Santé/Femmes/Le guérisseur était un apprenti policier et serait un violeur pervers

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Une femme victime témoigne à visage couvert

Le secrétariat général à la présidence chargé des services spéciaux, de la lutte contre la drogue et le crime organisé a présenté dans ses locaux, ce mardi, à la presse, Alsény Sacko alias Koikoi Jean Pierre Kolié, un présumé malfaiteur, accusé de viol. Il a été arrêté le 12 mars dernier, suite à une plaine collective de femmes victimes de ses pratiques.

C’est grâce à une plainte de 18 femmes contre le nommé Alsény Sacko alias Koikoi Jean Pierre Kolié, âgé de 32 ans, plombier de formation, stagiaire à la police nationale et se disant guérisseur de profession a été mis aux arrêts. Il escroquait, violait, menaçait, tout en abusant de la faiblesse de ces femmes, et leur administrait des substances nuisibles à la santé. Il les convainquait de guérir les maladies dont elles souffrent, mais aussi de régler tous leurs problèmes sentimentaux, d’argent, de mariage et de voyage, moyennant 600 000 à 1 000 000 de FG.

Pour parvenir à ses fins, Alsény Sacko use de subterfuges, telles que des manœuvres frauduleuses et inédites à l’occasion desquelles il viole la plupart d’entre elles, avant d’introduire dans leurs parties génitales, des organes d’animaux et d’utiliser des excréments humains, des substances inconnues et des décoctions de plantes à des fins thérapeutiques sans aucun effet.

Tiegboro (en chapeau) et Alseny Sacko

Interrogé sur les faits reprochés, le sieur Sacko alias Koikoi jean Pierre Kolié a toutefois nié toutes les accusations qui pèsent sur lui : « Il y a des femmes qui venaient chez moi, elles me demandaient de résoudre leurs problèmes. Pratiquement, si moi je suis en mesure de cela, je leur dit , et si je ne suis pas en mesure, je leur dit encore. Moi, je suis guérisseur traditionnel, je travaille sur les racines, les écorces et j’utilise le Coran. Moi, je ne suis pas simbo (maître chasseur traditionnel, Ndlr), je ne suis pas douré (magicien, Ndlr), je suis guérisseur traditionnel et j’ai hérité de ça. Moi, je n’ai jamais violé une femme, elles ont menti sur moi pour me salir seulement. J’ai traité beaucoup de femmes dans ça, j’ai des témoins. Les vidéos que je mets dans mon téléphone, c’est une preuve. Il y a certaines femmes qui venaient chez moi, quand je fais mon travail, c’est l’intéressée qui me dit de filmer, qu’elle va ensuite montrer à son mari ou à ses parents ; c’est pourquoi cette vidéo est dans mon téléphone ».

Par la pression des agents des services spéciaux, le présumé escroc a fini par reconnaitre avoir introduit des testicules de bouc dans les parties génitales de ces femmes ; avoir utilisé des talismans, pour faire sortir un soi-disant « fibrome ». Il a affirmé par la suite, ne pas être en mesure de traiter cette maladie, et a présenté ses excuses, tout en demandant à ces femmes de lui pardonner.

En colère, certaines victimes sous anonymat ont expliqué leurs mésaventures : « Je suis victime de Alsény Sacko, il se fait passer pour un guérisseur, mais ce n’est pas ce qu’il fait. C’est un violeur en série. Quand il vient chez toi, tu vas chez lui, il te dit de te déshabiller, il rentre sous le drap pour t’insérer un morceau de viande. Mais avant de faire cela, il te demande de te mouiller avant qu’il ne commence à sortir la maladie. Lui-même, il fait ses sales besognes d’abord, avant de mettre sa viande, après il prend le téléphone pour te montrer ce qu’il a fait sortir sur toi. Ça, c’est le fibrome et c’est ce qu’il a fait tout ce temps. Il viole toutes ses clientes ; qu’elles soient vieilles ou jeunes, il le fait. On ne sait même pas c’est quel genre de viande il utilise ».

« On m’a dit qu’il y a quelqu’un qui est venu, qu’il soigne les gens, les aveugles et les fous. J’ai dit à mon mari d’aller là-bas, il a répondu oui. On est parti le voir, et il a commencé à examiner mon mari. Il a dit à mon mari que j’étais devant les gens pour l’anéantir. J’ai eu peur et mon mari nous a dit de quitter. Entre temps, il a dit qu’il pouvait rendre les yeux de mon mari sur le champ, et pour cela, qu’il va falloir faire des sacrifices. Il a aussi demandé 28 sachets d’eau de zam-zam de La Mecque, et je lui ai dit d’accord. Il nous a fait attendre des jours avant de dire qu’on doit se laver. Je lui dis que je n’étais pas malade, et pourquoi me laver avec le médicament ? », a témoigné cette autre, avec des larmes de désespoir.

Les  »médicaments » de Sacko

Pour le colonel Moussa Tiégboro Camara, secrétaire général des Services spéciaux, Alsény Sacko est le pire des individus qu’il ait eu à interpeller jusque’ici : « Ce monsieur, dans ma carrière de 20 ans et quelques, je n’ai jamais vu, ni entendu, ni interpellé un homme de ce genre, d’une immoralité hors pair, car si vous visualisez ce téléphone et par les photos et par les vidéos, si vous êtes religieux, si vous respectez les droits humains, vous pouvez passer des semaines à y réfléchir. Est-ce qu’un homme peur faire de tels actes inhumains aux femmes d’autrui ? C’est difficile à comprendre. Vous avez compris de quoi les femmes guinéennes souffrent aujourd’hui, parce qu’il y a des victimes qui ne sont pas venues, par peur de perdre leur foyer conjugal, mais il faut qu’elles viennent, parce que c’est important. Ce qui est plus grave, c’est le viol, et c’est un crime international. Ce monsieur mérite la prison et je pense qu’il va subir tout de suite ce qu’il a commis ».

Pour sa double identité, colonel moussa Tiégboro Camara assure que la loi va régler cette affaire, ainsi que toutes les autres charges qui pèsent sur lui.

Fatoumata Kaba pour Guinee7.com

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