour opposant Alpha Condé à Cellou Dalein Diallo de l’UFDG, son parti ne soutiendra pas ce dernier, est une grenade dégoupillée au coeur des relations entre les deux formations politiques de l’opposition. Si l’ancien dirlo de cabinet de Ouattara n’a rien ajouté depuis, Cellou Dalein, lui, évite soigneusement le sujet. Pour le moment ce sont les lieutenants qui, de par et d’autre, décochent les flèches et soufflent sur la braise.

Si les choses continuent à cette allure, Alpha Condé devra un fière chandelle à son marabout. Il pourrait arrêter sa campagne – engagée avant la lettre et contre la loi -, retrouver ses pantoufles à Sékoutouréya  et attendre sans même avoir besoin de croiser les doigts. Surtout que des réalisations et projets, même en deçà des promesses de campagne du candidat du RPG en 2010, sont là pour justifier une réélection. Sans avoir besoin des services d’un quelconque Potemkine, ce favori de la tsarine Catherine II, qui faisait construire à la hâte des trompe-l’oeil en pâte à papier sur le passage de l’impératrice, afin de lui montrer l’image de la “Nouvelle Russie”.

Outre le risque  de compromettre, peut-être inconsciemment, l’alternance en 2015, les opposants et leurs lieutenants qui se crêpent les chignons aujourd’hui, comme des mégères autour d’une borne fontaine, sont en train de creuser leur tombe politique. En lâchant la proie pour l’ombre, certains risquent de s’aliéner pour de bon les suffrages d’importantes franges de la population. En attendant 2020, qui pourrait bien s’avérer une étape charnière entre l’ancienne génération et celle qui piaffe déjà d’impatience, non loin de l’hippodrome d’où sera lancée dans les quinquennats à venir la course à Sékoutouréya.

En regardant le mélodrame que les ténors de l’opposition sont en train de nous jouer, l’on ne peut que penser à ces mots de Rivarol : “Dans chaque ami il y a la moitié d’un traître”. Avant de faire ce douloureux constat : “c’est mort et ça ne sait même pas”.

Jusqu’à preuve du contraire.

Top Sylla

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