La consommation de l’alcool n’est pas interdite à Labé, mais le préfet, le commandant Mamadou Lamarana Diallo, a fait fermer tous les bars, les dépôts de boisson alcoolisée et les maisons closes ‘’jusqu’à nouvel ordre’’. Le commandant souhaite ‘‘règlementer’’ la filière  avant leur ouverture. D’ici là des patrouilles de forces de l’ordre veilleront à l’application de la décision.

Il n’en fut pas plus pour que tôt le lundi matin, une délégation  de la ligue islamique conduite par El hadj Ahmadou Ly, imam au quartier Kouroula, se rende à la préfecture pour ‘‘remercier le préfet pour la décision salutaire’’. Pour l’imam : ‘‘ Les maquis à Labé prolifèrent dans les quartiers, comme on ne peut pas les fermer au nom de la laïcité, mais l’autorité peut les réglementer pour atténuer les dégâts liés à la consommation abusive de l’alcool à Labé. Nous ne sommes pas sans savoir que presque toutes les victimes des accidents qui se produisent ici font des comas éthyliques. Au nom de l’imam de la grande Mosquée, El hadj Badrou Bah et l’ensemble des fideles musulmans merci encore au préfet commandant Lamarana.’’

Pour la vice-maire, Hadja Tiguidanké : ‘‘cette initiative vient de loin, depuis longtemps cette lutte a été engagée. Je rappelle qu’un jour le préfet avait convoqué la mairie pour nous soumettre la décision, nous étions consentants. Ensuite nous avons élargi l’information au niveau des 28 quartiers de la ville, eux aussi étaient partant comme nous. C’est le fruit de ce consensus qui a abouti aujourd’hui. Donc il faut remercier le  préfet et son équipe.’’

Suite à la décision préfectorale, la commission chargée de réglementer le secteur s’est entretenue avec certains tenanciers des établissements visés. Thierno Aliou Barry, directeur préfectoral de la jeunesse et membre de ladite commission a tenu à préciser : ‘‘cette décision s’inscrit dans la dynamique de mettre de l’ordre, vous avez constaté la présence de toute la notabilité venue remercier la préfecture pour avoir déclenché cette action qui consiste à débarrasser Labé des maquis et autres lieux de loisirs impropres.’’

‘‘Mais, ajoute-t-il, cela ne peut se faire sans un travail technique préalable.  Parce que comme vous le savez, la Guinée est laïque et il n’y a aucun texte qui interdit la vente ou la consommation de l’alcool. Mais il est question de réglementer pour sauvegarder notre jeunesse à la destruction et éventuellement exiger des  documents qu’il faut pour ouvrir un maquis, un bar ou un établissement de ce genre. Nous ne pouvons pas interdire, on va lutter pour réduire le maximum possible’’.

Comme on s’y attendait, la fermeture des lieux de consommation d’alcool n’a pas fait que des heureux. Les tenanciers n’en sont pas contents. Docteur Pépé Pogomou est l’un d’eux : ‘‘cette décision je ne l’apprécie point, elle est venue de façon brusque, derrière la décision je vois une restriction de liberté. Parce qu’ils ont dit que tu aies des papiers ou pas il faut fermer. On n’a pas dit la raison exacte. Aujourd’hui moi j’ignore les raisons de cette décision. Ils ont juste exigé de fermer jusqu’à ce qu’ils finissent de trier qui doit ouvrir ou pas.’’

Il poursuit : ‘‘La décision n’est pas la bienvenue. Mais comme c’est l’autorité il faut se soumettre d’abord quelque soit l’espace de liberté que nous disposons. Mais elles doivent comprendre qu’une partie de la population vit de cette activité. Pour ne pas empêcher les familles qui vivent de ça de subvenir à leur besoin, le préfet doit alléger, fermer les bistrots qui ne sont pas légaux et nous laisser tranquilles parce que ceux qui ont répondu à l’appel sont officiels.’’

Alpha Ousmane Bah

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