Entre le mois d’aout et le mois de septembre dernier, l’Inspection générale d’Etat (IGE) était dans les murs de la Loterie nationale de Guinée (Lonagui). Après cette mission, l’inspection a, dans son rapport, décelé un trou béant dans les caisses de la Lonagui, mais aussi pointé du doigt des failles au niveau du fonctionnement de l’établissement. En un mot ou en mille, la gestion de Cherif Haïdara, aux yeux des inspecteurs, est calamiteuse.
L’IGE a vérifié les comptes de l’établissement pour l’exercice 2016, 2017 et les six premiers mois de 2018. Elle rapporte que pendant cette période, Lansana Cherif Haidara, le directeur général, a ordonné des dépenses de plus de 25 milliards GNF, sans pièces justificatives ; et pire, plus de 11 milliards GNF auraient disparu des caisses.

Comme le veut la règle, l’IGE a transmis son rapport à l’agent judiciaire de l’Etat qui a convoqué M. Lansana Cherif Haidara, et qui pourrait, contre lui, engager une poursuite judicaire.

Que dit Lansana Cherif, ancien secrétaire général du RPG, parti au pouvoir, en France, pour sa défense ? Une source proche de lui crie à la cabale et met en exergue ses ‘‘prouesses’’ à la tête de l’établissement. ‘‘De 2000, date de création à 2012, les recettes totales de la Lonagui étaient à près de 25 milliards de francs guinéens ; et de 2012 (prise de fonction de M. Haidara, NDLR) à nos jours la Lonagui a fait une recette de 171. 539.623.659 Gnf’’, nous indique cette source sans directement répondre aux accusations portées par l’IGE. Et cette source d’enfoncer le clou : ‘‘Le nerf de la guerre, c’est bien le partage de l’argent. Et pour l’avoir, il faut sacrifier le dur-à-cuir et ce dernier n’est autre que Haidara qui refuse de céder à la gourmandise des loups sans moralité. C’est le mal à écarter par tous les moyens. C’est notamment, le gros montage de scandale financier.’’

On sait tout de même que dans un passé récent, dans la presse, le directeur général adjoint de la Lonagui, M. Ibrahima Sory Keita, qui a remplacé Lansana Cherif, à la tête du RPG en France, avant de rentrer en Guinée, avait lancé des alertes sur ‘‘la gouvernance bancale de la société d’Etat, la Lonagui, (où) les employés souffrent injustement de cette gouvernance solitaire, autoritaire, discriminatoire, irrespectueuse des normes de gouvernance d’une société d’Etat, gouvernance de gabegie, de concussion notamment.’’
Il ajoutait ceci à l’époque : ‘‘A ce jour, ces alertes n’ont produit aucun résultat.’’ Et parlait du ressenti de l’impunité chez la population : ‘‘Ce ressenti d’impunité est d’autant plus poignant que l’Inspection Générale d’Etat avait produit en septembre 2015 un rapport qui devait se traduire, au bas mot, par un total redressement de la gouvernance Lonagui, au bas mot, disons-nous, car dans l’échelle de sanction d’une Inspection Générale d’Etat dans les pays modernes, c’est vraiment au bas mot, mais paradoxalement la gouvernance bancale continue de plus belle!’’

Pendant qu’il faisait cette déclaration, une autre inspection était à la Lonagui. C’est cette inspection qui a produit un rapport accablant pour Cherif Haidara. Comme quoi, la Lonagui est dans une zone de turbulence. Et c’est pas du jeu. Espérons que que la montagne accouche de l’argent public à retourner dans les caisses de l’Etat ou d’un gros procès.

Ibrahima S. Traoré pour guinee7.com

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