La phase de transition politique qui correspond au passage d’un régime à l’autre, s’achève avec l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement et d’une assemblée législative résultant d’une élection libre et disposant d’un pouvoir souverain. Elle est généralement suivie d’une phase de consolidation de la démocratie pour en assurer la stabilité. Quel est le bilan que chaque citoyen individuellement pris peut donner sur notre démocratie surtout quand on sait que la majorité des populations sont victimes d’abus au quotidien ?

Dans un premier temps il faut comprendre qu’il y’a deux valeurs qui fondent la démocratie : la liberté et l’égalité.

L’égalité civique

La démocratie implique tout d’abord l’égalité civique. Dans une démocratie, les citoyens sont tous soumis aux mêmes lois et ne se distinguent les uns des autres que par le mérite. Le but n’est pas d’assurer les mêmes ressources a tous les citoyens mais de garantir l’égalité de tous devant la loi grâce à l’impartialité de la justice. C’est ce qu’on appelle l’Etat de droit. Faites un micro-trottoir pour vous rendre compte de la gravite causée par ce manque. « Les guinéens ont toujours eu soif de Justice depuis 1958, et l’écart est loin d’être satisfait ».

La séparation des pouvoirs

La démocratie implique aussi la liberté. Assurer les libertés fondamentales de l’individu est donc l’une des conditions de l’existence de la démocratie. C’est le but de la séparation des trois pouvoirs : le pouvoir de faire des lois (législatif), le pouvoir de les appliquer (exécutif), et le pouvoir de les faire respecter(judicaire).

S’il y’a un pays qui souffre encore de la séparation des pouvoirs c’est bien la Guinée et pire rares sont ceux qui démissionnent, et préfèrent rester pour préserver leurs avantages au détriment de leur serment !

Le pluralisme politique

La démocratie implique enfin que la vie politique soit organisée de façon à permettre l’expression de toutes les opinions : c’est le pluralisme politique Il s’exprime par la tenue d’élections libres au cours desquelles le peuple élit ses représentants au moyen du vote ou suffrage universel, égal et secret. C’est le système de la démocratie représentative. Avec des preuves irréfutables, toutes les institutions en charge des élections sont des vaches laitières où règnent la corruption et les chantages. Par conséquence, nos suffrages sont confisqués, détournés et ne reflètent jusqu’à présent pas la véracité des urnes. A quoi ont servi donc tous ces milliards engloutis dans l’organisation de simples mascarades électorales aux conséquences catastrophiques ?

Les enjeux actuels du débat sur la défense de la démocratie en Guinée

La démocratie est fragile. Elle est sans cesse à défendre et à consolider, comme en témoignent aujourd’hui des sujets aussi importants que le cumul des mandats électifs cas illustratif des députes guinéens. La corruption généralisée et légalisée dans toutes les institutions étatiques et dans les partis politiques ; car la démocratie ne peut s’accommoder de la concentration des tous les pouvoirs entre les mains de quelques « spécialistes » de politique ni détournement de l’argent public à des fins privées ou politiques.

Une autre question, peut-être encore plus grave, est celle de l’indépendance des juges a l’égard du pouvoir : les juges sont les garants devant la loi ; si un gouvernement peut ralentir ou étouffer un procès, c’est que la démocratie ne fonctionne pas encore parfaitement.

Le combat pour la démocratie dans notre pays durera tant que les droits des citoyens guinéens ne seront pas respectés a tous les niveaux de la vie sociopolitiques et économique et par tous (gouvernants et gouvernés). Pour restaurer la liberté il faut aussi dépolitiser au maximum la société guinéenne et reprendre le pouvoir qui nous a été confisqué par les urnes à travers des associations de partis Etat et des réseaux d’organisations sécrètes qui pullulent dans nos cités.

