En ce temps de ramadan, il se passe des choses pas très musulmanes entre membres de la Mouvance présidentielle. Des coups bas, des crocs-en-jambe, des mots peu coopératifs encore moins diplomatiques par… médias interposés. Leurs divergences ne sont malheureusement pas des questions d’idéologie dans la gestion de la chose publique mais des questions bassement liées aux personnes, aux jeux d’intérêts.  Ci-dessous quelques petits cas de ‘‘je t’aime moi non plus’’ à quelques encablures du Palais Sèkhoutoureya.

‘‘Un ennemi, on l’embrasse pour mieux  l’étrangler’’ enseignait Nicolas Machiavel, auteur du livre ‘‘Le Prince’’. Au rythme où vont les choses, il ne restera bien tôt plus assez de cous pour appliquer une quelconque étreinte.

Tenez, le premier ministre Mohamed Said Fofana semble entretenir des relations acides avec Malick Sankhon, patron de la Caisse Nationale de Sécurité sociale. Chacun semble vouloir attirer l’attention particulière du chef de l’Etat sur ses actions dans la perspective d’une réélection en 2015. Et comme tous évoluent sur le même champ (la Basse Guinée), les télescopages ne finissent pas. « Mangué firin mou louma taa kéren » (il ne peut y avoir deux chefs dans un même village), dit-on dans cette partie du pays connu pour ses adages caustiques. En tout cas les deux personnalités utilisent leurs ‘‘bras droits’’ pour se taper dessus. Et sans concession.

Au même moment, Lounseny Fall et Koutoubou Moustapha Sanoh, s’envoient, par presse interposée, des mots par très… coopératifs encore moins diplomatiques. Le premier ferait le reproche au second d’empiéter sur ses compétences ministérielles. Et celui-ci rétorque en rappelant qu’il fait mieux son travail et que c’est son action qui a permis d’ouvrir en faveur de la Guinée une vanne de financements de certains projets. Contrairement à Lounseny Fall qui parlerait plus qu’il n’agit. A la décharge de Fall, les couloirs de la diplomatie ne s’accommodent pas de trop de bruit. Mais le fait est là, déplorable et pas de très haut vol (doux euphémisme !)…

L’autre guéguerre c’est bien entre Moustapha Naïté, ancien directeur du Patrimoine Bâti public, ministre de la Jeunesse et Jonas Mukambo Diallo, ancien patron des audits, aujourd’hui directeur du Patrimoine Bâti public. Sous des dehors policés, les deux se vouent une inimitié sourde et impulsive. Tous deux, ‘‘petits du président’’, ils ont du mal à transcender ce qui les désunit. Il est que les styles sont différents : le premier est taxé par ses détracteurs d’apparence affable mais d’un cynique calculé, le second traînerait une image plus antipathique même si ceux de son cercle contestent ce portrait. Chacun, encore une fois par presse interposée, met sur la place publique les casseroles ou chaudières que traine l’autre. Au bénéfice de la République ?

En un mot ou en mille, il y une très grande fragilité de la majorité présidentielle à la veille de la prochaine présidentielle. Il faut reconnaitre par ailleurs que cette majorité est hétéroclite ; elle a été formée juste autour de la victoire d’Alpha Condé. Difficile dans ces conditions de mettre en avant, en tous lieux et en toutes circonstances, la chose publique.

Ibrahima S. Traoré

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