Dr Bano Barry

Sociologue et membre de la commission nationale de réflexion sur l’éducation (CNRE), Dr Alpha Amadou Bano est revenu sur les conclusions des travaux de cette commission dont le but est de mener à des reformes au niveau du système éducatif guinéen. C’était lors d’une récente intervention qu’il a faite sur les antennes de la radio Lynx FM, où il a estimé que ces propositions pouvaient sortir l’école guinéenne de l’ornière.

Expliquez-nous comment cette commission a travaillé durant huit mois pour produire un document de quelques 187 pages ?

Dr Alpha Bano Barry : Grosso modo, la commission comme vous l’avez vu par sa composition est constituée en réalité des personnes venant d’horizons différents et des gens qui ont une certaine expérience au point de vue de la gestion et de la vision du système éducatif.

La commission a commencé dans un premier temps, nous avons travaillé par palier.  C’est-à-dire qu’il y a un groupe qui a travaillé sur le préscolaire.  Il y a un groupe qui a travaillé sur l’élémentaire, sur l’alphabétisation, sur l’enseignement secondaire, l’enseignement technique et professionnel et l’Enseignement supérieur.

Ce travail a permis de fabriquer ce qu’on n’appelle l’arbre à problème, c’est-à-dire qu’on a essayé de distinguer à la fois les insuffisances mais aussi les remèdes. Ceux qui sont censés mettre en œuvre les résultats, et puis l’échéancier.

Quand on a fini ce premier travail, nous avons rencontré le président de la République. Nous lui avons exposé cette première phase du travail. Il nous a demandé d’aller un peu plus vite parce qu’il fallait en réalité obtenir un document pour engager les réformes très rapidement.

Alors dans un deuxième temps, nous avons travaillé sur des thématiques spéciales, notamment la question de l’accès, la question de la formation des formateurs, la question du financement du système éducatif. Donc des choses transversales qui touchent l’intégralité du système éducatif.

A la suite de ce deuxième travail, on s’est réuni en plénière et on a produit collectivement un document qu’on a appelé première synthèse. On a pris en charge l’intégralité des études qui ont été réalisées en Guinée et pratiquement depuis l’indépendance. Que ce soit de la première République, que ce soit les états généraux de la deuxième République, que ce soit les états généraux de 2008, que ce soit les études sectorielles qui ont été réalisées.

Tous ces éléments-là ont été consultés, analysés et on a produit un premier document. Ce premier document, on l’a soumis au président de la République, dans une séance qui a duré pratiquement 4 heures. Le document le président l’avait reçu à l’avance. Et quand on l’a rencontré, il ne s’agissait pas seulement de venir présenter, il s’agissait de discuter, point par point.

Nous avons discuté avec lui pendant près de quatre heures sur chacun des éléments, il nous a posé des questions. Il s’est informé, il a discuté, il a demandé de lui présenter des exemples concrets par rapport à tout ça. Ensuite, nous nous sommes retournés et mandat nous a été donné maintenant d’aller avec des propositions concrètes, opérationnelles et surtout étalées sur le temps. Il fallait sortir des choses qui doivent être faites immédiatement, des choses qui devaient être faites à court, à moyen et long termes.

Et donc nous avons fait ce deuxième travail. Et nous avons encore rencontré le président et nous avons soumis. Là, il y a eu une discussion franche où il disait sur cette mesure, j’ai des inquiétudes, je ne suis pas en accord avec vous, expliquez pourquoi vous avez proposé ça ; pourquoi c’est à court terme, pourquoi c’est à moyen terme.  Lui-même avait des idées sur l’utilisation des TIC (Technologies de l’information et de la communication) dans l’enseignement. Il voulait que la commission travaille en profondeur pour savoir comment dans un pays qui est profondément en retard, on pourrait utiliser les TIC dans l’enseignement. A la suite de ça, il nous a dit voilà, maintenant vous faites les corrections, je vous envoie les ministres sectoriels et vous allez travailler avec eux.

