En marge de sa rencontre ce dimanche 26  juillet á la Tannerie, dans la commune de Matoto, à Conakry, avec les militants de son parti,  le président de l’Union pour la République et la Démocratie (URD)  s’est exprimé au micro de notre reporter sur les raisons de sa venue en Guinée,  la situation au Mali, la gestion de IBK,  et sur le statut du chef de file de l’opposition. Lisez!

Guinee7.com : Quelles sont les raisons de votre présence au congrès de l’UFDG ?

Soumaïla Cissé : J’ai été invité par l’UFDG et comme il est de tradition á l’URD, lorsqu’un parti africain nous invite dans les différents pays,  nous nous faisons forts pour y aller. Dernièrement,  les trois dernières semaines, il y a eu des congrès et on a envoyé des gens dans tous ses partis.  Ceci dit,  j’ai assisté á un grand congrès. Je connais le président Dalein depuis plus de 20 ans. Nous avons tissé une très bonne amitié. Dans tous les partis guinéens j’ai de très bons amis. Je connais bien le président Alpha Condé, Sidya Touré, Lansana Kouyaté. Ce qui est important, c’est que la démocratie est en marche dans nos différents pays. Et je crois que chacun de nous, comme leader africain, doit contribuer  á la consolidation et au renforcement de la démocratie dans nos différents pays. Si ça marche bien Guinée, ça marchera bien au Mali et ça marchera bien au Sénégal.

Donc,  j’ai eu un sentiment de satisfaction. J’ai été très bien accueilli et j’ai été très bien introduit  et j’ai été très heureux de voir l’engouement. Je pense qu’on aura un débat démocratique et serein pour les prochaines élections.

Le dialogue inter guinéen est bloqué. Quel conseil donnez-vous aux acteurs politiques guinéens?

Je n’ai pas de conseil particulier á donner. Il faut rester humble. Les acteurs guinéens connaissent mieux la Guinée que moi-même,  ils connaissent mieux les problèmes que moi. Mais ce que je peux suggérer,  c’est que le dialogue reprenne. C’est bon pour les politiciens et les Guinéens. Sans dialogue,  on ne peut pas avancer. Je crois qu’aujourd’hui l’histoire du monde montre qu’il faut dialoguer. Vous voyez aujourd’hui comment l’Iran et le reste du monde dialoguent depuis des mois pour ramener la paix. Parce que la paix c’est utile pour tout le monde. Nous,  nous sommes dans un pays où on peut dire qu’on est un pays en guerre où il y a une rupture de ban entre certains et nous. Chez nous c’est un peu plus grave que ce qui se passe en Guinée mais on arrive á dialoguer avec des hommes qui ont tué,  violé,  qui ont détruit,  qui ont attaqué l’armée et les institutions de la république. On arrive quand même à dialoguer et on croit que c’est la seule voie qui vaille. Il faut que le dialogue reprenne en Guinée.

Par deux fois vous avez perdu les élections présidentielles. Où puisez- vous les ressources pour continuer votre combat politique?

Je crois qu’il faut avoir seulement la conviction de ce qu’on défend et je crois qu’il faut avoir des hommes et des femmes engagés qui vous soutiennent. Et vous avez vu aujourd’hui qu’il y a beaucoup de militants présents et je ne suis jamais venu faire campagne ici.  Nous charrions une volonté et surtout une conviction que nous pouvons réussir quelque chose. Deux fois j’ai été  candidat et deux fois je suis arrivé deuxième,  la troisième fois il faut que j’arrive premier. Ce qui est important c’est la force d’y croire, honnête avec soi-même et persévérant.

Vous êtes chef de file de l’opposition au Mali. Vous semblez vous  réjouir de cette loi alors qu’ici en Guinée, certains pensent que c’est une peau de banane jetée á l’opposition par le pouvoir. Qu’en dites- vous?

