Le jeune homme était jugé mardi pour avoir refusé d’embarquer dans un avion pour Conakry. La défense a déjà fait appel, invoquant une absence d’interprète.
Nouvel épisode (et pas le dernier) dans l’affaire Moussa Camara, du nom de cet homosexuel guinéen menacé d’expulsion. Pour avoir refusé d’embarquer dans un avion pour Conakry début mai, le jeune homme de 28 ans a été condamné mardi par le tribunal de Lyon à deux mois de prison ferme et deux ans d’interdiction de territoire.
Seulement la défense a d’ores et déjà prévu de faire appel, en raison d’un problème d’interprète. Ce procès, initialement prévu en mai, avait déjà été reporté en l’absence de traductrice en langue soussou. Ce mardi, la personne convoquée parlait plusieurs langues de l’Afrique de l’ouest mais pas le soussou.

Le tribunal a toutefois décidé d’examiner l’affaire, estimant que Moussa Camara avait « une connaissance suffisante de la langue française ». « Il est hors de question que cette audience se tienne. C’est une atteinte aux libertés fondamentales », s’est emportée son avocate, Me Florence Alligier, qui a quitté la salle afin de demander l’intervention du bâtonnier du barreau de Lyon, Me Farid Hamel. Pour Me Hamel, « l’affaire sera rejugée et très certainement renvoyée devant le tribunal correctionnel car un mauvais interprète équivaut à une absence d’interprète ».

Parti pour fuir les persécutions contre les homosexuels

En larmes dans le box, Moussa Camara ne s’est pas exprimé devant le tribunal. Artiste acrobate, il était arrivé en France en 2015 avec une autorisation temporaire de travail. Sa demande d’asile avait été rejetée en 2017.

Le jeune homme affirme que son compagnon a été lynché par sa famille en Guinée, qu’il a quittée pour fuir les persécutions contre les homosexuels. En Guinée, l’homosexualité est passible d’une peine allant jusqu’à trois ans de prison.

La procureure, qui avait requis dix ans d’interdiction de territoire, a émis un doute sur l’homosexualité de Moussa Camara, s’appuyant sur des extraits de la procédure, lus à l’audience, où le Guinéen se dit « bisexuel » et assure avoir une « compagne enceinte ».
« C’est l’illustration parfaite que M. Camara ne parle pas suffisamment français », a rétorqué Me Alligier à l’issue de l’audience, en ajoutant qu’il n’avait « jamais entretenu de relation amoureuse avec la jeune femme en question ».

Cette décision de justice a ravivé l’émotion autour de cette affaire. Notamment de la part de l’association AIDES, qui a organisé un rassemblement place de la République à Paris mardi soir.

Avec AFP

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