Que le téléspectateur de la télé guinéenne qui ne se souvient pas de ‘‘Pacte et Défi’’ jette sa télécommande ! C’était l’un des premiers téléfilms à succès  de la RTG d’après 1984. Son auteur ? Mohamed Fadil Camara, réalisateur, scénariste, metteur en scène, dessinateur de presse, peintre, romancier, essayiste, excusez du peu. Actuellement à Lyon (France) pour une formation en cinéma, Fadil est notre tête d’affiche de la semaine.

Il était une fois ‘‘pour soulager un ardent désir de communication, je me suis lancé dans l’écriture. J’ai publié la première bande dessinée guinéenne, puis une seconde par les soins de l’imprimerie Patrice Lumumba. A la Fac, j’ai constitué une troupe de théâtre avec laquelle j’ai mis sur pied une pièce de théâtre qui a remporté le 1er prix lors du concours universitaire de dramaturgie organisé par l’université. J’ai également remporté le 1er prix de sketch. Cette pièce de théâtre, Pacte et Défi,  va  être filmée sur scène par la RTG et diffusée.  L’accueil favorable du public du petit écran amena la direction de la télévision nationale à solliciter un tournage dans la nature de ladite pièce. Ce sera le début d’une longue collaboration avec la RTG qui va se solder par la réalisation d’une dizaine de vidéos, ou téléfilms. Le cinéma m’a intéressé par le fait qu’il me permettait d’exploiter mon talent de dessinateur peintre et homme de plume’’, explique celui qui a été formé à la Fac des Lettres modernes de l’université de Conakry.

Aujourd’hui Fadil a un avantage sur ses confrères guinéens. Parce qu’il fait du story-board. ‘‘Dans le domaine du cinéma, le story-board est un métier à part entière. Le story-bordeur est sollicité pour donner plus de visibilité pratique au découpage technique d’un scénario qu’il rend en forme d’image sur un support papier, sous forme de bandes dessinées. Ce qui constitue un excellent outil de travail pour toute l’équipe du tournage et surtout le réalisateur et le cadreur qui visualisent tous les plans avant même d’être mis sur pellicule. Et dans un story-board, les indications de lumières sont données en collaboration avec le directeur de la photographie. C’est le plus que j’ai sur les autres réalisateurs qui ne possèdent pas le crayon, et inutile de vous dire que cet atout supplémentaire m’accorde d’énormes avantages dans le métier et déteint positivement sur le résultat du travail’’, se réjouit notre touche-à-tout pour qui le cinéma ‘‘il inclut toutes les autres professions’’. Il n’y a donc pour lui aucune raison de ‘‘changer de métier car j’ai la chance et le privilège de pratiquer le plus beau métier du monde’’.

Cependant, s’il lui était demandé de changer le teint noir de sa peau il aurait choisi la couleur ‘‘noir-charbon’’.

Aziz Sylla

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