Lors de sa réunion plénière tenue le 28 avril dernier au siège de l’Union des forces du changement (Ufc) situé à Cosa, l’opposition a annoncé des poursuites contre la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) et le ministre de l’Administration du territoire et de la décentralisation, Bouréma Condé, pour avoir semé la «confusion» dans la répartition des quotas au niveau des démembrements de l’institution chargée d’organiser les élections en Guinée. Une situation provoquée par la position ambigüe de l’Union des forces républicaines (Ufr) de Sidya Touré, qui tout en voulant manger à tous les râteliers, joue ainsi les trouble-fêtes dans la perspective des élections communales et communautaires.

Lors de la plénière du jeudi dernier, les membres de l’opposition républicaine ont dénoncé pour la énième fois la présence des délégués de l’Union des forces républicaines (Ufr) au sein des quotas attribués à l’opposition. Une présence qui tranche avec la nouvelle orientation prise par cette formation politique, qui a rallié la majorité présidentielle, au lendemain des résultats de la présidentielle du 11 octobre. Son président, M. Sidya Touré a été nommé dans la foulée, haut représentant du chef de l’Etat. Et du coup, la direction du parti a annoncé publiquement ne plus militer au sein de l’opposition.

Mais voilà que des représentants de l’Ufr se retrouvent comme un cheveu sur la soupe, au sein de certains démembrements de la Ceni, à l’issue des quotas attribués à l’opposition. Ce que Cellou Dalein Diallo et ses pairs trouvent injustes, tout en criant au scandale. A noter que sur les 38 circonscriptions électorales,  24 sont concernées par cette zizanie.

Comme l’a souligné le porte-parole de l’opposition, Aboubacar Sylla, à la sortie de leur plénière, jeudi dernier. « Il y a 10 démembrements de la Ceni dans les quels nous avons des représentants qui ont déjà prêté serment, et qui ont bénéficié de la formation. Mais des circonscriptions dans lesquelles des démembrements sont composés de certains représentants de l’Ufr sur les quotas de l’opposition. Donc c’est une situation anormale. Nous  avons décidé d’introduire au près de la justice un recours en annulation, pour que la recomposition de ces démembrements soit reprise », a indiqué le porte-parole de l’opposition.

En ce qui concerne les 14 autres démembrements qui ne sont pas encore installés, Aboubacar Sylla a annoncé que l’opposition ne participera pas pour le moment à leur composition. « Nous avons décidé de suspendre notre participation jusqu’à ce que la question de l’UFR et de tous les partis de la mouvance présidentielle, qui veulent aller s’aligner derrière les partis de l’opposition, pour bénéficier de leurs quotas, soit résolue. Nous avons donc décidé de demander à nos représentants initialement désignés au niveau de ces 14 démembrements, d’aller avec les listes communes consensuelles qui avaient déjà été obtenues au niveau de l’opposition, pour exiger que ces listes soient prises en considération pour l’installation de ces démembrements. Là aussi on a introduit des recours au niveau des tribunaux », a fait savoir Aboubacar Sylla.

Mais l’opposition ne compte pas en rester là. A en croire en tout cas son porte-parole, une autre plainte visant la Ceni et le ministre de l’Administration du territoire, pour avoir  crée “la confusion” lors de la répartition des quotas, sera déposée au près des tribunaux compétents, selon lui.  « Nous avons engagé des poursuites contre la CENI et le ministre de l’Administration du territoire qui refusent de se prononcer, et qui ont crée la confusion dans cette répartition des partis politiques en fonction des différentes mouvances. Nous avons donc demandé à ce que la justice se prononce sur le sujet. Parce que ni le ministre de la Justice, ni le ministre de l’Administration du territoire saisis à cet effet par un courrier de l’opposition, et qui ont accepté de recevoir en audience une délégation de cette opposition, ni la Ceni ne veulent se déterminer sur les répartitions des partis selon leur mouvance. Alors que cette question est réglée par la loi », a déploré Aboubacar Sylla, lors de son compte rendu de réunion.

Pour le président de l’Ufc, ce comportement de ces commis de l’Etat viserait à les divertir, en prélude à la tenue des élections prévues en octobre prochain.  « Mais je crois qu’on veut semer la confusion. Faire en sorte que l’opposition soit divertie par ces questions. Pour nous, ce sont des manières de diversions dont le seul objectif c’est de faire en sorte qu’on se désintéresse des problèmes fondamentaux du processus électoral et de la situation politique économique et sociale désastreuse de ce pays. Nous refusons de tomber dans ce piège », a-t-il lancé, en guise de conclusion.

On le voit, à moins de 6 mois de la tenue des élections communales et communautaires, la situation  commence à s’enliser dans  les rapports entre les acteurs politiques. Reste à savoir quelle sera l’issue des différents recours portés par  l’opposition devant les tribunaux. En attendant, il faut dire que l’Ufr dans son rôle de trouble-fête risque de donner du fil à retordre à ses anciens alliés. Vu que le parti fait en quelque sorte du funambulisme, en se réclamant en même temps de l’opposition et de la majorité présidentielle.

le démocrate

Amadou Sadjo Diallo

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