Suite aux coupures dont font l’objet les différents quartiers de Conakry, ces derniers temps, notre rédaction s’est rendue, ce jeudi 04 janvier, dans les locaux de l’entreprise Electricité de Guinée (EDG), où Boubacar Siddy Diallo, chef du service Relations presse et Relations publiques, au niveau du département Communication et Marketing, a tenté d’éclairer la lanterne des populations par rapport aux nombreuses questions liées à l’entreprise.

Guinee7.com : Quelle explication pouvez-vous nous donner par rapport à cette perturbation de la desserte en électricité constatée ces derniers jours ?

Boubacar Siddy Diallo : Pour être franc et direct avec vous, laissez-moi vous dire que l’entreprise EDG est confrontée actuellement à de multiples perturbations de la desserte ; ceci est dû à une insuffisance de production qui est dû à un manque d’eau au niveau des barrages hydroélectriques et à un problème d’approvisionnement de carburant nécessaire au fonctionnement des centrales thermiques.

La Guinée est caractérisée par la présence de deux saisons, une sèche, qui part du 15 novembre pratiquement au 15 juillet et une autre pluvieuse, qui est très courte, qui part de juillet à novembre. Pendant la saison pluvieuse, nous n’avons pas assez de difficultés pour produire l’électricité, dans les conditions normales. Pendant cette même période, nous avons des lacs, des réservoirs, ou nous retenons l’eau ; nous avons un grand réservoir à Garafiri, qui fait fonctionner la centrale de Garafiri et la centrale de Kaléta. Nous avons un autre réservoir au niveau du système Sanou (c’est-à-dire Donkèya, Banèya et les Grandes chutes), qui est au niveau de Kindia, qui fait fonctionner ces barrages en cascade ; donc le barrage de Banèya, il reste fermé l’hivernage et ce sont des choses journalières ; tant qu’il y a l’eau, on fait fonctionner, lorsque l’étiage rentre à partir du 15 novembre, on commence à déstocker l’eau au niveau du barrage Banèya pour permettre le fonctionnement des centrales hydroélectriques qui sont sur le système Sanou. A Garafiri, c’est la  même chose, dès que la saison sèche rentre, nous commençons à déstocker l’eau pour faire fonctionner les centrales à partir des réserves qui existaient. Mais l’entreprise a un plan de production pour permettre à la Guinée d’avoir de l’électricité pendant tout le temps, mais on ne peut pas déstocker toute l’eau à la fois ; il y a un plan de production que nous respectons. Lorsque la saison sèche est là, l’eau est en train d’être déstockée, on ne peut pas produire comme si rien n’en n’était, parce que l’eau que nous déstockons ne se remplace pas, dès que l’eau est déstockée, elle est turbinée et elle continue, il n y a pas un retour en arrière.

Justement, pendant la période de construction du barrage Kaléta, nous aurions appris que c’était un barrage à cycle fermé, qu’en est-il ?

Les gens qui vous l’ont dit, ils racontent du n’importe quoi. Vous, vous pouvez prendre de l’eau en bas pour la remonter ? L’eau quitte, c’est de haut en bas et non de bas et haut.  Garafiri, Kaléta, Souapiti qui est en train d’être construit et Amaria qui sera construit, c’est sur le même fleuve ; l’eau quitte en haut pour venir se déverser vers la mer. Garafiri est complétement en haut, c’est le plus grand lac, et le barrage a été construit pour une production de 75 mégawatts, Kaléta est venu, mais c’est l’eau qui quitte Garafiri qui vient faire fonctionner Kaléta . Maintenant, il y a Souapiti qu’on est en train d’être construit, il y a un réservoir qui est prévu et le déstockage de l’eau qui sera là, permettra de faire fonctionner Souapiti, mais Kaléta aussi en saison sèche.  Mais pour le moment, il faudrait que l’on finisse la construction de Souapiti, pour pouvoir rentabiliser Kaléta, sinon Kaléta est en bon état, mais il faut de l’eau.

Vous avez cité plus haut deux moyens de desservir les Guinéens en électricité à savoir : les barrages hydroélectriques et l’énergie thermique. Si l’un ne marche pas, pourquoi n’utilisez-vous pas l’autre ?

La Guinée à deux genres de production électrique, c’est la production hydroélectrique qui provient des barrages, c’est l’eau qui les fait fonctionner et la production thermique, ce sont des groupes thermiques. Donc, il fonctionne à partir du carburant, du mazout, du gasoil et tout ce qui s’ensuit. Mais c’est quelque chose qui coûte énormément cher. Pour illustrer ce que je viens de vous dire, AON, c’est-à-dire Tombo 1, Tombo 2 et Kipé, qui font 100 mégawatts, ont consommé un peu plus de 647 milliards, rien qu’en carburant et lubrifiants, pendant les onze premiers mois de l’année 2017. Vous voyez ce que cela Fait ? Et puisqu’il n’y a pas qu’eux seulement, il y a la Guinéenne d’Electricité (GDE), KEnergie, et tout ce qui s’ensuit, eux ils ont consommé 205 milliards de francs guinéens. Puisque vous avez parlé de Kaléta, ce n’est pas EDG qui gère Kaléta, nous faisons de l’achat d’énergie à partir de Kaléta.

