Excellence Monsieur le Président de la République. Nous avons l’honneur de vous saisir respectueusement à l’effet de porter à votre auguste attention, les pratiques anachroniques et peu orthodoxes en cours au sein de la société de téléphonie mobile ORANGE GUINEE et solliciter votre vigoureuse intervention pour freiner le courroux social que subissent les travailleurs en majorité jeunes dont la tranche d’âge varie entre 22 et 40 ans.

Permettez-nous pour asseoir votre conviction de vous narrer la poreuse situation qui prévaut au sein de cette entreprise, devenue paradoxalement au groupe Orange une entité hors la loi, dont le top management essentiellement composés d’expatriés excelle dans le mépris de ses salariés et des lois sociales en vigueur dans notre pays.

En effet, depuis près de trois mois des négociations ont été ouvertes à la demande de la délégation syndicale de la société autour d’une plateforme revendicative déposée par celle-ci.

Après plusieurs rounds de négociation, certains points ont fait l’objet d’accord de principe entre les Parties. Sans même solder ces points par un acte consensuel, la Direction Générale s’est unilatéralement arrogé le droit de procéder à l’application des points retenus.

Le syndicat bien que dénonçant cette altitude indélicate de la Direction Générale de Orange Guinée a poursuivi les négociations et, le nœud d’étouffement fut la satisfaction de cinq (5) points dont :

–  Augmentation des salaires à hauteurs de 50%

– Mise en place de la prime de croissance

– Prime de scolarité à hauteur 300.000 GNF par mois et par enfant au maximum trois enfants dont l’âge est compris entre 3 et 18 ans.

– Système de prêt véhicule pour les chefs de services et chefs de services et chefs de division

– Assurance maladie : 90% à la pharmacie supportée par Orange et la mise en place dans l’entreprise de l’évacuation sanitaire internationale.

Après l’échec des négociations à l’interne au tour de ces points, celles-ci seront délocalisées à l’inspection du Travail sous l’égide de laquelle elles se poursuivront, mais en vain.

C’est ainsi qu’un préavis de grève a été déposé  le 02/08/2013 qui expirait le 22/08/2013 et reporté au 16/09/2013 à la demande du ministère des télécommunications en vue de donner une autre chance aux négociations.

Malgré ce report sans suite favorable, l’Assemblée Générale des travailleurs réunie le 16/09/2013 a décidé à l’unanimité de se mettre en grève.

Excellence Monsieur le Président de la République,

Comme si la consécration par le code du travail guinéen du droit de grève pour tous les travailleurs ne suffisait pas, la Direction Générale de Orange Guinée s’est lancée dans une vaste campagne d’intimidation, et de menace à l’endroit des travailleurs dont certains disposeraient d’enregistrement sonores.

Cette pratique contraire à l’exercice libre du droit syndical des travailleurs est une entorse grave au fondamentaux du code du travail et à l’éthique du Groupe Orange.

Cette morgue à l’égard des lois et règlements en vigueur dans notre pays, est une marque de fabrique de Orange Guinée car ailleurs, au sein du Groupe Orange et de ses autres filiales, «l’on agit en menant une Politique de développement des ressources humaines qui place les hommes et les femmes au cœur de l’activité».

Dès lors, sous ces cieux, la violation de quelque droit des salariés serait un sacrilège auquel malheureusement le top management de Orange Guinée s’adonne triomphalement.

La grève ayant été suspendue à la demande du Ministère en charge du travail, en vue de poursuivre les négociations, les employés ont repris leur activité conformément à l’appel qui leur a été lancé par les responsables syndicaux de l’entreprise, et en application de l’article 335 du code du travail qui dispose que « le salarié recouvre son emploi en fin de grève et ne peut pas être sanctionné du fait de sa participation à la grève …. »

Aussi éloquent que soit cet article, la Direction Générale de Orange Guinée a choisi de passer outre et, sans la moindre délicatesse, a entrepris des représailles contre les travailleurs grévistes alors chefs de division, de service, ou cadres, par des mesures disciplinaires de rétrogradation à des positions inférieures ou de simple agent ou encore d’affectation en régions.

Cette attitude illégale et abusive, en plus d’être infondée, dénote du peu de considération de la Direction Générale de Orange Guinée pour les textes de lois en vigueur, car l’article 333 du Code du travail stipule «tous les salariés ont le droit de se mettre en grève ».

