Ce jeudi 6 septembre, sur le plateau de la Radio Télévision Guinéenne (RTG), le Premier ministre chef de gouvernement, Dr Ibrahima Kassory Fofana, a fait le bilan de ses 100 jours à la primature. Pendant près deux heures d’horloge, « Don Kass » est revenu de long en large sur les différents projets réalisés et ceux sont en cours de réalisation. Le dialogue social, selon lui, a été la première priorité de son gouvernement.

« J’ai pris comme première priorité de l’action de mon gouvernement le dialogue social. J’ai fait le tour des états-majors des partis politiques, essayé de les écouter et comprendre leurs problèmes et demander qu’ils me saisissent d’un mémorandum sur les voies de sortie de crises. Ce que tous les états-majors ont fait. Sur cette base, on a organisé au niveau du gouvernement des consultations qui ont permis aujourd’hui de régler la crise politique.  La crise politique économique, on me dit il ne fallait pas prendre la décision d’augmenter le prix de l’essence sans consulter. Nulle part au monde, encore il faut que les Guinéens apprennent que les règles du marché, le libéralisme que nous avons choisi et ses règles, la décision au niveau économique relève de la compétence du gouvernement.  Maintenant, les conséquences de ces décisions en termes de mesure d’accompagnement font l’objet de négociations avec les partenaires sociaux (…) Nous avons pris la décision, et je pense que c’est la bonne décision pour la Guinée, pour les intérêts de la Guinée, de procéder à cette augmentation du prix, parce qu’il fallait le faire.

Instaurer un dialogue permanent avec les partenaires sociaux

« L’approche d’un dialogue permanant est une solution souhaitable, mais il est important de constater qu’il y a un besoin de clarification des relations entre l’exécutif et les partenaires dont je vous ai parlé, les partenaires sociaux. Je vois dans le débat politique en Guinée, tout le monde s’y invite. Ce n’est pas le rôle de la société civile de parler de certaines choses. Ce n’est pas le rôle du syndicat de parler, par exemple l’un des sujets qui m’a été demandé de dire, bon revoyons le budget de l’Etat, on va faire des coupes et puis vous aller mettre ça sur les salaires des fonctionnaires. Je suis issu d’une formation libérale. Je dis avec tout le respect que je dois aux syndicats, aux sections syndicales, ils ne peuvent pas être mes interlocuteurs pour parler de budget, parce que moi-même, le budget, j’ai l’obligation, issu du parlement, de l’appliquer tel qu’il est voté par les députés. Alors, si un corps social a un problème avec ce budget, qu’il le fasse refaire à l’Assemblée nationale. C’est là où ça peut se discuter. Alors comment voulez-vous, si les notions ne sont pas claires, qu’on puisse aller dans le sens d’un dialogue serein, parce qu’on ne parle pas de la même chose ? On n’a pas la même perception des rôles. C’est pourquoi, j’ai dit il y a la nécessité de clarifier d’abord les rôles des différentes institutions… ».

Installations des conseillers communaux élus

« Ce que le ministre de l’Administration du territoire m’en dit est que le budget même est dégagé et encaissé. Un souhait a été exprimé par l’opposition, c’est la période du pèlerinage ; il y a des candidats qui sont en pèlerinage, ça peut créer des problèmes, parce qu’on ne peut pas se présenter par procuration ou voter par procuration. Il m’a dit : « Monsieur le Premier ministre, on  est obligé d’attendre un peu, pour ne pas qu’on crée d’autres problèmes. Je pense que rien ne s’oppose à la mise en place et à l’exécution des engagements issus des derniers arrangements ».

Dialogue avec le SLECG version Aboubacar Soumah

« C’est ouvert, la discussion. Comment on peut améliorer les conditions de vie du secteur de l’éducation ? Mais en tout état de cause, il n’est pas possible, il faut dire la vérité aux Guinéens, qu’on puisse donner 40% d’augmentation de salaire sur un exercice budgétaire et qu’on revient pour dire il faut augmenter encore. Pourquoi ? Les bailleurs de fonds nous  regardent.

Si on ne fait pas d’effort, un effort d’autodiscipline et de pertinence dans nos décisions, nous découragerons les gens. Comment voulez-vous  un budget de l’Etat qui est soutenu à 30% par l’extérieur, vous allez ouvrir des dépenses dans des postes. Evaluer 8 000 000 GNF plus les salaires de base, ça veut dire que le fonctionnaire guinéen ou l’instituteur guinéen est mieux payé que l’instituteur français. C’est ça en termes de salaire de base. Ce n’est pas possible. Alors, ce n’est pas crédible, ça mettrait le pays en difficultés, parce qu’on n’a pas les moyens de faire cela.  Quand souvent je dis aux gens ce n’est pas négociable, ce n’est pas de l’arrogance ».

Les consensus politiques au mépris de la loi

« D’abord, je voudrais vous faire observer que même si l’approche est cavalière, la méthode est mauvaise, on peut se réjouir du fait que  ça fait des économies de morts, économie des blessés, ça fait des économies de casses de maisons, casses de magasins ; pour moi, c’est cela l’important. Quand je dis entre l’ordre et la loi, je préfère l’ordre ; prenez une situation dans laquelle on avait trois à quatre événements dans la semaine de manière récurrente, avec tous les jours des casses de maisons, des blessés, parfois des morts, et on dit au nom de la loi ou à cause de la loi continuons comme ça. C’est une question de convenance propre, pour moi, c’est intolérable. Je ne viens pas au service public pour laisser les choses se faire, je suis au service public pour  garantir au minimum à mes citoyens la sécurité. Donc, ça ce n’est pas négociable. L’exercice politique, j’ai du respect pour les partenaires politiques, mais dans le respect de la loi. Ecoutez, il y a beaucoup de laisser aller, de laisser faire ; ça conduit à une situation de non gestion du pays, comme on l’a constaté avant qu’on arrive. La loi dit, puisque les gens aiment se référer à la loi, que quand vous organisez un événement, quand tu a des problèmes, tu dois en assumer les conséquences. Mais qui a été interpelé une seule fois dans ce monde politique, d’assumer les conséquences issues de l’organisation des émeutes pour des marches organisées ? Personne ! C’est ça la vérité. Alors, de manière pratique, on dit qu’on ne peut pas faire ça, parce que même si la loi le dit, on doit gérer humainement. Moi aussi, j’ai dit même si la loi le dit, on ne doit pas autoriser un défilement vers la perturbation de la ville. Ça, je suis ferme là-dessus ; je ne suis pas en train dire que c’est interdit, je suis en train de dire que si la stabilité sociale est menacée, si les conditions de sécurité ne sont pas réunies pour garantir qu’il n’y ait pas de conséquences collatérales fâcheuses, si ces conditions-là ne sont pas là, le gouvernement prendra ses responsabilités pour éviter que ces conséquences interviennent et qu’on soit dans une situation de regret d’ensemble. Donc, là-dessus, je reste ferme », a déclaré Kassory Fofana.

Une synthèse de Mamadou Bhoye Kadé Barry

 

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