Rencontré par la Rédaction de l’AGP, le deuxième secrétaire général de la Confédération Nationale des Travailleurs de Guinée (CNTG), Mamady Mansaré, président du Conseil d’Administration (CA) de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS), parle des acquis obtenus après les différentes négociations avec le gouvernement en faveur des fonctionnaires guinéens, ainsi que les perspectives de sa centrale syndicale.

En tant que syndicaliste ayant participé aux différentes négociations avec le gouvernement, quel bilan tirez vous de ces négociations sous le premier mandat du Pr Alpha Condé ?

En deux ans de négociation avec Pr Alpha Condé, malgré le contexte sanitaire difficile à cause de la fièvre hémorragique à virus Ebola, le climat politique très tendu,  et la conjoncture qui empêchait la croissance économique, nous avons pu obtenir en chiffre réel, près de 150% d’augmentation de salaire indiciaire. Nous avons fait aussi la revalorisation des échelons pour l’ensemble des fonctionnaires guinéens de 8 échelons. Ces augmentations de 8 échelons sont considérables. Ensuite, nous sommes arrivés à supprimer les RTS à 0%, de 0 à 1 million de francs guinéens, et au-delà d’un million, c’est  5%, pourtant avant c’était la moitié du salaire des fonctionnaires qui partaient dans la RTS.

Au-delà de ces acquis, nous avons pu stabiliser le prix du sac de riz à 190 mille francs guinéens. Il vous souviendra qu’avant le sac coutait près de 300 mille. En plus nous sommes parvenus aussi à baisser le prix du carburant à deux reprises.

Il a été mis sur pied aussi la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale (CNPS) qui n’existait pas avant, et qui est une sorte de sécurité pour les fonctionnaires contre les risques de la vie. A coté il y a l’INAMO qui est une sorte d’assurance maladie pour les fonctionnaires. Avant, quand un fonctionnaire ou sa famille tombait malade, on les laissait pour compte, sans assistance.

Quelle différence faites-vous entre la CNSS et la CNPS ?

La différence est que la CNSS ne s’occupe que des secteurs privé et mixte, donc elle ne s’occupe pas des fonctionnaires de l’Etat et des contractuels, tandis que la CNPS s’occupe uniquement des fonctionnaires et des contractuels de l’Etat. Quant à l’INAMO, elle est une sorte de branche d’assurance maladie que nous avons ici au niveau de la CNSS, mais qui a un éventail large car il prend en charge tout ce qui est branche maladie et couvre l’ensemble des retraités aussi, vu que les retraités du privé ne sont pas pris en charge par leur employeur.

Donc c’est l’embryon de l’assurance maladie obligatoire que le Pr. Alpha Condé a préconisé pour l’ensemble de la population guinéenne communément appelée assurance universelle.

C’est vraiment un acquis formidable, je vous donne un exemple concret, si je tombe malade et que j’ai une ordonnance de 100 000 GNF, je ne payerai que 20 000 GNF, le reste c’est l’INAMO qui s’en charge.

Quelles sont vos perspectives pour les travailleurs guinéens ?

Nous projetons dans nos futures négociations de défendre un slogan qui nous tient à cœur, c’est-à-dire «un travailleur-un toit». Ce projet est très avancé car Pr Alpha Condé nous a dit, qu’avec lui,  les travailleurs guinéens n’envieront plus leurs homologues de la sous-région. Et nous sommes sur cette lancée afin de mettre en place une nouvelle grille salariale, qui sera appliquée à partir de janvier 2016. Elle va substantiellement revaloriser les salaires des travailleurs ainsi que le nouveau régime des pensions. Nous sommes également en train de mettre en place des Hôpitaux, ce qui va réduire considérablement les voyages sur l’extérieur pour des soins médicaux. Je suis un des exemples de ces exils, chaque trois mois je dois aller me faire traiter en France pendant un mois, imaginez le cout. Donc, l’Hôpital des travailleurs permettra d’avoir toutes les infrastructures, avec toute la technologie possible que vous avez en Europe (Radiologie, Mammographie, cardiologie, etc.). Nous travaillons en télémédecine avec la clinique de Madia en Tunisie, elle nous assiste techniquement.

Un message particulier à l’endroit du peuple de Guinée en cette période électoral ?

Je dirai tout simplement au peuple de Guinée, de voter guinéen, de voter utile et surtout le programme de société du candidat, de faire en sorte que cette élection se passe sans violence et sans effusion de sang. 

AGP

 

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