Les ministres sectoriels sont venus à la commission. Nous avons discuté, et chaque ministre qui est venu a reçu le document, et on a discuté avec eux. A la suite de ces ministres sectoriels, ces ministres sectoriels nous ont envoyé leurs propres cadres  avec lesquels nous avons discuté. A la suite de cette discussion, nous avons refait le travail et nous avons soumis encore à M. le Président de la République, qui nous a dit maintenant, vous allez rencontrer le Premier ministre et tous les ministres concernés.

Il faut dire, par exemple, parce qu’on avait proposé des modifications dans les budgets, dans le financement, dans la ligne budgétaire. Ils nous ont envoyé les ministres des Finances, du Budget et aussi du Plan et de la Coopération,  parce qu’on avait demandé que dans le cadre du document sur la politique nationale, le développement économique et social que l’éducation nationale soit considérée comme une priorité nationale. Donc ces personnes sont venues et nous avons discuté, et quelques-uns parmi nous ont été désignés pour travailler à l’intérieur de la commission qui rédige le document de la politique nationale.

On est parti rencontrer le Premier ministre où il y avait neuf (9) ministres avec lesquels nous avons discuté globalement de tout ce qu’il y avait dans le rapport. A la suite de cette discussion qui avait aussi duré près de trois heures, nous sommes revenus,  nous avons refait le document. Et nous avons encore rencontré M. le Président de la République, nous avons discuté avec lui avec le document sous la main.

A la suite de cela, le Président nous a dit voilà. Moi, le document tel que vous l’avez produit, tel que vous l’avez présenté, il me convient, maintenant ce que vous allez faire, vous allez rencontrer tous les autres acteurs du système éducatif puisque l’école est une chose tellement importante qu’on ne peut pas la confier seulement à des enseignants.

Il faut donc aller rencontrer la presse pour diffuser le contenu. Il faut rencontrer d’autres acteurs de l’école c’est-à-dire  les parents d’élèves, les syndicats, les responsables du système éducatif, les partenaires techniques et financiers, les élèves et les étudiants. Donc nous sommes dans ce processus. Nous avons fait la conférence de presse. Nous ferons quelques émissions de télévisions et de radios, d’ici la fin de la semaine.

Et puis au terme de cela, nous allons aller vers les ministères d’abord, nous allons d’abord encore rencontrer les cadres et maintenant ceux qui sont au bas de l’échelle, qui n’étaient pas venus dans nos séances, on va les rencontrer pour essayer de discuter avec eux, à la suite de cette discussion, nous allons passer à une autre étape. Nous allons rencontrer les partenaires techniques et financiers. Nous avons déjà prix le rendez-vous et nous allons présenter le document à l’ensemble des partenaires qui participent au financement du système éducatif.

Ensuite, nous irons vers les étudiants, les enseignants en situation et puis les parents d’élèves et nous ferons des grandes émissions publiques interactives où les membres de la commission viendront dans vos radios et recevrons le feedback, les questions, les craintes, les désirs de la population.

A la suite de ça, nous allons corriger l’intégralité du document et le document sera présenté solennellement au Président de la République comme étant le résultat du travail de la commission avec la participation de l’ensemble des acteurs de l’école. C’est ce document qui fera l’objet des actes qui vont permettre en réalité d’aller de l’avant.

Qui parle de l’éducation parle de financement et en regardant la page quatre,  financement concernant l’augmentation de la part du PIB au système éducatif. Vous dites de passer la part du budget de l’éducation de 3,8% en 2016 à 4% pour l’année 2017 soit une majoration de 0,2% du PIB. Est-ce que ce n’est pas insuffisant par rapport à toutes vos ambitions ?

C’est insuffisant  mais c’est déjà beaucoup parce qu’actuellement l’ensemble du système éducatif reçoit de l’Etat 3,8% du PIB. On a demandé une  augmentation  de 0,2% pour 2017 mais dans le document si vous partez à la page 166 ; vous allez vous rendre compte qu’on a demandé en fait que cette majoration puisse correspondre à  101 878 000 de fg. Et ça  c’est  immédiatement en 2017.  Nous voulons qu’il y ait en plus du budget actuel 101 milliards de francs guinéens que l’Etat devrait mettre à la disposition du système éducatif dans son intégralité.