Mieux, une note d’information diffusée par la communication interne de l’entreprise, rappelait « à l’ensemble des employés que le droit de grève et la liberté de l’exercer sont consacrés par les lois guinéennes, et que toute menace et/ou intimidation à l’égard d’un employé fera l’objet de sanctions disciplinaires conformément au règlement intérieur d’Orange Guinée ». Une élémentaire interprétation de cette note traduit la reconnaissance par la Direction Générale du caractère légitimo-Iégal de la grève et son prétendu souci d’en préserver sa teneur et donc, à contrario, la violation même de ce droit est passible de sanction par la loi.

Se servant de son autorité, le Directeur Général de Orange Guinée, Alassane DIENE, n’a pas hésité un seul instant à mépriser le législateur guinéen en se substituant à lui pour défendre ses intérêts au détriment des salariés et des lois de la République, au motif que les Managers n’ont pas droit de se mettre on grève quand bien même l’article 333 précédemment cité énonce clairement le contraire.

L’on peut s’interroger sur le comportement de la Direction Générale et ce qui la motive à agir ainsi. Est-ce par ignorance, par mépris des lois de la République, par pseudo législation ou encore par autosuffisance ?

Cette irrévérence aux lois de la République mérite d’être portée à votre auguste connaissance en tant que garant de celles-ci, pour que cessent de telles pratiques importées dans notre pays, dont l’impunité favorisera l’évanescence de la loi, le discrédit de l’Etat, l’injustice sociale, l’abus de droit, et surtout, le fâcheux précédent qui établirait une inique tradition, à l’encontre des travailleurs guinéens qui luttent pour l’amélioration de leurs
conditions existentielles, que si heureusement, vous défendez énergiquement.

 

Excellence Monsieur le Président de la République,

 

Les salariés de Orange Guinée ont légitiment exprimé leur droit à aspirer au mieux être dans une entreprise qu’ils ont bâti dans un environnement fortement concurrentiel et hissée au sommet du secteur des télécommunications en Guinée.

Excellence Monsieur le Président de la République,

 

Permettez-nous de relever que grâce à ces salariés désormais réprimés pour avoir revendiqué leur droit, Orange Guinée quatrième entrant du marché des télécommunications en 2007 avec seulement 600.000 abonnés est aujourd’hui leader avec une part de marché de 44%, une croissance de 4,9% et un chiffre d’affaires de 4,1 milliards d’Euro totalisant plus de 2 millions d’abonnés et près de 200 localités couvertes.

Avec un apport de 43% dans le résultat consolidé du groupe, Orange Guinée constitue la filiale la plus rentable du groupe dans la zone AMEA (Afrique Moyen Orient Asie).

Ayant un top management foncièrement expatrié (5/8) avec un total de Dix (10) expatriés, dont les charges d’entretien (Salaire, prise en charge, logement, véhicules et autres avantages), excèdent la masse salariale globales des travailleurs, Orange Guinée est devenue dorénavant la tâche noire de la marque Orange, dont la réputation est fortement entamée par des comportements de la Direction Générale de Orange Guinée qui n’honorent ni sa charte, ni son éthique, ni les valeurs qu’elle prône.

Excellence Monsieur le Président de la République

 

A l’heure où votre gouvernement s’évertue à mettre en œuvre votre politique de développement dont l’épicentre est l’emploie des jeunes,  Orange Guinée précarise la situation de centaines de jeunes, les poussant à la sortie par des manœuvres injustes, et s’apprêterait à lancer un autre projet à dessein appelé « Externalisation » dont l’aboutissement ne serait autre que la mise au chômage d’une grande partie de l’effectif actuel aux grands dam de vos préoccupations à lutter contre le chômage des jeunes..                         .                                .

Excellence Monsieur le Président de la République,

 

Nous sommes convaincus que vos années de haute lutte pour le bien-être social des guinéens seraient frontalement éprouvées si des dispositions idoines ne sont pas envisagées, pour endiguer le terreau d’injustice qui se fertilise à Orange Guinée.

Nous n’ignorons pas que votre autorité n’est pas une juridiction, mais, nous aurons failli en attirant pas votre attention et celle de l’opinion nationale et internationale sur les graves conséquences que l’attitude du top Management de Orange Guinée pourrait causer à la jeune génération et à la République dont les textes sont lapidairement foulés au sol.

En vous souhaitant bonne réception de cette missive, et dans l’espoir que vous interférerez utilement en vue d’un rappel à l’ordre de la Direction Générale de Orange Guinée, Veuillez agréer, Excellence Monsieur le Président de la République, l’Assurance de ma très haute considération.

Ont signé

Amadou Oury Diallo

Kerfalla Marie Camara

Abdoulaye Barry

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