Selon des rumeurs, nous aurions appris que c’est pour le retard du paiement des honoraires du partenaire chinois que ces coupures ont lieu, qu’en dites-vous ?

EDG n’a rien à voir avec les honoraires, les Chinois produisent et vendent l’électricité. Mais les gens veulent dire du n’importe quoi. Nous, nous achetons l’énergie, et au jour d’aujourd’hui, Kaléta a couté 671 milliards de francs guinéens pendant les onze premiers mois de l’année 2017. Donc vous n’allez pas me dire que s’ils ont la possibilité de vendre l’énergie, qu’ils ne vont pas la vendre ? C’est que la production est insuffisante actuellement.

Quelles sont les dispositions prises, pour que tout rentre dans l’ordre ?

L’administration générale d’EDG a pris des dispositions pour minimiser, mais pas pour effacer, on ne peut effacer ça. Il va de soi, la saison pluvieuse, c’est la saison pluvieuse, la saison sèche, c’est la saison sèche (sic). On n’a aucune possibilité pour remédier à cela. Le carburant coûte cher, nous allons en acheter autant que possible pour faire fonctionner, mais pendant l’étiage, la production ne peut pas être à cent pour cent, comme l’hivernage. Donc, ce que l’entreprise EDG est en train de faire, c’est de minimiser le temps de coupure et à ce niveau, l’administrateur général a dit qu’il ne ménagera aucun effort pour minimiser les désagréments liés à ces interruptions momentanées, parce qu’il y a un délestage, et nous faisons de sorte que les zones industrielles puissent fonctionner normalement ; elles ne sont pratiquement pas dérangées, mais la journée encore, on est là. C’est chez nous que tu vois la lumière allumée toute la journée, nous avons tout fait, impossible.

Par ailleurs, quel est le lien entre l’entreprise EDG et la firme Veolia ?

Il y a eu un contrat de performance, qui a été signé entre l’Etat guinéen notamment, l’entreprise Electricité de Guinée et la firme internationale Veolia. Veolia est le gestionnaire actuel d’EDG. Ils sont venus apporter un plus au fonctionnement, pour permettre à l’entreprise d’être un peu plus performante comme une entreprise internationale, pour que EDG soit de la même manière que les autres entreprises d’électricité. C’est un contrat de gestion qui les lie dans ce sens. Donc, tous les directeurs sont nommés par Veolia, ils apportent leur expertise pour permettre à l’entreprise de se parfaire d’avantage.

Pourquoi, contrairement aux autres années, le délestage de cette année a été plus brusque et généralisé ?

Vous êtes à Conakry, il va de soi qu’avec la venue de Kaléta, les besoin ont augmenté, Conakry est complètement lié à Dubréka, Forécariah ; vous voyez les immeubles pousser n’importe comment, les usines augmenter, ce sont les besoins qui ont augmenté. Au moment où Kaléta venait, l’heure de pointe était environ 220 mégawatts, aujourd’hui c’est près de 350 mégawatts ; donc, il y a eu cette augmentation de la demande, à cause de la venue de Kaleta.

Quel est votre message pour ces citoyens qui attendent impatiemment l’électricité ?

Nous remercions l’ensemble de la clientèle pour la compréhension, par rapport à cette desserte actuelle qui n’est pas de notre volonté, et nous les rappelons à un peu plus de civisme, l’essentiel sera fait pour que nous revenions à une desserte un peu plus acceptable, c’est-à-dire meilleure que celle  d’aujourd’hui, l’entreprise fera l’essentiel pour minimiser les désagréments liés à cela. Nous savons aujourd’hui que le petit commerce de beaucoup de nos compatriotes se développe à partir de l’électricité, notamment les gens qui font du yaourt, du djidjan, pour revendre. L’essentiel pour nous, c’est de faire de telle sorte que  les dégâts soient moindres. C’est pour éviter plus de désagrément que nous passons quotidiennement un communiqué pour prévenir à l’avance la desserte du lendemain. Tous les jours, nous envoyons un communiqué au niveau des médias, et là, nous vous remercions. Nous voulons que vous informiez nos compatriotes, parce que si quelqu’un sait qu’il n’a pas de courant demain de 08h à 10h, il va ne pas conserver quelque chose qui va se gâter pendant l’intermède-là. Mais nous faisons de telle sorte que les coupures nocturnes soient beaucoup plus amoindries.

Interview réalisée par Abdou Lory Sylla pour Guinee7.com

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