Ils étaient plus d’une centaine de personnes des deux sexes confondus parmi lesquelles figuraient des gens du troisième âge, des adultes et des enfants, voir même des nouveau-nés, des estropiés, des paralysés, des manchots, des non et malvoyants, des albinos et des mongoliens. Ils avaient élu quartier à la devanture et à l’alentour de la mosquée Fayçal de Conakry, la majorité ou tous venus des provinces, pour  monnayer qui leur handicap, qui leur invalidité, qui leur albinisme contre de l’argent ou des offrandes venues des personnes auxquelles les marabouts, les charlatans et les oracles ont recommandé de faire des sacrifices. Ils vivaient entassés dans des baraquements de fortune et satisfaisaient sur place tous leurs besoins physiologiques, dormaient à même le sol sur des nattes en tout temps et en toute saison.

Pour les mettre hors de la vue des convives que le pays attendait dans le cadre de l’organisation de la quarantième session des Ministres des affaires étrangères des pays membres de l’Organisation de la Conférence Islamique (O.C.I) qui se tenait à Conakry du 9 au 11 décembre 2013, le gouvernement guinéen a procédé à leur recensement en les catégorisant par familles qui étaient un peu plus de 190. Chacune d’elle a reçu le montant de  dix millions de francs guinéens en contrepartie de quoi elles  ont volontairement embarqué dans des autocars pour leurs préfectures d’origine. Beaucoup de ceux qui avaient refusé de venir se faire enrôler, apprenant que les autres ont bénéficié d’argent, sont venus à leur tour afin de recevoir leur part. Il a fallu employer la méthode forte pour les bouter hors de là.

On croyait avoir terminé avec eux, sauf qu’on s’est trompé de jugement sur toute la ligne. Les revoilà qui refont surface.

En petits groupes on les rencontre un peu partout à Conakry. Beaucoup de déguerpis de la mosquée Fayçal se sont donnés rendez-vous à Taouah du carrefour de l’ex Transit à celui du marché, ayant comme base la devanture du siège de la mairie de Ratoma. Faites un tour à la mosquée sise au quartier Kipé adjacente à l’école privée Hadja Hawa Djodj après l’usine Métal-Guinée. Ils sont aussi installés les long de la cour de l’Aviation militaire.

À kaloum, en face de la place des Martyrs et en face de la banque centrale de la république de guinée, la colonie se reconstitue progressivement.

La cité de la solidarité, bâtie par la première république pour une réinsertion sociale de ces personnes démunies et toutes leurs familles, s’avère à ce jour nettement petite pour contenir tous ses nécessiteux. ‘‘Il ne sert à rien de loger quelqu’un dans un château sans lui créer certaines conditions vitales dont les premières sont les sécurités alimentaire et sanitaire à défaut de quoi, il retournera où se les procurer’’, commente psychologue.

‘‘Si dame nature les a défavorisées, tel n’est pas le cas de leurs progénitures qui sont nés sains et saufs ne souffrant d’aucune malformation congénitale et d’aucun handicap ni physique, ni mental. Ils doivent être à l’école pour s’instruire ou se former aux métiers pour se soutenir plus tard et aussi leurs frères et sœurs pour ne pas terminer leur vie dans la mendicité comme leurs parents. On peut naître de parents mendiants ou naturellement lésés et être un homme très important dans la société de par son instruction ou de par son rang social’’, poursuit notre psychologue.

Un membre d’une ONG de défense de droits des handicapés rappelle que ‘‘le  célébrissime albinos Salif Kéita ou Amadou et Mariame (couple malien de chanteurs non-voyants, NDLR), seraient quelque part en train de faire la manche le long des rues Bamakoises s’ils n’avaient pas persévéré et réussi dans la musique qu’ils font avec brio.  Un autre exemple illustratif est le cas de ce haut cadre très compétent à la tête d’une O.N.G spécialisée dans les micros finances, formant, finançant, et conseillant des groupements artisanaux et agricoles en Guinée, est lui-même paraplégique de naissance. Que dire des artistes comme Mai Kouyaté, Abdoulaye Sonty (alias koundou waka) ?’’

Selon l’activiste ‘‘la meilleure solution de les débarrasser de nos rues n’est pas la répression. Il serait judicieux de les recaser dans une cité d’une grande capacité d’accueil et bien équipée, inscrire leurs enfants dans des écoles ou des centres de formation professionnelle afin de leur réserver un avenir radieux. Ceci pas par pitié, car c’est un de leurs droits, celui  de jouir d’une vie descente. Alors, que les autorités étatiques concernées sortent de leur  léthargie pour enfin nous tirer cette épine du pied’’.

Bayo Ibrahima Kalil

 

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