Dans le souci de ramener la paix et la tranquillité à Conakry après des journées marquées par de violents accrochages entre partisans du pouvoir et de l’opposition à la veille des élections législatives du samedi 28 septembre prochain, le ministre des Droits de l’Homme et des Libertés Publiques Kalifa Gassama Diaby, accompagné du vice-président de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) Dr Fodé Oussou Fofana, a sillonné plusieurs quartiers chauds de la banlieue nord de la capitale.

Cette visite de terrain et de sensibilisation a conduit tout d’abord le ministre et sa suite au quartier Taouyah plus précisément au ‘’petit lac‘’ où de nombreux jeunes se réclamant du Rpg-arc-en-ciel, parti présidentiel, étaient massivement mobilisés dans le but de contrer toute attaque venant d’ailleurs contre eux. Là, le ministre Diaby a invité ces mécontents au calme et à la paix, deux choses qui, selon lui, sont indispensables pour l’avancement d’un pays démocratique.

‘’ Je vous informe que nous ne sommes pas là pour dire qui a commencé, qui n’a pas commencé. On n’est là pour rappeler un certain nombre d’évidences, de choses simples et claires. La violence n’est pas acceptable dans une société qui se respecte. Nous avons en Guinée des institutions, nous avons en Guinée un Etat. Lorsqu’il y a un problème, la loi dit qu’il faut s’adresser à l’Etat. Personne, qu’on soit de la mouvance ou de l’opposition n’a le droit de se rendre justice. Si on vous respecte, c’est ce qu’on doit vous dire, il n’y a pas d’autres solution. La deuxième chose, la Guinée est devenue la risée du monde. Dès que vous parlez de la Guinée ailleurs, on vous dit que les Guinéens ne peuvent pas se parler, il faut qu’ils se tapent dessus. Il faut qu’on se respecte et qu’on respecte l’autre même si on n’est pas d’accord avec lui. Il faut qu’on sauve ce pays. Personne ne sortira gagnant d’une violence dans ce pays. Moi, je suis ministre des Droits de l’Homme, au nom du Gouvernement je ne peux que condamner la violence, quels que soient les auteurs. Que ça soit du côté de la mouvance ou de l’opposition, c’est ça la vérité, il faut que cela cesse. Je suis venu vous dire, vous prier, vous rappeler à votre responsabilité de vous dire de cesser. Ne provoquez personne et ne répondez à aucune provocation. La violence c’est pour les faibles et quand vous cessez d’être violents, vous devenez forts. Alors je viens vous dire que ces violences doivent cesser. Cette situation ne peut pas continuer. Il faut qu’en Guinée on se respecte, on respecte la loi. Qu’on respecte la dignité de l’autre, qu’on renonce aux insultes, à la violence et qu’on accepte de discuter ‘’, dira t-il. Ajoutant « la Guinée est pour tout le monde ».

‘’ Ce pays est une famille et si nous refusons d’être une famille, ce pays n’existera plus. Nous sommes une famille et personne n’a choisi cela, on n’a trouvé comme ça. Aucune société n’a été construite sur la violence. Chacun doit comprendre que dans un Etat de droit, on a des droits et des devoirs. Nous voudrions, qu’après ici, que les choses rentrent dans l’ordre ‘’, poursuit-il.

Prenant la parole, Dr Fodé Oussou Fofana a, comme le ministre Diaby, invité les uns et les autres à voir avant tout la Guinée qui, selon lui, est la maison commune à tous. Il a par ailleurs lancé un appel pressant aux jeunes à se calmer et à penser aux populations guinéennes qui ne profitent de rien quand il y a la violence.

‘’ Vous voyez bien comment la Guinée se présente. L’image là n’est pas bien pour nous les fils de cette Guinée. Si nous voulons être un pays exemplaire, nous devons éviter ces genres de pratiques. Chacun doit réfléchir en toute conscience pour dire que la Guinée appartient à nous tous. Il y a des citoyens qui n’ont pas pu travailler aujourd’hui à cause des mouvements. Sachez surtout qu’il y a des gens qui nous observent. La politique doit être le  »sanakouya ». Donc, je vous invite au calme et à penser à la Guinée avant de faire quoi que ce soit ‘’, a rappelé le vice-président de l’UFDG.

Après donc l’étape de Taouyah, le ministre et sa suite ont fait escale au carrefour d’Hamdallaye (près du siège du RPG-Arc-en-ciel, parti au pouvoir) où deux groupes de manifestants s’affrontaient violemment. Là encore, le ministre a joué un rôle de sapeur-pompier pour ramener les uns et les autres à la raison.

A pied, de Hamdallaye à Bambéto…

Dans l’enfer des violences, le ministre des Libertés publiques ne s’est pas encombré de son véhicule, même pas de ses gardes du corps à la rencontre des jeunes manifestants surexcités de Hamdallaye, Bambéto et aussi Concasseur, quartiers réputés chauds de Conakry.

Fait rare. Les jeunes manifestants formeront un bouclier autour du ministre avec des hourras et débarrassaient les voies publiques jonchées, depuis plusieurs heures, de débris, de gros cailloux ou encore de pneus fumant empêchant toute circulation de citoyens et de leurs biens.

‘’ Vive le ministre des Droits de l’Homme qui fait bien son travail. Nous ne voulons que ces genres de messages de la part de nos gouvernants. Merci monsieur le ministre, merci Dr Fodé Oussou ‘’, étaient entre autres slogans que véhiculaient les jeunes manifestants à Bambéto.

Avant de terminer, le ministre a rendu une visite au candidat uninominal de l’Union des Forces Républicaines (UFR) à Kaloum, Baidy Aribot. Avec lui, M. Diaby a expliqué les préoccupations actuelles de tout bon Guinéen qui n’est autre que la préservation de la paix et de la quiétude sociale.

En réponse, le candidat Baidy Aribot s’est engagé à préserver jalousement la paix et la quiétude sociale dans la cité. Il a invité ses collègues politiciens à préserver la paix en Guinée.

Par Youssouf M’bemba Keita
+224 657 37 15 28

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