Thierno Saïdou Diakité, chroniqueur sportif, donne son avis sur les préparatifs des éliminatoires de la CAN 2017, et  aborde le scandale qui a éclaboussé la FIFA, conduisant à la  démission de Joseph Sepp Blatter, dans cet entretien accordé à notre reporter….

Dans quelques jours la campagne des éliminatoires de la CAN 2017 sera lancée. Avez-vous une idée sur le niveau des préparatifs de l’équipe nationale ?

Thierno Saïdou Diakité : On l’a appris comme vous à travers certains organes de presse que l’équipe nationale est en regroupement pour quelques jours en France, et elle va livrer un match test contre son homologue du Tchad comptant pour les préparatifs de la première journée des éliminatoires, où nous allons rencontrer le Swaziland au Maroc pour cause de délocalisation en raison de la fièvre hémorragique Ebola. Parce que l’OMS ne nous a pas encore donné le quitus afin qu’on puisse recevoir nos adversaires à Conakry, contrairement  au Liberia où la fin de l’hémorragie à virus Ebola a été déclarée. Ce qui permet  au pays de disputer ses matches à domicile.

D’aucuns estiment que certains joueurs du Syli national ont renoncé à l’appel de l’entraîneur Luis Fernandez. Qu’en est-il ?

Oui, il y a eu des défections, la plus célèbre c’est Ibrahima Traoré qui a été l’un des joueurs leaders de la CAN 2015 à Malabo. Je crois pour des raisons personnelles, il veut prendre un congé sabbatique pour un peu digérer la tension qu’il a traversée lors des phases finales en Guinée Equatoriale. Vous savez c’est un secret de polichinelle, il y a plusieurs camps au sein de l’équipe nationale. Malheureusement Michel Dussuyer, l’ex-entraineur du Syli Nationale n’a pas pu gérer le vestiaire du Syli national. C’est ce qu’on lui reproche et autre mesure à Michel Dussuyer, il n’a pas pu aplanir les rivalités qui existaient au sein du Syli national. Je pense que ces rivalités ont quelque peu sapé le moral d’Ibrahima Traoré, qui souhaite prendre un congé  sabbatique vis-à-vis de l’équipe nationale. Pour un peu digérer ce qu’il a subi dans les vestiaires du Syli national. Nous, on a vu que la face immergée de l’iceberg, il y avait des problèmes dans les vestiaires qui n’ont pas été révélés au grand public. Mais maintenant, on commence à percevoir les effets, parce qu’Ibrahima Traoré en dépit de l’intervention de ces parents, il souhaite garder la distance pour quelque temps avec le Syli national. Ce n’est pas une défection définitive mais il veut prendre du recul et digérer un peu. Moi, je le comprends, c’est psychologique, c’est personnel, il faut qu’il digère et qu’il puisse rebondir sur de bon pied du point de vue moral.

Il semble qu’Ibrahima Traoré n’est pas le seul à renoncer. A votre avis, est-ce que cela ne compliquera pas la qualification de l’équipe nationale ?

Il est vrai qu’Ibrahima Traoré est une pièce maîtresse. Il va manquer au système qu’il va mettre en place. Il est vrai qu’une seule hirondelle ne fait pas le printemps, dit-on, le football c’est un jeu collectif mais il y a des footballeurs qu’on appelle footballeurs cadres, des pièces maîtresses dont ne peut pas se passer. Je pense qu’Ibrahima Traoré qu’il pèse ou pas à ses détracteurs, c’est un leader, il va manquer au Syli national, c’est ça la réalité.

Après  quatre jours de son élection à la tête de la Fifa, Sepp Blatter jette l’éponge. Comment expliquez-vous cette situation que certains ont qualifiée de séisme au sein de Fifa ?

Vous dites bien un séisme qui a secoué la maison FIFA avec l’annonce surprise de la démission de Sepp Blatter. Parce que vous l’avez rappelé tout à l’heure, quatre jours plutôt qu’il a été élu au détriment de son challenger le Prince jordanien. Rien ne laissait présager cette démission de Sepp Blatter à la tête de la Fifa. Parce qu’après les élections, il avait rassuré qu’il allait remettre de l’ordre dans la maison. Mais je pense qu’il a dû anticiper les choses, figurez-vous le procureur américain a annoncé qu’au fur et à mesure des interpellations vont intervenir. Ce qui veut dire que la procédure est en cours et peut être ça va être très long et Sepp Blatter a senti certainement le vent tourner. Parce que pendant 20 à 25 ans, ce sont des pratiques qui s’opéraient dans la gestion de la Fifa.

Est-ce que ce ne sont pas les révélations de son bras  droit, Jack Warner qui ont précipité sa démission ?

Oui, son bras droit en fait a été une taupe pour le FBI américain. Il était au sein de la Fifa. Il a été retourné c’est à dire qu’il jouait le double jeu. C’est lui qui a vendu la mèche aux enquêteurs du FBI, sentant  le vent venir, je pense qu’il a voulu devancer les événements pour ne pas être ridiculisé par les éventuelles révélations qui vont être faites, parce que les enquêtes continuent.

Certaines sources indiquent que l’attribution de la Coupe du monde en Afrique du Sud, est l’un des dossiers auquel le FBI s’intéresse aussi?

Des accusations ont été révélées à savoir 10 millions de dollars us viré au compte de certaines organisations en Afrique du sud. Mais les autorités sud africaines ont rejeté en bloc ces accusations. Elles ne nient pas le virement du montant, mais elles disent qu’elles n’ont pas suivi l’utilisation de ces fonds. Elles disent que ces fonds ont été virés pour certaines activités dans le cadre de la promotion du football.

Justement, elles ont notamment cité le Mali par exemple ?

Voilà, on attend de voir, comme je l’ai dit tantôt, la procédure suit son cours. Il faut que les preuves matérielles soient exhibées pour que l’opinion des gens soit fixée, qu’on soit définitivement situé sur la responsabilité des uns et des autres dans ce scandale, qui est en train de secouer la Fifa.

Certains estiment que la succession de Sepp Blatter sera un enjeu géopolitique ?

Vous savez au moment du congrès de la Fifa on a observé une ligne de fracture. D’un côté on a constaté que l’Europe a fait coalition avec les États-Unis et de l’autre vous avez l’Amérique Latine, l’Afrique et les pays asiatiques. Il y a une ligne de fracture et figurez-vous déjà les Européens ont commencé la campagne, parce qu’ils veulent mettre au premier plan Michel Platini. Le challenger de Blatter, le prince jordanien se présentera aussi, donc les jeux sont ouverts. On attend de voir si les africains vont se prononcer. Mais vous l’avez dit déjà, il y a une histoire de géopolitique et les Européens et les Américains. Je pense qu’ils vont faire bloc afin que le candidat qui sortira de leur emprise puisse passer, la campagne a déjà commencée.

 Interview réalisée par Richard TAMONE (Le Démocrate)

 

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