En plus de cela nous avons demandé l’accroissement du PIB à partir de 2017 de 4% jusqu’à 6% en 2020 qui correspond exactement à la part du PIB du Sénégal ou de la Côte d’Ivoire consacré au système éducatif.

Quel est le diagnostic  du système éducatif guinéen que vous avez posé et quelles sont les difficultés    que vous avez découvertes durant ces 8 mois de travail ?  

Bien, vous avez un diagnostic qui est propre au préscolaire, à l’alphabétisation. Chaque palier à des problèmes qui lui sont spécifiques. En plus de ces problèmes spécifiques, le rapport synthèse qu’on a présenté, présente en réalité le problème qu’on appelle systémique, c’est-à-dire ce qui touche l’intégralité du système et ça, nous les avons ciblés au nombre de 9.  Grosso modo, quand on regarde le gros problème, l’un des gros problèmes, c’est la faiblesse de la cohérence entre les différents  ministères en charge du système.

En réalité, le système éducatif guinéen repose sur quatre ministères différents. Le ministère des Affaires sociales gère le préscolaire.  Le MEPUA gère l’Enseignement élémentaire, le secondaire 1 et 2 et l’alphabétisation. L’enseignement Technique et professionnel gère l’enseignement technique et professionnel. Et l’enseignement Supérieur gère le supérieur et la recherche.

Le gros problème qu’on a constaté, c’est qu’en réalité il n’y a pas suffisamment de concordance, de cohérence, de collaboration, de partage,  d’imbrication entre les uns et les autres. Par exemple, le flux des élèves, vous savez les élèves ça passe de la maternelle à l’élémentaire. Quand il passe de la maternelle à l’élémentaire, il change de ministère. De l’élémentaire au secondaire, ils sont dans le même ministère mais en fait il change de palier. Nous avons constaté, certains vont s’arrêter au niveau du secondaire. Ils vont aller à l’enseignement technique et professionnel. D’autres vont aller à l’enseignement supérieur après le baccalauréat et même certains du baccalauréat vont aller à l’enseignement technique.

Nous avons constaté qu’il n’y a pas suffisamment de collaboration pour gérer le flux des élèves. Ensuite, il y a des problèmes dans  l’harmonisation des filières. Vous savez en Guinée, nous n’avons que trois filières au lycée: sociale, expérimentale et matchs. Nous sommes le seul pays au monde et vous avez à l’Université plus de 75 options. Parfois, ces options n’ont pas de répondant au niveau du secondaire donc, on a constaté qu’il y a un problème de cohérence entre les différents paliers.

Autre chose, les passerelles entre l’enseignement technique et l’enseignement supérieur, il y a un problème de passage de niveau, d’un secteur, d’un sous-secteur du système à un autre sous-secteur. Deuxième problème, nous avons constaté et cela affecte tous les systèmes : c’est le fait qu’en Guinée, nous n’avons que deux écoles maternelles publiques  plus 300 et quelque ce qu’on appelle centres d’encadrement communautaires qui sont dans les préfectures, dont les enseignants ne relèvent même pas de l’Etat. Et puis tout le reste, vous avez plus de 1500 écoles privées.

Il est prouvé,  toutes les études le démontrent que  la réussite de l’élève à l’élémentaire dépend en grande partie du préscolaire et d’ailleurs ceux qui ne font pas le préscolaire et qui font le coran en réalité, ils obtiennent les mêmes types de préparations de socialisation mais aussi des capacités cognitives pour pouvoir travailler au niveau de  l’élémentaire.

Autre chose que nous avons constaté. C’est la faiblesse de niveau et les deux se suivent. Les élèves guinéens finissent l’élémentaire sans avoir maitrisé les fondamentaux de base : lire, écrire, parler et compter en français. Cette lacune là au niveau de l’élémentaire va se répercuter au secondaire, va aller au lycée, va à l’Université et va rester dans la vie.

L’autre aspect aussi, c’est que les textes que nous avons,  sont obsolètes, n’ont pas été appliqués, sont contradictoires pour la gestion du système dans son intégralité parce que l’éducation est un système même s’il y a trois ministères.

