Récemment le président du Conseil national des organisations de la société civile de Guinée ‘’CNOSCG’’ a accordé une interview à notre reporter sur les innovations apportées au sein de l’institution, les tiraillements avec  Salamana Diallo, son analyse de l’adoption de la Convention sur le cadre d’investissement du projet Simandou par l’Assemblée nationale, sa lecture par rapport au colloque international qui a réuni les représentants des Organisations des sociétés civiles des pays de l’Afrique de l’Ouest à Accra au Ghana etc…

Depuis votre élection à la tête de la présidence du Conseil national des organisations de la société civile de Guinée, quels sont les changements que vous avez apportés à cette institution ?

Dansa Kourouma : Je crois que ça fait déjà cent-dix jours que nous sommes à la tête de cette organisation. Mais en toute honnêteté, nous avons imprimé une dynamique dans  la gestion de cette institution. Le nouveau que nous avons apporté, ce sont  la communication et  la transparence. Premièrement,  Nous avons institutionnalisé le contrôle interne à tout moment  comme moyen de gouvernance, deuxièmement,  nous avons nommé  un chargé de lutte contre l’impunité  et la corruption qui gère la commission des contrôles  internes. Au troisième niveau, un merling groupe, toutes les informations liées aux activités du président  et des membres du bureau exécutif sont diffusées sur la base de ce merling groupe et les réunions se tiennent de manière régulière. Tout ça, c’est d’éviter que le soupçon ne s’installe. Au quatrième niveau, nous avons lancé un programme d’audit, l’auditeur sera recruté dans les prochains jours  pour faire un audit institutionnel de l’organisation dans le cadre d’identifier les faiblesses et les insuffisances du dispositif de  gestion et apporter les outils nécessaires. Mais en tout état  de cause, les changements  fondamentaux apportés, ce sont  le rajeunissement, le renforcement de la confiance et la transparence. Ça, ce sont les éléments palpables pour le bon fonctionnement  de l’organisation.

Recensement, le torchon brûlait entre Salamana Diallo et  vous. Et d’ailleurs, il a refusé de reconnaitre votre élection à la tête du CNOSC. Où en est-on ?

Je ne sais pas en qualité de quoi, Salamana refuse de reconnaître ma présidence ou pas. Salamana n’est plus au conseil régional de Conakry et le conseil national est composé de deux ensembles,  notamment, les réseaux nationaux, il n’a pas un réseau national et deuxièmement, les conseils régionaux pré fédéraux et sous pré fédéraux.  Alors, le conseil régional de Conakry est désormais présidé par  Abdoul Sako. M. Salamana a été remplacé lors d’un congrès officiel tenu à la commune de Matam qui a promu  Sako à la tête de cette organisation. Par ailleurs, il peut se prévaloir son droit de membre fondateur mais il n’est plus membre de la structure. Alors,  si parmi les quatre cent vingt mille personnes du conseil, c’est une seule personne qui conteste mon élection, je dirai que c’est une très bonne chose ça. Et, si on n’a pas de contestation, on ne peut pas avancer. Mais il faut que la contestation soit objective et fondée. Et, les allégations faites par M. Salamana, c’est  une pure  réprobation contre ma personne. Mais, ce n’est pas contre ma façon  de faire. Parce que moi, je sais que je travaille  dans la grande transparence. Le reste, je l’invite à discuter avec  moi et  je lui tends la main pour qu’il revienne dans les rangs pour continuer à apporter ses sages conseils pour le bon fonctionnement de l’organisation. Il n’a pas encore accepté ma main. Mais je ferai tout ce qui est possible pour que tous les membres fondateurs du conseil qui sont découragés, puissent revenir, afin que nous puissions ensemble avoir une organisation solide, parce que la Guinée a besoin du conseil national à cause de son expérience, à cause de son niveau d’implantation. C’est vrai qu’il y a eu des erreurs mais elles sont en train d’être corrigées. Et, nous allons partir sur de nouvelles bases. Salamana  n’est pas un danger majeur pour moi, c’est un grand-frère, je le respecte beaucoup. Mais en effet, il ne peut pas me perturber dans ma bonne foi et redorer l’image de l’organisation.

Quelle est votre analyse sur l’adoption de la Convention du cadre d’investissement du projet Simandou par  l’Assemblées nationale ?

