De la grillade dans un emballage recyclé de ciment

 

Le Bon Jeannot, maquis sis à Yimbaya- pharmacie, et sur tout le long de la route sont installées des dibiteries (appellation locale des rôtisseries) qui proposent à la clientèle de la viande de chèvre, du poulet et du dindon importés.  Selon les statistiques de la direction régionale de l’élevage de Conakry, il y a cent soixante-onze dibiteries dans la région. Certaines occasionnelles, ne sont pas recensées.

Dans ces dibiteries, les grillades, le plus souvent s’opèrent à ciel ouvert exposées à la poussière et à la fumée, dégagées par les automobiles et d’autres engins qui passent par là. Et aux mouches. Comme si tout cela ne suffisait pas, ces grillades sont servies dans du papier recyclé d’emballage de ciment.

Cependant ‘‘dans le ciment, il y a de l’oxyde de fer, de l’oxyde d’aluminium, des chlorures, des sulfites et de la chaux vive’’, précise M. Sagno Pierre, analyste à l’Office National du Contrôle Qualité.

‘‘La consommation du ciment a un impact négatif sur la santé du consommateur car il n’est pas un aliment. Parmi tous les éléments cités par mon collègue, il n’y a aucun élément qui puisse apporter des nutriments à notre organisme. Par contre, ils pourraient nuire au développement et au bon fonctionnement des cellules. Quant aux papiers de ciment recyclés pour le conditionnement des aliments (grillades, beignets, pains etc.), ils contiennent des constituants minéraux, de la poussière mais aussi des corps étrangers qui sont des micros organismes, puisqu’on ignore les provenances desdits papiers, comment ont-ils étés ramassés et comment ont-ils été entretenus. Donc ils sont inadaptés à l’emballage des aliments’’, renchérit M. Doumbouya Ibrahima Gaspard, chargé d’analyse à l’Office National du Contrôle Qualité.

Pire, M. Sow Mamadou Aliou de l’Office National du Contrôle Qualité estime : ‘‘Le recyclage des emballages perdus de ciment utilisés à des fins d’emballage de viande et autres aliments expose le consommateur à des contaminations dues aux compositions chimiques du ciment. Il faudra un emballage approprié à chaque type d’aliment. Quand vous prenez les emballages que nous utilisons présentement, les emballages en polyéthylène (communément appelés foré sac) et les emballages à base d’aluminium sont tous disqualifiés en Europe. Parlant de ces emballages en papiers de ciment recyclés, ils sont impropres à l’emballage des aliments car ils contiennent des métaux. Or en ingérant un métal dans l’organisme, cela est très dangereux comme le fer qui joue directement sur les reins.’’

Abattage des animaux et importation de la viande tout de même contrôlés

Les bêtes sont-elles abattues dans les règles de l’art avant les dibiteries ? Selon le Dr Baldé Abassy,  chef service d’inspection vétérinaire des abattoirs au ministère de l’Elevage : ‘‘au niveau de la direction communale des abattoirs de conakry, il y a effectivement des vétérinaires qui s’occupent de ça. À titre d’exemple, à Dixinn bora, vous trouverez sur ce site trois vétérinaires qui examinent tous les animaux qui doivent partir pour l’abattage. Vu l’inquiétude de tous par rapport à la fièvre Ébola, le contrôle est régulier. Je vous rappelle que n’est reconnu à Conakry comme abattoir que celui de Coléah et comme aires d’abattage que celles de Matoto et de Ratoma.’’

Nous avons rencontré sur le marché de bétail de Simbaya-gare les docteurs Barry et Pénor, vétérinaires affectés à ce site. Selon docteur Barry : ‘‘À part les aires d’abattage de Matoto et de Ratoma, le marché de bétails de Simbaya-gare est une aire d’abattage d’urgence des petits ruminants en souffrance venant des marchés hebdomadaires, généralement traumatisés par la distance et les conditions difficiles de transport.’’

Toujours selon lui : ‘‘À six heures du matin, nous sommes sur le site pour assister au débarquement des animaux. C’est ce que nous appelons l’inspection sur pied. Les animaux abattus sont aussi inspectés. Lorsque nous découvrons des cas d’abattages clandestins, nous saisissons et la viande et les personnes qui s’y sont livrées pour les déposer au commissariat.’’

Quid du contrôle de la viande importée ? Selon le Lieutenant-colonel, Touré Pévé, chef du service communication et relations publiques des services de Douanes : ‘‘Les services de douanes étant placés aux frontières, nous avons les prérogatives de contrôler l’importation des viandes. Nous exigeons les certificats sanitaires et tous les autres documents relatifs à la qualité de cette viande.  Il n’est pas exclu que le service de conditionnement qui est représenté au port exige les mêmes documents. Toute viande importée avec des certificats non valides ou impropres à la consommation humaine est saisie et détruite par nos services, car la protection du consommateur est l’une de nos principales missions.  Les certificats qui accompagnent les produits importés sont dûments signés et remplis par des services spécialisés dans ce cadre. Nous collaborons avec les services vétérinaires auxquels nous transmettons des échantillons de viandes importées douteuses afin de nous situer si cette viande est propre ou impropre à la consommation humaine.’’

Bayo Ibrahima Kalil

 

 

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