Chef de file de l’opposition. Il y a une loi qui a été votée au Mali par l’Assemblée nationale et qui définit comment on devient chef de file de l’opposition. C’est plus compliqué d’être chef de file de l’opposition que d’être ministre. Aujourd’hui on ne peut pas choisir un autre chef de file de l’opposition même si le président le souhaite. Parce que la loi dit que c’est le leader qui a le plus de députés. Je suis aujourd’hui le parti de l’opposition qui a le plus de députés. Je suis la deuxième force politique au Mali et le gouvernement et le parti n’ont pas le choix que de me mettre á cette place. Ceci dit,  le processus n’est pas fini jusqu’à présent. Ça fait presque un an et demi et presque deux ans qu’on est là-dessus  et le gouvernement traine un peu les pieds. Mais inexorablement,  c’est une institution qu’on est en train de créer. Une vrai institution comme on crée le conseil économique et social,  comme on crée un médiateur ou un vérificateur. Comme il y a l’Assemblée nationale,  il y a le gouvernement,  il faut que le chef de file de l’opposition soit une institution qui peut faire des propositions,  qui doit être consulté qui doit avoir sa place dans le protocole de la République qui doit être considéré. Parce que le chef de file de l’opposition,  il y a des hommes et des femmes qui ont voté pour lui pour qu’il arrive á ce poste. Ce sont des centaines,  des milliers de gens qui ont voté pour lui. Il représente une partie de la nation. Une partie de la nation doit être écoutée. Nous devons sortir du système ou celui qui gagne,  il gagne tout. Les autres ils sont opposants,  donc ils n’aiment pas le pays. Ce n’est pas vrai. La démocratie c’est deux choses : une majorité et une opposition. Si dans la démocratie il n’y a pas une opposition,  il n’y a pas démocratie. Le gouvernement lui-même doit aider l’opposition á s’affirmer. Nous,  il y a des vérités que nous disons que personne ne dit au gouvernement. Quand il y a des détournements, du gaspillage, nous le disons. Le processus d’installation du chef de file de l’opposition au Mali en réalité n’est pas terminé. Parce que normalement le gouvernement doit accepter que nous ayons des conseillers techniques,  des chargés de missions,  des voitures pour que nous puissions tourner et tout ça c’est au frais de l’État. Et ça, c’est une partie qui n’est pas encore arrêtée. Donc pour le moment nous sommes en train de mettre en place une opposition qui est vraiment républicaine. Au Mali, vous ne nous voyez insulter personne. Nous voulons être au pouvoir demain mais avec un pays qui marche et non un pays en lambeaux.

Parlons justement de la situation au Mali

Aujourd’hui la situation au Mali est très sérieuse et très grave. Vous avez un pays qui, historiquement a été bâti depuis des siècles,  qui a construit de grands empires, qui a largement débordé le cadre géographique actuel. Nous charrions une culture,  une histoire ensemble. Quand ceci est mis en cause aucun Malien n’est á l’aise. Nous essayons de trouver les moyens pour d’abord ramener la paix et la sécurité. Sans paix et la sécurité,  le dialogue et la paix ne peuvent pas exister. Et on ne peut pas construire ensemble et si on ne peut pas construire ensemble, on n’a aucune chance de réussir le développement économique et social de notre pays. Aujourd’hui,  il y a des voies et moyens qui sont tracés, il y a des propositions institutionnelles,  il y a des propositions de cessez-le-feu,  de cantonnement.  Nous essayons tous de travailler dans ce sens. moi je suis le chef de l’opposition au Mali,  il est évident que nous faisons des propositions au gouvernement et on n’est pas toujours d’accord, mais ce sur quoi on est tous d’accord, c’est qu’il faut la paix,  il faut la sécurité,  il faut dialoguer et ce n’est pas par la force qu’on va réussir.

Est-ce que la gestion de Ibrahima Boubacar Keita (IBK) répond á l’aspiration du peuple malien?

En tout cas de notre point de vue, non. Aujourd’hui, il y a énormément de corruption,  de détournements. Vous avez entendu parler du problème d’avion,  d’équipements militaires,  dernièrement des problèmes d’engrais. On n’a pas le sentiment que les problèmes militaires soient bien gérés. Hier soir (le 25 juillet, NDLR) encore il y a eu des attaques et on a enregistré une vingtaine de morts. Il y en a á la frontière ivoirienne. J’espère que vous n’en aurez pas. Il y a l’insécurité sur l’ensemble du pays et de ce point de vue, je suis désolé, la gestion du président IBK ne répond pas aux aspirations du peuple.

Propos recueillis par El Hadj Mohamed Koula Diallo

 

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