Il y a aussi l’éparpillement des ressources humaines. Vous avez 17 universités publiques dans un pays où il n’y avait en 2015 que 20% des enseignants du supérieur titulaires d’un doctorat, et dans ces 20%, il y a  moins de 11% qui sont titulaires du grade de maître de conférence et professeurs d’université. Nous avons très peu des ressources humaines.

Donc nous perdons d’efficacité et nous réduisons la capacité de nos institutions. D’ailleurs, la preuve de tout ça c’est que la dernière étude réalisée en Guinée en 2012 indiquait l’AGUIP  que 61% des diplômés du supérieur ne trouvaient pas d’emploi, ou trouvaient un emploi qui est inférieur à leur niveau de qualification et surtout en deçà de leur prétention financière. 31%  de l’enseignement technique étaient en situation de chômage.

Autre chose, c’est le système de recrutement des enseignants. Vous avez des ENI, vous avez ISSEG, vous avez des structures de formations qui sont dédiées à la formation et qu’est-ce qui se passe ; c’est que dans le recrutement à la fonction publique, on recrute sans tenir compte de la capacité, et ceux qui sont recrutés ne sont pas envoyés dans une situation de formation pendant six mois ou une année pour s’assurer qu’en réalité, ils vont avoir la pédagogie. De la même façon qu’un médecin doit apprendre  des techniques de base, de la même façon qu’un pilote doit apprendre des choses, de la même façon qu’un enseignant doit apprendre.

Donc nous avons constaté que l’un des problèmes de notre système, c’est le fait qu’en réalité ceux qui doivent enseigner ne sont pas ceux qui sont en classe.

Autre chose, c’est le fait que  jusqu’à présent,  on parle de technologie, tous les jeunes de Conakry savent utiliser l’internet, Facebook et tout ce qui s’ensuit et en même temps, nous n’avons pas intégré les TIC. Aujourd’hui,   idéalement  pour un pays qui a connu du retard, c’est d’introduire les TIC  et de mettre dans les TIC  des cours de Français, de grammaire, que des gens puissent apprendre  la grammaire à partir de là puisqu’ils savent et adorent utiliser les TIC. Que nous ayons des programmes de français, de géographie et autre à l’intérieur. Cela va augmenter la capacité d’apprentissage des élèves.

Le dernier problème, on l’a cité c’est l’insuffisance des moyens. Ça, nous avons très peu des moyens parce que nous avons un budget qui est inférieur à tous les pays comparables à la Guinée, consacré à l’éducation 3,8%. Mais en même temps, le peu de ressources envoyées sert à financer des choses qui ne sont pas essentielles pour le système éducatif.

On finance davantage les transferts sociaux, c’est-à-dire les bourses et tout ce qui s’ensuit, et on finance très peu la formation des formateurs. Lorsque par exemple vous avez un deuxième cycle ou un troisième cycle, ceux qui veulent faire un troisième cycle sont obligés de payer alors que ceux-ci l’Etat a besoin d’eux. Alors que ceux qui viennent en première année, on les paye pour étudier alors que l’Etat n’a pas besoin d’eux. On peut multiplier l’exemple à l’infini pour montrer qu’en réalité les dépenses publiques de l’Etat dans le domaine de l’éducation ne sont pas orientées vers les besoins essentiels de l’Etat guinéen.

Vous avez parlé de cet office du bac. Vous avez révélé que la Guinée est l’un des rares pays à n’avoir que trois filières au niveau du secondaire : Science match, science expérimentale et science sociale. Est-ce qu’une reforme totale de cette restructuration est évoquée dans ce document ?

Vous savez qu’il faut dire au niveau du ministère de l’Enseignement  pré-universitaire, ils avaient déjà initié il y a de cela longtemps  sans que cela ne débouche sur une mise en œuvre pratique de réflexion sur la création  de plusieurs filières.

Ils ont même produit un document. Ils ont fait des missions en Côte d’Ivoire. De ces séjours, ils ont invité des gens, ils ont regardé ce qui se passe dans la sous-région  mais au niveau de la commission nous avons décidé qu’il fallait accélérer la cadence parce que nous attendons tous, la mise en place des différentes filières au niveau du secondaire.

Donc l’idée, il va y avoir très rapidement. Toutes les filières ne seront pas créées en même temps parce que pour créer une filière ça demande des conditions. D’abord, il faut des enseignants, ensuite parfois il faut des équipements nécessaires, il faut la documentation.