Il faut donc réduire le plus possible la sphère d’action de la loi et de l’Etat sur les organisations de la société civile, le syndical et le secteur privé…

Mais pour cela bien sûr, il faut arrêter de voter pour des candidats-fonctionnaires qui ne peuvent que contribuer à augmenter les dépenses publiques (à détourner) et a l’asservissement des citoyens. Cependant, un fonctionnaire élu est à la fois Juge et partie, c’est le cas en ce moment de la « clochardisation » de notre administration publique en général. Il doit décider du montant des dépenses publiques alors même qu’il en vit…absurde et injuste. Il faut également boycotter toutes les entreprises, et toutes les associations qui vivent de l’argent public au détriment des populations.

Et ne comptons pas sur les partis politiques pour y arriver. La protection sociale c’est leur argument électoral favori. Il faut prendre des initiatives dans tous les domaines pour proposer des alternatives privées aux services publics : auto-medication, auto-éducation, auto-défense, auto- édition, auto production alimentaire…

Es ce possible d’espérer à une alternance paisible et acceptée par tous en 2020 ?

La société juste ne se construit pas d’en haut. Elle doit émerger des libres initiatives de chacun. Cette autre voie, c’est celle de la décentralisation du pouvoir, de la concurrence et de la responsabilité individuelle. La solution c’est de multiplier les unités administratives et de les mettre en concurrence. Les citoyens pourront ainsi se détourner eux-mêmes des gouvernements autoritaires et mal gérés et rejoindre ceux qui produisent les meilleurs services au plus bas coût dans l’amélioration de leur qualité de vie.

La démocratie en guinée est devenue un obstacle à notre développement socio-économique. Le pays risque de payer les frais de cette mal gouvernance endémique qui n’a que trop durée avec toutes ses conséquences dramatiques. Tous les acteurs sociaux politiques ont été à plusieurs reprises interpellés. Mais hélas ! au lieu d’anticiper et éviter le pays de sombrer dans le chaos à cause du vide institutionnel qui s’installe de jour en jour. Ils (tous les politiciens confondus) sont en train d’entretenir le flou en jouant avec la montre face aux risques que sont les crises récurrentes dans tous les rouages de la société guinéenne et surtout dans l’organisation dans les délais d’élections libres et transparentes, tâche qui incombe à l’Etat et avec tous ses partenaires qui doivent mettre la pression bien sûr pour le respect obligatoire des calendriers électoraux.

Chacun est libre de réfléchir et d’apporter sa contribution en faisant une analyse pertinente et objective sur le bilan a mis parcourt de notre « démocratie » à la sauce guinéenne !

 Mais au regard de cette génération d’acteurs politiques (du 3eme âge) en déphasage avec les vraies réalités de notre pays et pire qui sont déconnectés du monde extérieur et moderne, nous restons encore sur notre faim, car d’après l’autre : « l’alternance est la respiration dans une démocratie de multipartisme. Son asphyxie provoquera une mort par violence sociale ».

 L’horizon est sombre et lugubre et toutes les conditions ont été créés exprès par ceux-là même qui devraient protéger notre jeune démocratie. Par une complicité active ou passive de tous les acteurs politiques à tous les niveaux sont concernés, le constat est alarmant car notre démocratie est toujours malmenée, voire même en train d’être assassiner au jour le jour pour des intérêts pécuniaires !

Pour terminer, nous exhortons tous les citoyens guinéens d’accepter de prendre leur destin en mains et de continuer à lutter pour le bien-être de tous en consolidant nos acquis démocratiques. De ne jamais céder face à l’intimidation et aux effets pervers des avantages liés à l’argent et au rang social car la Guinée de demain se construit maintenant avec la contribution de tous. N’ayez jamais confiance à 100% aux marchands d’illusions et continuons la lutte collective pour le bien-être et l’intérêt supérieur et général de notre pays et de tous nos compatriotes.

 En guise de réflexion méditons encore tous sur cette citation de Laurent Fabius : « On n’accepte pas vraiment l’alternance politique quand on refuse l’alternance économique ».

Le temps nous édifiera !

Abdoulaye Barry

Citoyen Guinéen

 

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