Jean Marie Doré était d’une éloquence brulante et sarcastique. C’est lui qui, un jour, excédé par les incohérences, le manque de réalisme, les atermoiements de l’opposition guinéenne, a déclaré qu’elle était la ‘‘plus bête d’Afrique’’.

D’outre-tombe, l’ancien premier ministre observe, certainement non sans un air moqueur -comme à son habitude-, que cette bêtise des politiques devient une maladie très contagieuse et a fini par attaquer le mouvement syndical guinéen, du moins le duo CNTG/USTG.

Oui, comme le disait Jean Marie à propos de l’opposition guinéenne, nous pouvons qualifier le syndicat guinéen (CNTG/USTG) comme le plus bête d’Afrique.

Et pour cause ?

Pour se faire une cure de jouvence après la honte qui lui a été assenée par l’anarchosyndicaliste Soumah, le syndicat (CNTG/USTG) sans trop réfléchir à la défense des intérêts du travailleur, d’un coup de tête, s’est engagé dans une grève qu’il a ‘‘perlée’’ puis éternisée. Sans succès.

Refusant catégoriquement de discuter avec le gouvernement des mesures d’accompagnement, le vieux syndicaliste Louis M’Bemba Soumah et ses émules se sont engagés dans un combat qu’ils ne peuvent plus gagner : parce que leur arme de destruction massive qu’est la grève a du mal à prendre.

Dans leur guerre qui n’enchante que leur égo, ces leaders syndicalistes ont été abandonnés par ceux qui font le succès des grèves en Guinée : les enseignants, les banquiers, les transporteurs… Ils ne peuvent compter que sur quelques fonctionnaires -le plus souvent des syndicalistes-, qui en réalité sont bon an mal en… grève ! Et sont donc payés pour ne pas travailler.

Les deux principales centrales syndicales de Guinée sont à bien des égards atypiques.

Elles font la guerre aux fédérations (enseignants, transporteurs, banquiers etc.) qui doivent leur donner la force ; refusent de discuter des mesures d’accompagnement profitables aux travailleurs qu’ils sont censés défendre ; s’accrochent à un prix de carburant déjà accepté par les populations -quoi qu’on dise, depuis l’augmentation du prix du carburant, les stations-services ne sont pas boycottées- ;  lancent une grève sans service minimum même dans les hôpitaux –même si elle n’est pas suivie-, pendant que beaucoup de leurs membres disent avoir besoin de soins après avoir inhalé les gaz de la police ; acceptent de négocier quand elles perdent la bataille…

Si ce genre de démarche ne relève pas d’une bêtise, dites-moi alors c’est quoi ? Vivement un syndicat qui défend non pas la population, mais les syndiqués. Vivement donc, la réforme du syndicat guinéen.

Ibrahima S. Traoré pour guinee7.com  

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