Il y a des filières pour lesquelles ce sera relativement facile de créer. Par exemple si vous prenez une filière comme  sciences économiques, si on décide de créer sciences économiques au niveau du secondaire, ce sera relativement facile de la créer pour la simple raison qu’il y a quand même des ressources humaines capables de conduire des cours d’économie au niveau du secondaire. Mais, il y a des filières par exemple  qui seront un peu plus difficiles parce que si on veut mettre des formations techniques qui sont indispensables, imaginez-vous les étudiants qui arrivent aujourd’hui à l’institut polytechnique.

Tout ça empêche en réalité la performance du système.  Très rapidement, il va y avoir certaines filières qui vont voir le jour, probablement en septembre. A l’ouverture prochaine, il y aura une ou deux nouvelles filières au niveau du lycée.

Et puis progressivement il y aura d’autres filières qui vont venir au niveau du secondaire de telle sorte qu’on va se retrouver dans une situation où nous sommes redevenus un pays normal, c’est à dire un pays qui possède des filières qui sont au secondaire  en adéquation avec le niveau du supérieur.

Parlant de cet office dont vous parlez, avez-vous pensé au profil de celui-là qui sera à la tête de cet office du baccalauréat?

Oui, l’office du bac aura un directeur, une direction. En réalité, il gère administrativement, il n’est pas un patron. Il ne décide pas de l’admission de quelqu’un. Il y a le jury  national qui est là et est constitué de telle sorte  qu’il y a un représentant du Directeur national de l’enseignement supérieur, il y a représentant du ministre de l’Enseignement supérieur,  un représentant du Directeur national de l’enseignement secondaire, un représentant de l’enseignement technique.  En fait, vous avez des représentations qui sont là. Ce sont les représentants-là qui, normalement, ont la haute main pour gérer  le baccalauréat, et c’est ce qui fait que  nous allons avoir une situation de transparence mais aussi d’efficacité au niveau de l’examen.

Alors il y la question de l’accès, on l’a lu quelque part que vous avez recommandé que des institutions de formation du personnel de l’éducation et de la santé doivent être le monopole exclusif de l’Etat ?

Mais oui, c’est aussi simple que ça, écoutez, je prends la médecine. Pour former en médecine, il faut  un centre hospitalo-universitaire. La formation en médecine, ce n’est pas la philosophie ou la sociologie. On ne vient pas raconter ou parler simplement, mais un peu de théorie, beaucoup de pratiques, et la pratique se fait dans un hôpital sous la direction d’un praticien de très haut niveau.

(…) Et donc pour qu’il y ait une formation de médecine de qualité, il faut  qu’il y ait un hôpital universitaire. Pour le moment,  nous n’avons que trois. Donc, il y a des possibilités de pouvoir donner au secteur privé la possibilité de former des personnels de santé de très haut niveau, et ça demande des coûts.

D’ailleurs dans la reforme, il est prévu avec  la fibre optique, de mettre en place des salles d’opérations, des salles de consultations dans les hôpitaux universitaires qui vont permettre en réalité d’avoir une consultation avec des grands professeurs à l’étranger qui vont participer à la formation des étudiants. L’Etat ne peut pas  financer ça, dans une université privée quand même.  Donc il y a des choses qu’on peut  appeler régaliennes.

On ne forme pas les magistrats dans les  privés. On est d’accord. On ne forme pas les policiers au privé. On ne peut pas former les médecins et les enseignants au privé parce que ce sont des éléments de la souveraineté de l’Etat. L’enseignement est une chose très sérieuse pour le laisser   seulement entre la main des enseignants.   Et par conséquent, on a proposé que ça devienne un monopole de l’Etat. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’autres possibilités, d’autres formations qui pourraient être faites. La faculté de médecine est en train de changer.

Une école de formation des formateurs doit avoir une école d’application. On fait de la théorie et on va avec un maître de stage qui va suivre et qui fait la pratique, et ça relève de la responsabilité de l’Etat. Voilà pourquoi nous avons demandé cela.

Une synthèse d’Alpha Amadou Diallo

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