Je pense que le document a été signé en ma présence au palais. Malgré que les différentes annexes du document n’aient pas été publiées encore, je voudrais que le Premier ministre et le ministre d’Etat chargé des Mines et de la Géologie acceptent d’informer officiellement  la coordination de l’ITIE Guinée, mais aussi  la société civile guinéenne, pour  que nous puissions rentrer en possession de ce document  dans la perspective de faire une analyse profonde. Parce que, c’est un document qui engage le pays pendant plusieurs décennies. Donc, c’est important que la société civile ait un regard sur ce document pour comprendre la profondeur. Au deuxième niveau, un investissement de 20 milliards de dollars US, je crois qu’en tant que guinéen, c’est une très bonne chose pour le décollage économique du pays. Mais attention, le volume ou la taille ne doit pas nous endormir la conscience jusqu’à ce que nous perdions la faculté  de surveillance, de veille et d’alerte pour ne pas que cet investissement se passe sur la base des anciennes  pratiques que nous connaissons. Les pratiques basées sur l’influence, sur la corruption et sur les détournements. Il faut faire de telle sorte que la société civile doit développer son expertise en matière minière.  Et,  je profite de cette occasion, pour vous informer qu’il y a une initiative qui pointe à l’horizon qui permettra au Conseil National des Organisations de la Société Civile d’analyser l’environnement minier guinéen  et faire des propositions concrètes au gouvernement. Nous apprécions la signature de ce document, le volume de l’investissement, la  bonne foi des différentes parties contractantes de se faciliter  mutuellement les opérations,  afin qu’un partenariat ‘’ gagnant-gagnant’’ soit au point.  Mais, nous restons vigilants et nous demandons au Premier ministre, chef du gouvernement et le ministre chargé des mines, d’informer la société civile, soit sur la base d’une réunion qui aura lieu avec  les différentes plates formes de la société civile et de l’ITIE pour que nous prenions les différents documents qui ont été parafés ce jour-là.  En effet, le parlement a ratifié ce document parce que ça ne demandait pas une majorité qualifiée pour le faire, c’est une autorisation de la Constitution. Parce que, la Constitution dit que le président de la République  négocie et signe une Convention internationale. Alors, cela ne peut rentrer qu’en vigueur si elle est ratifiée par le Parlement. Mais ce qui est regrettable,  la  ratification de cette Convention s’est déroulée sans l’opposition. Alors,  ce n’est pas un danger en soi mais, on aurait trouvé une certaine élégance dans l’adoption de cette Convention si l’Assemblée était dans toute sa dimension, afin de conférer  une solennité à ce document. L’absence de l’opposition n’explique pas la mauvaise ou la bonne qualité de ce document. Mais ça entache  sur la solennité de l’acte, parce que nous sommes tous les composantes et les fils du même pays. Donc, c’est important  que sur des questions qui engagent l’avenir des générations que toutes les composantes politiques et sociales du pays s’accordent sur le strict minimum pour que l’horizon puisse s’éclairer pour la Guinée.

Vous venez d’assister à un colloque international à Accra (Ghana) qui a réuni les sociétés civiles de l’Afrique de l’Ouest. Faites-nous  la lecture de cette rencontre ?

Bon, la rencontre d’Accra portait sur le rôle de la société civile dans les reformes électorales en Afrique. C’est une rencontre qui a été organisée  par ‘’le Centre pour le Développement de la Démocratie du Ghana’’ qui assure le secrétariat du réseau ouest africain de surveillance électorale pour lequel, j’assure la première vice-présidence. Alors, la rencontre nous a permis de discuter avec la CEDEAO et les institutions sous régionales sur l’appui de la société civile pour opérer,  proposer ou influencer  les reformes électorales dans le pays. Alors, il y a cinq pays de l’Afrique de l’Ouest qui vont organiser les élections en 2015 dont la Guinée. Donc,   il est important que nous mutualisions nos actions, afin que nous échangions de bonnes pratiques pour  que les reformes électorales puissent tenir compte, n’est-ce pas des références africaines en matière de démocratie d’élection. Je fais référence à l’Union Africaine sur la gouvernance et les élections par exemple, le protocole de la CEDEAO sur la bonne gouvernance et le protocole additionnel.

In L’Indépendant, partenaire de guinee7

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