Quand ce gamin courait les petits terrains poussiéreux de Guékédou (sud de la Guinée), imitant le grand commentateur d’un match de football, il ne savait certainement pas qu’il allait un jour occuper une place de choix dans le journalisme sportif de la Guinée. Mais il en donnait des signes…Séga Diallo, 34 ans, c’est de lui qu’il s’agit est aujourd’hui un fou du cuir rond.

‘’Je vis foot, dit-il, c’est hallucinant et parfois dur pour mon entourage ! J’aurais évidemment aimé faire une carrière de footballeur. Mais j’ai eu la chance de pouvoir continuer à vivre ma passion par mon activité’’. Cette activité ? Directeur de publication du Footmag, le seul hebdomadaire guinéen consacré au football avec pour objectif  de mettre à disposition des Guinéens des infos sur le football local et sur les joueurs guinéens de la diaspora. Il est par ailleurs consultant en communication pour des entreprises désireuses d’investir en Guinée.

Physique d’égérie de mode, allure de play-boy, Séga ne se lasse pas de suivre le Syli, l’équipe nationale de Guinée, ‘’Je suis, précise-t-il, un fan inconditionnel du Syli. Je peux me ruiner pour aller suivre un match. Peu importe où l’équipe joue, que ce soit au Zimbabwe ou à l’autre bout de la terre, je ne calcule pas quand il s’agit du Syli. Je suis comme 90% des Guinéens qui pensent que c’est la chose la plus importante que nous ayons en commun, un élément fédérateur au delà de toutes les appartenances sociales ou politiques’’.

Né à Dinguiraye, au nord est de la Guinée, Séga, dès ses premiers pas dans la vie a fait montre d’abnégation. La preuve par…cette anecdote : ‘’ Je me suis inscrit seul à l’école, quand l’école ne voulait pas me prendre par manque de place. Mes parents n’y étaient pas parvenus. J’ai décidé de me présenter chaque matin à l’heure pour suivre les cours. Au bout de quelques temps, le directeur s’est résigné à m’inscrire.’’ Comme quoi, la volonté et la persévérance sont les clés de la réussite.

Le Spécial, La Nouvelle Tribune, Le Lynx, sont des journaux dans lesquels celui qui aurait aimé être éducateur  sportif à part le journalisme, a affuté ses armes. De l’amertume ? Il y en a forcément . . .’’J’ai le sentiment que nous faisons fausse route dans le développement du football. Je le répète constamment, il faut former des cadres et des éducateurs, et promouvoir les écoles de football. Et cela ne demande pas forcément des milliards. Non, il faut surtout des gens motivés et compétents capables de faire progresser les gosses’’. Le reste ? ‘’L’État doit trouver un système d’exonération fiscale pour attirer les entreprises qui souhaiteraient sponsoriser le football. Nous n’aurons pas de résultats durables dans cette discipline sans ce travail préalable. Ça fait plus de 10 ans que le Burkina a son centre de formation, la Côte d’Ivoire en a des dizaines, le Sénégal n’en parlons pas. Ça ne garantit pas forcément des trophées, mais on ne manquera pas alors de joueurs de talents. Formons, organisons, développons, les récompenses viendront ensuite’’, parole de connaisseur. Parole d’évangile!

Séga doit une fière chandelle à Mariam, sa grande sœur. ‘’ Elle est la première fille d’une famille de neuf enfants et elle s’est battue pour que l’on ait une éducation correcte. Aujourd’hui encore, son énergie et sa vitalité m’inspirent’’.

Notre tête d’affiche de la semaine est père d’une petite fille Oumou, trois ans, forcément footeuse !

Bily Camara

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